‹ Les rouges et les blancsChapitre 13 sur 109 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

HÉLÈNE

Et il l'accompagne ?

LE COMTE

11 obéit, comme nous tous, en soldat.

HÉLÈNE

Alors, c'est moi qui m'éloignerai.

LE COMTE

Que dlrez-vous à Yan pour expliquer votre dépai't ? La duchesse de Berry est sous votre toit et c'est l'instant que vous choisiriez pour disparaître ? Que pensera votre mari?

Je lui avouerai, loyalement, la vérité.

LE COMTE

Et vous jetterez le trouble dans cette conscience si calme, si ferme ? Au moment où il a besoin de toute sa résolution, de toute son intelligence pour combattre nos ennemis et nous aider à vaincre, vous allez l'occuper de soucis personnels, détourner son activité vers un but misérable, quand il a assumé une tâche si haute. Est-ce digne de vous et de lui? Mon frère amène ici l'envoyé des comités royalistes de Paris... Il s'éloignera demain avec lui... Et je vous donne ma parole que vous et lui vous ne vous rencontrerez plus jamais...

HÉLÈNE, frappée.

Jamais!... Alors, pourquoi cette cruauté de me le faire revoir?...

LE COMTE

Le hasard a tout fait, Hélène!... Si je pouvais aller au-devant de lui, je l'empêcherais de venir avec

Yan... Mais je garde la duchesse... J'ai la charge de sa sécurité... Voyons! voulez- vous que j'envoie à la rencontre de votre mari et de raon frùre pour renvoyer Louis en arriére? Songez que, moi aussi, je ne l'ai pas revu, depuis deux ans, et que je l'aime comme un fils...

HÉLÈNE

C'est bien. Je serai forte. Qu'il vienne!

LE COMTE

Oh! merci, Hélène !... Et dites-moi que vous me pardonnez...

HÉLÈNE

Je vous pardonne...

Elle essuie une larme.

LE COMTE

Remettez-vous. C'est Màho.

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