XXVIII PREFACE
dans cette tendresse qui supprimait le temps dès icibas. Mais, en restant à mi-côte de notre sujet, nous avons essayé de compléter notre idée, en faisant léguer par Suzanne son âme à Edmée. La l'évélation suprême qui éblouit la jeune fille si candide, si étrangère jusque-là aux fièvres de la passion, est une sorte de compromis, de satisfaction que nous nous sommes donnée, au défaut d'une autre que nous refusaient nos forces. Quant à ceult qui pourraient se choquer des termes de la première lettre de Suzanne et des étranges confidences auxquelles elle descend, ils auraient tort d'oublier que M™« Duchemin écrit à son frère, à un prêlre, que c'est une confession, et que Id pauvre femme analyse ses sensations avec une persistance, avec une sincérité scrupuleuse qui, dans ces sortes de natures, atteint presque toujours l'exagération. Nous ajouterons que le mal moral a suscité là une maladie physique, et que l'âme a communiqué sa fièvre au corps. Ces explications ne tendent point à glorifier notre œuvre, mais à en justifier l'intention. Nous croyons trop à nos idées pour ne point sentir tout le premier l'insurQsance de leur mise en scène : mais nous les aimons trop pour ne point nous efforcer d'ep éloigner un commentaire superficiel. Ainsi
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que nous l'avons déjà dit, ce roman est surtout une. profession de foi; c'est à ce titre que nous le recommandons à Texamen, à la discussion, nous tenant armé d'avance contre la raillerie de ceux que nous avons attaqués dans cette préface ; et c'est pour bien indiquer celle unique prétention de notre travail, que nous avons pris la précaution de l'expliquer et de la signaler dans ces pages d'avant-propos, qui seraient mieux placées en épilogue.
Paris, avril 1S»5.
SUZANNE
DUCHEMIN
LETTRE l