‹ Les roses, Tome IChapitre 23 sur 113 · AA · texte numérisé non relu

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que parti du rosier et de la rose. On compose avec ses fleurs des eaux cordiales, des conserves, un miel et un vinaigre rosat , l’eau de rose, si utile dans les maladies des yeux, une huile rosat, un esprit de rose, etc. Les pétales des fleurs de quelques espèces , notamment ceux du rosier semper virens et du rosier moschata ; fournissent aussi des purgatifs violens, que la saine médecine réprouve.

Les anciens croyaient que la racine du rosier était un spécifique contre la rage; ils attribuaient même des vertus aux éponges du rosier.

Tout le monde connaît l’essence de rose, cette préparation exquise dont on fait un si grand commerce en Perse, en Syrie et sur les côtes de Barbarie. On fait des gelées, des conserves et toutes sortes de préparations avec les pétales des roses, un sirop de roses rouges. Enfin, les ménagères font des confitures avec les fruits de toutes les variétés du rosier velu. En Suède, les jeunes filles font des colliers et des bracelets avec les fruits rouges de l’églantier; elles en parent leurs cheveux.

L'odeur des roses a souvent produit des dérangemens notables dans l’économie animale. Les personnes vaporeuses doivent éviter de réunir un trop grand nombre de ces fleurs dans des appartemens hermétiquement fermés : plusieurs ont été victimes de leur imprévoyance à cet égard ; et l’on peut croire que l’aversion insurmontable qu'avait, pour les roses, la reine mère de Louis XIV, prenait sa source dans ces motifs. On sait que cette princesse ne pouvait en supporter la vue, même en peinture , quoïqu’elle aimât passionnément les autres fleurs.

Les roses qui s’épanouissent dans les serres chaudes perdent la plus grande partie de leur odeur.

Leur parfum a plus d'intensité dans les pays chauds que dans les climats froids et tempérés.

Les roses sont moins odorantes dans les terrains humides que dans les terrains secs.

Le rosier à aussi sa partie poétique et romantique. Dans tous les âges on a célébré la rose; la poésie nous a donné des chants ,

des odes, des stances et des allégories de toute espèce. Il existait, à la fin du siècle dernier, à Paris et dans différentes villes de France, des coteries qui s’appelaient société des Rosali, dans lesquelles on n’admettait que ceux qui, dans leurs vers, avaient chanté la rose. Nous n’entrerons dans aucun détail à cet égard, parce que tous ceux qui ont écrit sur cette fleur en ont parlé; nous nous contenterons de renvoyer à l'ouvrage de Rosemberg, à la Dissertation du président Dorbessan, à l'Histoire naturelle de la rose par M. Guillemeau jeune, qui a su réunir avec beaucoup de goût et d’érudition une partie de ce que les anciens et les modernes ont écrit à ce sujet. On lira encore avec un grand plaisir l’article inséré par M. Dereuze dans l'Histoire des arbres et arbrisseaux de M. DESFONTAINES, etc.

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