‹ Les Rouges et les bleus devant le pays [microforme]Chapitre 2 sur 49 · COMPTE · texte numérisé non relu

COMPTE

Il y a bientôt deux ansqu’ilsont la puissance de tout transformer, de tout réformer, en un mot, de ‘enir leurs promesses. Le moment n'est-il pas venu-dèé leur demander comment ils ont fait honneur à leurs engagemerts, comment ils ont enrichi notre province, quelles

| réformes ils ont opérées? Lepeuple,

au nom duquel ils parlent sans ,

cesse, n’at-il pas le droit de se tourner vers ses maitres, par Ja grice de l’escamotage, et de leur dire : ‘ Deux ans, c’est une longue époque dans la vie d’un gouvernement, En moins de temps, ilest possible de faire beaucoup de bien ou beaucoup de mal.

En bien ! voyons où nous en sommes ; allons, vos livres et rendez vos comptes.”

Qu'arriverait-il alors ? Supposons l'impossible : Supposons que M. Geoffrion, ou M. Fournier, soit pris d’un mouvement de sincérité —vous voyez bien que nous supposons l'impossible — vienne faire au peuple qui doit le condamner o'1 l’absoudre une confession géuérale in articulo mortis, à l'articie de la mort politique.

Que di ait-il ?

Ageñoillé aux pieds du Juge, se fiappant la poitrine avec une pierre de Coaticooke, pierre fournie par M. Lanctôt, son protégé, ou M.

Da'id son serviteur, il dirait:

“ Hélas, la volonté est grande chez woi et mes amis loïsquo nous

frion qui ne représ #ntaient en rien | -ommes dans l'opposition. Mais la chaire est faible au pouvoir, mal-

les idees dorainantes à Québec,

‘taies de trois millious,

ré noire bonne volonté d’autreois, nous avons grandement pêché contrs l'intérêt national. Nous nous étions solennellement engagésà reparer les injustices de nos prédécesseurs envers les malheureux Métis; nous avions promis de faire oubher la mise à prix de la tôle de M. Riel par notre maître MicKenzioe ; nous avons faiili à nos engagements. Nous sonmes des bañqueroutiers de l'honneur national, ct de la parole jurée.

Manitoba n'est pas satisfait Ad cu'pa !

M.lournier à son tour levraitles yeux au ciel, pour partager les remords de M.Geoffrion en bon frère, comme il partage avec lui les bienfaits du pouvoir ; puis de sa voir dolente, il s’arracherait de tristes avenx. ‘J'ai péché, je l'avoue, j'avais promis dans mes discours et par mes votes en parlement, de

SE Dors

avaient diminuées de ? miliions.

Que voulez-vons ? Ils avaient des miues d’or à leurs disposition. Je m’accuse de cette taxe ; pardon de cette faute. Me pardonnerez-vous, hélas ! Med, maximä culpd.

Puis, tous trois reprenaient en chœur : ‘ Notre confession n’est pas finie ; les plus gros péchés nous pèsent encore sur la conscience politique, et nous nous mettons trois

our lessoulever Nous avonssacrié les intérêts matériels du Bas- Canada, autant que 5es intérêts nationaux ; nous l'avons dépauillé de ses biens autant çue froissé dans ses sentiments. Oui, c’est triste à dire, nous avons laissé MacKenzie donner $4,000,0"0 au Northern Railway ; nous lui avons permis de donuer $4,000,000 au chemin de ia Baie Grorgienne, entreprise purement locale, dont Ontario sera seul à profiter, et nous

rendre justice aux catholiques du | avons soutenu lorsqu'il a refusé

Nouveau-Brunswick. 11 m'a été impossible de tenir ma parole MacKenzie ne voulait pas. J'étais placé dans l'alternative de résigner ct de perdre mon salaire de $7,000 par année ou de rester quand même à moa poste, C'était un rude sacri.

fice. Sachez que j'e n'avais plus de clientèle à Québec, lorsque je sois arrivé miuistre, j'ai eu recours à une petile ruse pour me sauver mais c'est si peu de chose quo j'es père en obtenir le pardon, cependant puisqu'il faut tout avouer, ici, je dois vous dire que Îles catholiques du Nouveau-Brunswicb, sont lvius d être contents #eù cul- : ARR , Nous avons, Geoffrion, Letellier, nos autres amis et moi pr: mis de réduire les taxes, mais le part est si exigeant! vingt années dè jeûne lui ont tellement creusé l’estomac, qu'il a fallu augmenter les Ji est vrai que ces affreux conservateurs les

RAR RL ps TT Quinta. mé ine ,

de donner un seul sou au chemin de colonisation du Nord de Montréal, Encore une fois, le Bas-Canada a été sacrifié d’une façon outrageante, hélas! Nostrd, maximä Cuipä !

Pour continuer notre supposition, nous supposons qu'arrivé à ce point, le peurle-juge, indigné, arréterait les péuiients pour leur infiiger une pénitence proportionnée à tant de crime em les accablant de son dégoût et de son mépris Il nous incomb: de conunuer leur confession pour eux ; il nous faut la compléter. Il nous faut faire remarquer que ce même M. MacKenzie qui refusait de tenir s-s promesses à l'égard du Chemin de Colonisation est le même MacKenzie qui voulait, ii y a quatre ans, charger le Ba:-Cauada d’une dette de quatre millions, pour paralyser le mouvement progressif de notre pro-.

vince et donner le coup de gräce à

= Bon

nos entreprises de chemin de fer,

Le compte-rendu est loin d'être complet ; il reste encore à expliquer pourquoi les libéraux qui ont toujours crié contie les salaires trop élevés des employés, les ont soudainement augmentés ; pourquoi, eux qui trouvaient le nombre de ces mêmes employés trop considérable, en ont-ils nommé plus de deux cents nouveaux ?

Voilà le fruit de deux ans de pouvoir ; voilà les réformes ac complies par le gouvernement de la réforme.

En résumé, ce triste gouvernement—le plus tiiste que nous

ayons eu pour le Bas-Canada,—a entrepris d'exploiter notre province au profit de nos voisins; il a entrepris de nous faire verser dans le trésor public 12 p. 1060 de tous les revenus et de ne nous en donner que 3 p. 100 en retour. Jus.

qu'ici, au point de vue de notre province, le pouvoir n’a profité qu'aux ministres Bas-Canadiens, à leurs amis, à leurs cousins, jusqu’aux degrés les plus éloignés.

Avant de developper les sujëéts que nous venons d'indiquer, sommairement, recherchons, les causes de notre faiblesse 4 Ottawa, le motif qui a poussé nos ministres d'Ottawa, à sacrifier, ‘en ‘toutes choses, les intérêts du Bas-Canada

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