SCÈNE IX URBAIN, MARIA, MAULÉON, RENÉ
MAULÉON, qui s'est retourné à l'entrée de Maria et a paru la reconnaître.
Une femme! (a pan.) La guitariste, (ii sapprodie relie. Bas.) Madame, je désirerais que vous ne :ne reconnussiez pas devant ces messieurs; d'w.illeurs cela pourrait faire naître des sotsp-
';onS. Il est peut-être jaloux. (Montrant tour à t^u a île et Dr bain.) LeCjUel ?
MARIA, confuse.
Mais, monsieur...
URBAIN, qui s'est mis à sa table et commence à disposer sa pierre lithographique.
Mauléon, je vous prie de ne pas faire la cour à madame.
MAULÉON, s'êlolgnant de Maria, à Urbain.
Ah! que c'est de mauvais goût ce que vous dites là ! (Désignant Maria.) Jc présentais mes hommages, (Bas à Urbain.) mes compUmcnts de la distinction, du brio, de la race, — mes compliments.
URBAIN
Qu'est-ce que vous me chantez?
MAULÉON, désignant de nouveau Maria.
Mais...
Ce n'est pas moi.
MARIA, suivant Mauléon des yeux; à part.
Que vient-il faire ici ? Je ne l'avais pas encore vu.
MAULÉON, se dirigeant vers René et lui montrant Maria.
Mes compliments. De la distinction, du brio, de la race, parfait.
RENÉ
Mais ce n'est pas moi; vous vous trompez.
MAULÉON, retournant à Urbain à qui il désigne tour à tour Maria et René.
Comment! ni lui ni vous? Ah çà! elle est donc indépendante?
URBAIN, riant.
Comme l'Amérique.
MAULÉON, tirant un petit peigne de sa poche et le passant dans sa barbe; à part.
Alors, il lui faut un président.
URBAIN, à Maria, qui s'approche il lui montre le portrait.
Comment la trouvez-vous? — Quels yeux!
des becs de gaz!...
MARIA, avec étonnement; à part.
Rosine ! (Eiie se recule.) Rosinc ! c'est elle !
MAULÉON
Pauvre Rosine ! Je l'ai connue encore mieux que ça, quand nous l'avons inventée avec Melchior.
MARIA, suivant Mauléon des yeux; à part.
Que dit-il? — Il la connaît?
URBAIN, à Mauléon
Gomment se fait-il que ce soit vous, Mauléon, qui m'apportiez ce portrait?
MAULÉON, avec négligence.
J'étais monté ce matin chez Rosine pour lui
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baiser la maîn, et Payant trouvée fort inquiètf à cause de ce portrait qu'elle ne pouvait retrou ver au milieu du désordre occasionné par son départ, j'ai pris les clefs, j'ai cherché, et j'ai trouvé. Tout son monde étant dehors, (Montrant ic portrait.) je mc suls chargé de vous apporter cet objet, et de faire quelques petites courses, (Il tire une longue liste de sa poche.) aux affaires étrangères, par exemple, pour le passe-port, ça regarde Gussy.
URBAIN, qui a jeté les yeux sur la liste, à Mauléon.
Il faut que la Gostenzina soit bien liée avec vous, pour vous faire faire tant de commissions, car il n'y a qu'un ami ou un. . .
MAUL£0N, l'interrompant avec vivacité.
Intime, intime. (Tout en pariant, il s'approche de U tablo il'Ui'bain et pose une de ses mains sur le bord de la pierre.)
URBAIN, s'éloignanl.
Ne touchez pas à ma pierre, — ça tache.
SCtNES DE LA VIE D'ARIISTE tS'3
MAULÉON, repliant sa liste.
Toutes ces courses-là me gênent bien un peu, mais je n'ai pas pu refuser un service à celte fi lie.
MARIA, à part.
Comme il parle d'elle!
M AU LÉON, à part, se voyant observé par Maria.
Comme la guitariste me regarde ! (ii s'approche
d'Urbain et prend machinalement mi des outils de celui-ci.) URBAIN, le lui retirant des mains.
Ne touchez pas à ça, — ça pique! (a paît.) Gomme Maria le regarde ! (n les observe.)
MARIA, à part, les yeux fixés sur Mauléon.
Il connaît Rosine ; par lui peut-être je pourrais... (Elle jette un coup d'oeil d'impatience sur li-bain, qui paraît suivre tou* ses mouvements.) Non ; dCVaUt CUX c'CSt
impossible.
URBAIN, s'approchant de René; bas.
Maria connaît Mauléon, (Conodenueiiement.) et il y a quelque chose entre eux.
RENÉ, tressaillant.
Allons donc !
URBAIN
Ils se sont parlé, j'en suis sûr.
RENÉ
Nous sommes chez Olivier, — nous ne devons pas voir.
URBAIN
Mais comme nous pourrions entendre, nous
gênons . (U désigne Maria, qui s'est approchée de MaïUéou et s'arrête ious le regard d'Urbain.)
RENÉ, avec émotion.
Eh bien, ne soyons pas indiscrets, — sortons.
URBAIN, à part.
Il tremble en disant ça. (BaskRcn^o II faut
un prétexte, attendez. (Retournant à sa table, et nioiitrant ea pierre à Mauléon.) Quaud jC VOUS disais, MauléoU,
que vous feriez des taches !
MAULÉON, s'approchant.
Moi, j'ai taché? ai prend son lorgnon et regarde.) OÙ
ça, où ça?
URBAIN, le repoussant.
Il faut que j'aille passer ma pierre au grès.
(a René, lui faisant un signe dlntelligence.) Rcné, VOuleZ-VOU.'
me donner un coup de main? (René seièTcet >a aidci
MARIA, à part.
Ah ! ils vont sortir î (Rapidement à Mauléon, qui va chercher son chapeau.) IxGStGZ !
MAULÉON, étonné, reprenant son peigne à moustaches; à lui-même.
Oh ! ce sang méridional !
URBAIN, à René, qui porte la pierre lithographique avec lui.
Si vous tremblez comme cela, vous me ferez casser ma pierre.
RENÉ
C'est que c'est lourd. (AMauiéon.) Ouvrez-moi
donc la porte. (Mauléon ouvre la forte aux deux jeunes gens, qu' sortent.