‹ Les roueries de l'ingénueChapitre 15 sur 19 · URBAIN, MARIA, MAULÉON, RENÉ · texte numérisé non relu

URBAIN, MARIA, MAULÉON, RENÉ

MAULÉON, qui s*ést retourné à l'entrée de Maria et a paru la reconnaître.

Une femme! (a part.) La guitariste, (ii s'approche d'elle. Bas.) Madame, je désirerais que vous ne me reconnussiez pas devant ces messieurs; d'ailleurs cela pourrait faire naître des soupçons. 11 est peut-être jaloux. (Montrant tour & lour René et Urbain.) LcqUCl?

MARIA, confuse.

Mais, monsieur. . .

URBAIN, qui s*est mis à sa table et commence à disposer

sa pierre lithographique.

Mauléon, je vous prie de ne pas faire la cour à madame.

MAULÉON, s*éloig;Dant de Maria, à Urbain.

Ah ! que c'est de mauvais goût ce que vous dites là ! (Désignant Maria.) Jc préscutais mcs hommages, (Bas à Urbain.) mcs complimcuts de la distinction, du brio, de la race, — mes compliments.

URBAIN

, Qu'est-ce que vous me chantez?

M AU LÉON, désignant de nouveau Maria.

Mais. . .

URBAIN

Ce n'est pas moi.

MARIA, suivant Mauléon des yeux; à part.

Que vient-il faire ici ? Je ne l'avais pas encor^e vu.

MAULÉON, se dirigeant vers René et lui montrant Maria.

Mes compliments. De la distinction, du brio, de la race, parfait.

Mais ce n'est pas moi; vous vous trompez.

M AU LÉON, retournant & Urbain à qui il désire tour à tour Maria et René.

Comment! ni lui ni vous? Ah çà! elle est donc indépendante?

URBAIN, riant.

Comme l'Amérique.

MAULÉON, tirant un petit peigne de sa poche et le passant dans sa barbe; à part.

Alors, il lui faut un président.

URBAIN, à Maria, qui s'approche il lui montre le portrait.

Comment la trouvez-vous? — Quels yeux!

des becs de gaz!...

MARIA, avec étonnemcnt; ù part.

Rosine 1 (Eiie se recule.) Rosiiic ! c'cst cUe !

MAULÉON

Pauvre Rosine I Je Tai connue encore mieux que ça, quand nous l'avons inventée avec Mel-> chioi\

MARIA, suivant Mauléon des veux; à part*

Que dit-il? — 11 la connaît?

URBAIN, à Maulcon

Comment se fait-il que ce soit vous, Mauléoil, qui m'apportiez ce portrait?

MAULÉON, avec néglig^ence;

.l'étais monté ce malin chez Rosine poUr lui

baiser la main, et l'ayant trouvée fort inquiète à cause de ce portrait qu'elle ne pouvait retrouver au milieu du désordre occasionné par son dépait, j'ai pris les clefs, j'ai cherché, et j'ai trouvé. Tout son monde étant dehors, (Momraui le portraii.) jg jjjg gyjg chargé de vous apporter

cet objet, et de faire quelques petites courses, (u lira une longue liste dti sa poche.) au\ affaires étrangeres, par exemple, pour le passe-port, ça regarde Cussy.

URBAIN, qui a jeté les yeux sur la Iii>tc, à Maulcoii.

Il faut que la Costenzina soit bien liée avec vous, pour vous faire faire tant de commissions, car il n'y a qu'un ami ou un. . .

M A U L É N, r i iiterronipant avec vivacité.

Intime, intime. (Tout en pariant, il s>ptoclie Ue la table U'Urbain et pose une de ses mains sur le bord de la pierre.)

URBAIN, s'éloignant.

Ne touchez pas à ma pierre, — ( a tache.

MA U LÉ ON, repliant sa liste.

Toutes cescourses-iàme gênent bien un peu,, mais je n'ai pas pu refuser un service à cette fille.

MARIA, à part.

Comme il parle d'elle!

MAULÉON, à part, se voyant observé par Maria.

Comme la guitariste me regarde ! (ii s'approciw

d*Urbain et prend machinalement un des outils de celui-ci.) URBAIN, le lui retirant des mains.

Ne touchez pas à ça, — ça pique! (Apari.) Comme Maria le regarde ! (u les observe.)

MARIA, à part, les yeux fixés sur Mauléon.

11 cennaît Rosine ; par lui peut-être je pour-

rais... (Elle jette un coup d*œil d'impatience sur Urbain, qui parait suivre tous ses mouvements.) NOU ; dcvaUt CUX c'CSt

impossible.

URBAIN, s*approchant de René; bas.

Maria connaît Mauléon, (Confideniieiicment.) et il y a quelque chose entre eux.

RENE, tressaillant.

Allons donc !

URBAIN

Ils se sont parlé, j'en suis sûr.

RËNÊ

Nous sommes chez Olivier, — nous ne devons pas voir.

Mais comme nous pourrions entendre, nous

g'CnOnS. (Il dési|;no Maria, qui s'est approchée de llMiIéon et s*arrc(c

sotts le regard d'Urbain.)

RENÉ, avec émotion.

Eh bien, ne soyons pas indiscrets, — - sortons.

URBAIN, à part.

Il tremble en disant ça. (Bas à René.) Il faut

un prétexte, attendez. (Retournant à sa table, et montrant

sa pierre à Mauiéon.) Quaud jc VOUS disaîs, Mauléou, que vous feriez des taches !

M AU LÉON, s'approchant.

Moi, j'ai taché? (U prend son lorgnon et regarde.) OÙ

ça, OÙ ça?

URBAIN, le repoussant.

Il faut que j'aille passer ma pierre au grès.

(A René, lui faisant un signe dnntelligence.) Reué, VOuleZ-VOUS

me donner un coup de main? (René selcveet va aider urbain.)

MARIA, à part.

Ah ! ils vont sortir ! (Rapidement à Mauléon, qui va clicr-

cher son chapeau.) K6St6Z !

M AU LÉ ON, étonné, reprenant son peigne à moustaches;

à lui-même.

Oh ! ce- sang méridional !

URBAIN, à René, qui porte la pierre litho^pbique

avec lui.

Si vous tremblez comme cela, vous me ferez casser ma pierre.

RENÉ

C'est que c'est lourd. (AMauiéon.) Ouvrez-moi

donc la porte. (Mauléon ouvre la porte aux deux jeunes gens, qui

sortent.

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