ARTICLE II
Æiguillons.
Les branches du rosier sont le plus souvent armées d’aiguillons, probablement destinés à faciliter la végétation de l’arbrisseau. L’aiguillon (aculeus) diffère de l’épine (spina), en ce que celle-ci prend naissance dans le corps ligneux, tandis que l’aiguillon naît de l'écorce ou de l’épiderme ; ainsi le groseiller à maquereau a des épines, et le rosier des aiguillons. Cette distinction nécessaire au botaniste a moins d'importance pour les gens du monde, qui diront encore long-temps qu'il n’y a pas de rose sans épines.
Les aiguillons du rosier sont en général élargis à leur base en forme d’écusson (scutellati); il en est sur lesquels cette conformation est presque insensible ; mais il est rare d’en trouver dont la base ne soit point élargie. Leur consistance est ferme dans quelques espèces, surtout dans les rosiers sauvages ; elle est molle dans d’autres individus. Les aiguillons sont très souvent recourbés (Fig. 1, 4), rarement presque droits , plus rarement encore absolument droits ; ils penchent presque toujours vers la terre, et leur direction est presque opposée à celle des rameaux.
La culture fait souvent disparaître les aïguillons ; on peut même en dépouiller l’arbrisseau sans lui faire éprouver aucun dommage.
Dans les rosiers cultivés avec soin, on a vu des aiguillons se convertir en branches ; mais celles-ci ne donnent pas de fleurs.
Il est des individus sur les tiges desquels les aiguillons manquent ; tels sont le Rosa hudsoniana et presque tous les rosiers
.des Alpes. Mais on doit dire que la plus grande partie des rosiers en est pourvue.
Souvent les aiguillons sont disposés sans ordre sur les rameaux ; on dit alors qu'ils sont épars (sparsé). Les termes rarus, remotus, servent à désigner ceux qui sont éloignés les uns des
autres ; confertus, approximatus, ceux qui sont rapprochés entre eux. Des auteurs, en parlant d’aiguillons qui recouvrent les branches de manière à laisser à peine apercevoir l’écorce, se sont servis de cette périphrase : Rami aculeis confertissimis horridi.
Les aiguillons sont toujours inégaux en longueur. Souvent ceux des rameaux inférieurs se détachent, comme dans la série des pimpinellifolia. En ce cas, on aperçoit de petites cicatrices aux places qu’ils occupaient ; quelquefois ils persistent plusieurs années, et c’est l’un des caractères spécifiques du Rosa reduteana. Lorsqu'ils sont situés à la base des stipules des feuilles, on les nomme stipulaires (stpulares); si ces mêmes aiguillons sont un peu éloignés des stipules, on dit qu'ils sont presque stipulaires (-substipulares ). Voyez, à l'article ur, l’indication de l'usage de la préposition sub, en botanique. Ils peuvent encore être axillaires, sous-axillaires, etc.
On nomme solitaires ( solitarü) les aiguillons disposés seul à seul autour des tiges; geminati, ceux qui sont deux à deux (Fig. 1, B). On dit qu’ils sont verticillés (verticillati, Fig. 1, C) lorsqu'ils se réunissent trois ou quatre ensemble ou davantage ; mais ceux-ci ne forment jamais des verticilles parfaits. Quant aux aiguillons géminés, ils sont presque toujours dans une parfaite opposition , ainsi qu’on peut le voir dans les rosiers dits de la Caroline, du Roi, etc. ( Fig. 1, D ).