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soulever la montagne de Montréal, ceux qui verront en M. Tiribaudeau un homme auxintentions pures, à moins que ce ne sit comme M. Provost, le consciencieux ; M.
Tremblay, ie pauvre et nécessiteux,
Le silence de M. Thibeaudeau.
Sommé à plusieurs reprises, | Parler sans qu’une autorité régulière les y
de nous dire pourquoi, il n’a pas demandé une enquête à la dernière session, M. Thibeaudeau, garde le silence. Muet comme un poisson, il ne veut débrider la langue au Ben Public et fait dire au National, que le silence est d’or.
Quelle différence, avec le M.
Thibeaudeau, le National et le Bien Public de l’an dernier. Quelle jactance alors et quelle humilité aujourd'hui! .
Alors il leur fallait une enquête à tout prix. La session arrivée, personne ne demande cette fameuse enquête, ni M. Langelier, ni M.
Laframboise. Que signifie cette réserve, cette prudence ?
Pour peindre tous ces fiers vengeurs de la vertu outragée, il faut vous donner quelques extraits de leurs cris des mois de mai et juin 1874 Vous allez voir comme ils réclamaient alors une enquête.
C'tons d'abord M. Thibeaudeau :
à tout seigneur, tout honneur.
Voici ce qu’il disait dans les fameuses lettres que M. Dessaulles écrivait naur lui:
Si on ne s'était pas senti coupable, on n'aurait pas r: fusé une enqgnête, mais on l'aurait sc/llisilée. Voilà ce que les =
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d’houneur font Je suis prêt à rencontrer mes caiomnlateurs mimstres devant un ccmité ou une cour de justice.
Qu'ils m'y mettent, et nous échangerons un plein pouvoir de tout prouver, eux contre moi et mo! contre eux. Je ferai parler dans uné enquête des témoins qui ne verlent pas parler aujourd’hui. Et je ne je Jeur reproche pas, car ils ne peuvent pas
orce, Puis plus loin :
Qu'on accorde une enquéle. et ja montrerai chez cet homme (M.tseaubien) ou une imbécilité sans exemple ou une profondeur de corruption incompréhensibie, Dans une enquête je ferais parler des gens qui sont muets aujourd’hui, parce qu'ils savent ce qui les attendrait s'ils disaient la vérité sur ces hommes, Ces jours derniers même on m'a dit: ‘Je ne parlerai que devant un tribunal régulier, ’ Que l'on donne un comité “’enquête et je montrerai cowment M. Chapleau, qui défeni ses coilè gues par de honteux mensonges, parle d'eux quand il n’est pas avec eux ! Comment d’ailleurs ces hommes, se connaissant comme ils se connaissent, parleralentils en bien les uns des autres? Iisne peuvent plus s’entreregarder sans rire | Mais le gouvernement sait trop bien ce qui ré.
sulterait d’une enquête, pour jl'accorder ; pour ne pas s’y opposer de toutes ses forces et par tous les subierfuges et les scphismes possibles.
Enfin, la dernière ligne de sa correspondance demandait une en quête.
Que les calomniateurs m’accordent une enquête et ils rentreront sous terre, Ja le leur promets. Mais ils n’oseront pas.
Autour maintenant du National du % mai :
Faites une enquête et il'n’en sortira pas autre chose contre la maison Thibaudeau.
Mais accordez-en une et nous vous prcmettons qu'il en sortira encore bien autra chose contre vous que le peu que nous avoas dit, Maïs vous n'oserez pas, vous vous savez lrop coupables Donnez une enquéle el nous vous prouverons que plusieurs de vos employés ont gardé des
sou:mes importantes reçues pour ventes de limites,
Pourquoi la Mineive n'ose-t-elle absolument pas parler d'une enquête? Pourquoi n'explique-t-elle pas raisonnablement le refus d’une enquête ? M. Caapleau d..
sait que pour faire une enquête, 11 fallait une accusation portant un fait précis. C'est là une excuse de malhonnêies gens. C’est ici que le mot da la Minerve trouve sa place: Les filous les plus vulgaires ont de ces excuses. Nous vous avons invités à montrer que que ve sont les honnéles gens qui refusent les enquéles, el les coquins qui les accordent. Pourquoi donc ne fettes-vous pas cela ? Ce ne serait pas du tout plus cynique que ce que vous avez déjà dit et fait,
Voici encore le National du 9 juin :
Il-ne reste qu'un seui moyen au gouvernement local d'arguer dorénavant de bonne trlenlion, c'est d'accorder l'enquéle demandée. Les apparences sont trop fortes contre lui pour ne pas yporter partout la conviction morale complète ds sa culpabilité. S'il reste sous le coup d'une pareille accusation, si clairement établie en faisant encore refuser une enquête, chacun de ses membres doit être dénoncé comme un malhonnête homme et marqué du sceau de la réprobation publique,
Après avoir conspiré contre la fortune publique, ces gans ont conspiré pour tenir le caractère d'un homme hunorable qui a eu ls courage de les dévoiler ; ils sont donc doublement conspirateurs et crimiminels, et rien ne saurait les sauver du déshonneur que leur consentement sans réserve à une enquêle complète. Il n'y a que les coupables qui refusent de soumettra leurs actes à l'examen. Les honnôtes gens provoquent les enquêtes au lieu de les repousser.
Eh bien! vous voyez s'ils étaient ardents, s’ils désiraient cette dia:
ble d'enquête! Nous pensions que sitôt la session venue, MM. Laframboise, Langelier, Joly et Marchand bondiraient tous ensemble sur leur siége, pour crier à la fois :
une enquête, une enquête ! La session est arrivée, elle s’est pas-
| sée, et personne n'en a soufllé mot.
Pourquoi? Est-ce parce qu’oa sentait l'innocence de M. Thib’audeau et la culpabilité de MM For-
|tin et Chapleau-? Alors pourquoi | n'avoir pas demands$ cette fameuse | enquête pour canoniser saint Rosaire et confondre MM. Fortin et Chapleau? Il nous semble que | cela aurait été une œuvre très-mé- | ritoire aux yeux des divinités de la démocratie. |
Mais voyez jusqu'où va l’hypocrisie phénoménale de cesrouges ?
Pendant quatre sessions de suite, ils ont fait un tapage infernal dans
|leurs journaux et en chambre, pour demander une enquête sur l'administration des terres de la Couronne.
Les conserväteurs leur répondirent : ‘ Vous voulez une enquête, vous l’aurez : mais formulez une accusation ; livrez-nous un fait de malhonnêteté ; donnez-nous quelque chose de tangible” Ils refusaient ; ils n’avaient rien à reprocher.
Enfin, l'affaire Thibaudeau éclate ; ils ont un fait sous la mains.
Que font.ils ? Ils ne parlent plus d'enquête. Pourquoi ? Est-ce parce qu’ils étaient trop certains de prouver la culpabilité du gouvernement ? Ceux qui ne sont pas des naïfs voient le fond de l'affaire.
Ils ont voulu sauver un ami bien précieux. L'enquête l'aurait tué, le silence la sauvé, pensent-ils.
Nous n’allons pas jusque-là, et nous concluons des contradictions des rouges, que les accusations portées contre M. Thibaudeau sub sistent en entier, et qu'ils n'ont pas voulu d'enquête, parce qu'ils se sentaient incapables de le défendre.