‹ Les Rouges et les bleus devant le pays [microforme]Chapitre 3 sur 49 · CAUSE DE LEUR FAIBLESSE · texte numérisé non relu

CAUSE DE LEUR FAIBLESSE

En rentrant en France au retour

d’une de ses campagnes,Napoléon, s'adressant au Directoire qui, pendant son absence, avait abaissé, humilié la France, s'écriait :

& Qu'avez-vous fait de ce pays que . je vous ai laissé si grand, si prospère?” Le peuple de la Province de Québec n'est-il pas fondé à adresser semblable reproche à ses maîtres ? ‘‘ Qu’avez-vous fait de notre pays, que je vous avais confié grand et respecté? Vous l’avez livré à nos ennemis, vous l’avez sacrifié, ravalé, vous avez donné la main à ceux qui complotaient sa perte, son abaissement.”

Que nous sommes loin du jour, où le Haut-Canada, se soulevant à la suite de M. MacKenzie, hur- Jait no french domination 1 On parle maintenant de ce temps comme de l’histoire ancienne, et l’abaissement de notre province est si

rand aujourd'hui, qu'il semble incroyable que ce cri ait jamais pu être poussé.

C'est la faiblesse de'nos repré.

sentants à Ottawa qui nous a valu cette domination de la race supé.

rieure. C'est parce que MM. Fouruier, Geoff iou et Leteilier ne se trouvent pas de taiile à lutter con-

ltre M. MacKenzie, que nous nous

| voyons rélegués, au point de vue de l'influence, au dernier rang des provinces de la ‘Confédération.

Avons-nous obtena re ou satisfaction sur un seul point, a-t-on accédé à un seul désir du Bas Ca.

nada ? Demandez-le aux Métis de Manitoba,aux catholiques du Nouveau-Brunswick: demandez-le aux députés conservateurs qui ont essayé d’arracher pour nous à M.

MacKenzie, quelques milliers de piastres, pendant qu'il donnait des millions à sa province?

‘ Savez - vous pourquoi nos grands hommes sont si faibles, nous disait, il n’y.a pas longtemps, uu député qui se-connaît en hommes, et qui a jugé les ministres ; savez-vous pourquoi ‘ilest impos-

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sible de trouver chez M4. Geoffrion, Fournier, Letellier, aucun élément de résistance ? C’est parce que ces ministres ne sont pas Canadiens de cœur, d’aspirations. Ils v'ont aucune foi dans l'avenir de votre nationalié ; ils ne croient pas en sa force, et persnadés qu’avant longtemps nous serons absorbés par l'élément étranger, ils sont d'avis que le plus tôt nous nous serons fusionnés aver l'élément étranger, le plus tôt nous nous serons confondus avec lui, sera mieux.”

C'est absolument vrai, et quicanque a creusé un peu le fonds des choses, étudié les agissements du parti rouge depuis son origine, a vu chez ses hommes n! amour de la patrie, ni attacnement à ses traditions, ni fierté nationale, mais une haîne féroce, autrefois ani teste, aujourd’hui: cachée, nour nos croyances religienses.

Où étaient les rouges, lursque la n&tion concentrait son énergie, sa

gence et da notre valeur ? Ces sa iveurs d'aujourd'hui ne croyaient avoir rien de mieux à faire que de dénigrer leur pays, d'y trouver tout mal, tout inférieur, et d'ex.lter sans cesse les Etats- Unis.

Où étaient.ils, lorsque le Bas Canada sc ralliait autour de ses chefs dans l’ordre re:igieux, pour défendre et conserver intact le dépôt de nos croyances, partie de l'héritage national? Ces bons apôtres de la libre-pensée, de la raison pure, leurs: journaux, leurs coryphées politiques faisaient une querre ouverte à l'Eglise, . L’Institut, l'Avenir, le Pays semaient les principes du libéralisme dans la province, et cuitivaient une gén$rätion de jeunes rougeätres libres-penseurs que nous avons le plaisir d'entendre sur les hustings pendant chaque campagne électorale. La persécution traînait le clergé devant nos tribunaux, etun beau jour, l’on vit les sommités li-

puissance de vitalité, soit pour ré | bérales de Montréal se cotiser pour

sister aux empiétements du Haut Canada, soit pour tehir naut er fer.

me le drapeau nauonal? Où ils étaient ? Vous le savez. Le pays ne l’a pas oublié. Les rouges donnaient alors la main à nos ennemis, et M. Dorion disait à M.

Brown : ‘Je vous cede l'empire sure Bas-Canada ; je vous cede la représentation basés sur la population, pour que vous puissiez faire de mes compatriotes les esclaves des vôtres”

Où étaient ils, lorsque le Bas- Canada, s'affirmant comme nationalité distincte, voulait être luimême français, cathoïique, pour repousser son absorption par les nationalités étrangères ; lorsqu'il voulait créer un esprit national,

uiser confiance dans sa force, et inspirer par là même à nos voisins une haute idée de notre intelli-

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donner à l'Angleterre le spectacle de leur guerre avec l'Eglise.

Le Bas Canada gouverné par

les rouges, c'est donc-la plus gran- :

de anomaiie, le plus fort non-sens que l’on puisse imaginer.

Un parti est composé d'une réu.

nion d'hommes attachés à un ensemble de principes et de doctrines. Dans ie parii se trouvent quelques hommes qui sontcomme l'iacarnation des principes de ce parti Où sont les ssnmes qui, dans notre province, jurent par le credo rouge? Combien sont-ils ?

Ce credo n est-il pas profondément antipathique à la grande majorité des Canadiens, notre province a-telle queljue chose de commun avec MM. Fournier, Geoffrion, Doutie, Dessaulles, Laflamme,tous guibordistes, membres de l'Institut de cœur ou de rom”, où ayant

feint, pour les besoins du moment, d'y renoncer ? Ils sont tous les dignes fils du père du rougisme Canadien, M. Papineau, et de se: lieu.

tenants immédiats MM. Eric Dorion et Aimé Dorior. Les descendants actuels sont fiers Ce leurs pères. Jamais un des seurs ne les a reniés et n’a failli aux traditions de famille. L'héritage est encore intact, avec cette différence qu'on y a ajouté tout l’arseral Ges armes de l'hypocrisie ; ce sont Ces Papi.

peau etdes Dorion, avec ie courage et l'intelligence en mcïns.

| faire-Guiborc, et encore tout ému d'sa profession de foi anti-religieuse ; M. Dessaulles consentait à s'imposer le plus grand supplice possible pour lui—celui de se taire et de ne pas insulter le clergé pendant quelques semaines, et le tour était joué. M. Geoffrion abattait l’échaffand destiné au clergé de St. Hyacinthe, M. Lafiamme récitait ses patenostres d’un air aristocratique, et M. Doutre disait rira bien qui se convertira le dernier.

| M Jeité et queïques rouges moins

vifs, consentaient à servir de para-

C’est cette hypocrisie, qui a fait | vents,

croire à des naïls que les rouges étaient venu. à réc:piscence: Ce ne sont plus, pensait-on, les Lbéraux d'autrefois. les mangeurs Ce prêtres de 1854. Le rougisme £'est converti : il va à la messe, et £'ii va également à l'institut c'est. pa distraction,c'est l'effet d'une vieilie habitude !ly à touicurs eu de:

naïfs dans le monde; ces bonnes âmes ont eu beau jire l’histoire, elles n'y ontrier vu Eiles re se sont pas aperçlse Le tous es rouges, qui ont jante bieu d'autres noms dans l'histoire. ont eu recours à l'hypocrisie cor.me moyen de succès, lorsque tous ies auires ne leur ont point réussi Après avoir longtemps lutté, à visage découvert, les rouges ont jugé qu'ils ne gagneraient rien en haurtant de front ce qu'ils appel:

leni les préjugés nationaux, et l'an de grâ'e 1872 vit leur fausse conversion. M. Dorion «ui, en 1354, avait refusé d'entrer avec Cartier dans le gouvernement et de réunir tous les Canadiens parcequ'il voulait, Gisait-il, rester fidèle aux principes du libéralisme, M. Diorion c.nseatait, en 1872, à passer quelques semaines à l’ar-

Uns fois arrivés au pouvoir, les rougos ont jeté la moitié du masque; le Nutionalet l’Evénement ont .

âé.ay£ Cans leur encre un peu £e el anti-reig'eux, le National precart les devants et deverant souvent ie Fays pour de bon. iorsque M. Deesauiles met ia main à !'a cuisine où que M. Autirx re re garde pas à la Composition ce s0a aucitoire,

[Nous sarnmes donc représentés

Là Ottawa par des Lommes qui n'OL! riel Êe COMMER a VeC la Mä- LSortté du l'as Calada.

MM. Geoffrion, Fournier, Lete!üer veuient l'absorption de la race française par l'élément anglais.

Le Bas-Canae désire se conserver français et cathoiique el résiste à toute leuitative Le fusion.

Nos triumvirs Césireut l’aunexion, Pappellent de tous leurs vœux et n'ont aucune Contance ans la Confédérat:on.

Le Bas-Carada regarädanut l’annexion comme le pire des maux qui pourraient nous arriver, Y voit mille dangers pour nôtre foi, notre langue et notre existence comme nation.

Le rougisme esi, par s4 nature,

rière- plan ; M. Laflamme sor-|l’eatemi du catholicisme, et ce tait de l’Institut encore tout cou-|wesi que la crainte qui l'empêche vert des lauriers cueillis dans Paf-| de recoromanucer ouvertement la

uerre qu'il fait dans l'ombre à| Le Bas-Canada voit les grandes ’autorité religieuse. Il prétend | destinées auxquelles la Providence lui interdire le droit de par-|l'appelle, Plein de confiance en ler, dont les rouges font un si dé-|son avenir, il regarde comme des lorable abus, et soutient que|trahisons toutes les faiblesses de e peuple ne doit écouter en politi- | ses représentants à Ottawa, fai que que les conseils des éleves de | blesses qui tendent à arrêter notre l'Institut de préférence au clergé. | marche et à paralyser nos efforts.

MM Fournier, Geoffrion, Letel-| Les ministres, MM. Fournier, lier, n'ayant aucune foi dans l'ave-| Geoffrion, Letellier, sont dans la nir national, abandonnent la lutte | position de généraux qui n’ont auà Ottawa pendant que LLs représen- |cune confiance dans les soldats tants des autres provinces s’effor- | qu'ils mènent au combat, ou plu” cent d'obtenir la plus grande part tôt, ils sont vis-à-vis du quo possib'e des deniers publics, pen-|comme ces boutons, ces pustules dant que nousen sommes tout à! qui se montrent à la surface du fait privés par la faute de nos|corps humain et qu’une médicachefs. tion énergique fait disparaître * ;

La Question du Nord-Ouest.

C'est la que:tion de l’amnistie | sation et [es condamner à cinq ang qui est venue porter le premier | d’exil pour proclamer leur culpa coup aux illusions des naïfs qui | bilité, à la fare du rnonde. sl avaient cri aux promesses des li-| Oaà sait comment ils véulent bériux. Pour uu premier coup, il | pallier leur trahison, on sait com- ‘était dûr. Puisque MM. les minis-| ment ils cherchent à échapper à la tres, qui s'étaient posés, avant leur | responsabilité qui les poursuit ef: arrivée au pouvoir,en redresseurs | finira par les atteindre. Pourqüo!! de tous Les torts et de tous les abus | nous répondent-ils, n’avez-vous 9a# possibles, étaient décidés à désillu-| vous-même proclamé l’amnistie ? sionuer leurs dupes, ils auraient | C'est là une question à laquelle dù moins les brusquer, et ménager | vous pourriez répondre aussi bién au moins la transition. que nous. Vous connaissez Comme

Quel choc n’ont pas dû éprouver | nous, les événements qui ont préles dupes de M. Fournier et Com-|cédé votre arrivée au pouvoir ef pagnie ! En effet, elles les avaient | vous savez que si l’amnistie n’a pag entendus jeter leurs lamentations | été accordée plus-tôt,vos amis d'Onaux quatre vents du ciel. “ Nos|tario en sont seuls respoñsabies. frères de Manitoba, disaient - ils,

Dès que la nouvelle de l'éxécuuon, sont d'< héros, des märtyrs de la liberte. Tarder un jour à leur

de Scott se répandit dans le pays,

MM. MacKenzie et Blane jugerent rendre leurs droits civils, c’est une | à propos de soulever le fanatisme cheté, une iudignité. Comme di- | de la province d’Ontario.‘ Le sang sait le National, 11 faut les armuis-| a coulé,disaient-iis,le sang d’un sutier sans délai, sans retard !” L'é-| jet anglais a rougi le sol de Manicho avait à pejrie fini de répéter |loba. Scott a été assassiné; il faut ces gémisserments,que les frères des | qu'il soit vengé. Quiconque pense Métis venaieut les mettre en accu- | autrement que nous.est traître à 1y

SR ne HR PPARE VRLEERAEAE Cu: LENS 20 RARE CERN 5 à ARRSRINEE A IONNNEEEE RENE

on 7] =

nationalité britannique.” Attisé par les appels passionnés de M. Mac- Kenzi-, le feu du fanatisme enve.

loppa bientôt tout Ontarioet pour l'exciter davantage, M. MacKenzie promit$5,000 pour la tête de Riel.

Afin de répandre le feu partont, les amis de M. Geoffrion demandèrent au Parlement fédéral d'imiter le gouvernement d'Ontario etproposèrent un vote de non confiance pour le blâmer de nes’être pas mis au nombre des persécuteurs des Métis.

Etait-ce le temps d'agir ? Procla mer alors l’amuistie, aurait eu pour effet de mettre le gouvernement fédéral en opposition avec toute la province d'Ontario et son gouvernement. Proclamer l’am.

nistie alors, c'était provoquer des désordres à Manitoba. Pendant que les passions étaient ainsi déchainées, l’amnistie serait restée lettre morte, et Riel n'aurait pu en profiter, Croyez vous que le gouvernement d'Ontario aurait alors cessé de le poursuivre et de meltre sa tête à prix ? Croyez-vous que Riel aurait pu se montrer alors à Manitoba ?

Il fallait attendre le calme et l'apaisement des passions soulevées par M. MacKeuzie. Il était de bonne politique d'attendre et de ne pas calmer une province en faisanc naitre dans une autre une agitation plus considérable, plus dangereuse que celle que l'on veuait de faire disparaïtre.

Quelle qu’ait 6t6 a conduite des chefs conservaieurs dans cette circonstan ;e, on ne oeut rien dire contre le parti, ni la majorité de ses députés. ;

Avant la session ‘'" 1873, les dé putes n'avaient jamuis cru qu’il iut possible d'accorder 1 mr e, ei elle n'avait jamais jusqu'alors été l'objet d’une demande eu chambre Personne n’a pris

le gouvernement à parti sur c'tte affaire. Avons-ncus vu MM.

Dürion, Geoffrion, Fournier se lever et dire au gouvernement :

“il nous faut l'amnistie” Non, jamais il n’ont osé en souffier mot en chambre ; ils se contentaient d'essayer de soulever dans nos campagnes un courant d'opinion populaire opposé à celui que M.

MacKenzie avait fait naitre dans l'Ouest.

En 1873, ie parti conservateur en chambre s’'émut sérieusement, et posa à MM Langevin et Robitaille son ultimatum: “il nous faut l'amnistie à tout prix,” dirent-ils, sans quoi, ne comptez plus sur nous,

La preuve de ce que nous avançons est cons'gnée dans les déposiions de Sir John,de M Langevin et de M Masson, devant le comité du Nord Ouest. Les ministres se rendirent à leur désir, et MM. Lange.

vin et Robitai!le déclarèrent qu'ils résigneiaient si leurs collègues anglais refusaient d'accorder l’amnistie.

Voici ce que disait M. Langevin :

Je ne sache pas que le gouvernement ait fait d'autre promesse d’amnistie que celle contenue dans la proclama.

tioc du 6 décembre 1869, oa qu'aucun de ses membres ait f1it ancune promesse au nom du gonyernement, Au commencement de la se-sion du pariement en octobre dernier, j’eus deux entrevues avec un grand nombre de pariisans du gouvernement de l4 Frovince de Québec au sujrt de l'amnistie relative aux troubles du Nord-Ouest, Après avoir exprims nos opinions et utoir discuté 1a ques'in, je di. aux messsi-"s présents que ei l'amnistie n'etait pas :ccordée dans un temps raisonnable ap? .: la session du parlement Je resigner*1s mon siégs comme meme bre du gouvernement, et que mou col- ‘ègue, l'Hon, M. R »bitaille était prêt à frire et fait comme moi. La raison pour laquel'a je pen-ai pouvoir adopter cette Ligne de conduite est que j'avais voujours cru que pour établir la paix et

RS 8 ml

D sil donner salisfaclion au Nord-Ouest, une { John A. Macdonal sur la mêm amaistie complète était nécessaire ; quéstion. (Voir Rappori de Comité, qu’une amnistie complète ne pouvait p. 112).

être obtenus lant que l'excitation causée | ©”

par la mari de Scottesist rai J'autorisai M Langevin à faire une De plus, je savais de 51 Grâce l'ar-| communication à ses amis du B18-Cinachevèque Taché, qu’! se proposait d'a | 44. Nous savions qu'ils allaient se réu. gir dans ce sens, comme il l'avait tou. | Qu'ils étaient fort mal à l'aiso et jours fai en préparsat un mémoire ei | {ésireux da savoir si le gouvernement un pétition à sa Majwié, où il donne- | ,]jait faire quelque chose, et si oui, rait ler raisons pour lesquelles Lu6 am- quoi? Je lautorisai à déclarer que nistie devait être accordée, Je perse | larais l'intention de me rendre en Anque S1 G'âce s'attendait à ce que Son | ieterre et de prendre l'attitude que js Excellence le Gouverneur - Général, | ions de mentienner dans ma déposicomme représentant de la Reine dans |, ce pays, transmettrait ce document et\ J'ai bu conférer avec l'archevêque de le déposerait aux pieds du trône, avec | jction du temps dans cette affiire, et les observation que Son Excellence ja- | qes cas analogues «es W. L Mackenzie, gerait à propos de faire. etc., mais js ne m'en rappoilepas. J’a- Jo savais aussi que Sir John A, Mac | vais l'inteution de me rendre en Augle- Donald, le premier ministre, avait l'in. | terra aussi:ôt que possible et d’'insister tention d'alleren Angleterre après la | auprès du gouvernement impérial pour session et qu’il se proçosait de repré. | qu'il se saisit de ja question. Ja ne senter aux auiorités fmpériales que | doute pas qu'ils n’eussent agi d'une cette question du Nord-Ouest était du | manière ou d'une autre sans délai domaine impérial et qu'elle causait des | faprès commurivation avec le ministre troubles et de l'inquiétude äans une | des colonies]. partie de a Puissance ; que les plus! M. Langevin m'informs, comme il grands intérêts de l'empire exigbaient | avait déjà fait, que, # moins qu’uneamque le gouvernement impérial se saisit | nistie dans le sens le plus laïge ne fut de la question, Connaissant cela, j:| accordée avant la prochaine se-sion, lui pensai que le gouvernement impérial! -{ le De, Rcbitaille seraient obligés de qui avait reçu les docaments ei les re- | résigner leurs portefeuilles, car i croyait présentations plus haut mentionnés, | que ces amis de Québec lui retireraient sentrait que c'était son devoir d'agir | leur appri, ot ni lui ni le Dr. Robitaille en cette aft‘ire, et que, bartant,la ques- | n'auraient pu continuer de nous être de tion serait bientôt réglée. :1 va sans |quelcu'üilté, J'exprimai l'opinion que dire que j: savais trés-bien qu'il y av’ii| je gouveraement impérial se saisiruit de des obstacles st de grands obstacles qui !|1la question avant cette époque. M. Lan. s"opposaient à l'octroi ,de cette amnis. | gevin considérait que, dans ce cas, ses tie ; mais j'étais trliemens conv.incu | unis du Bas-Canada attenüraient lac. que les plus chers intérêts du Canada | tion du gouvernement impérial avant exigeaint le règlement immédirt de | de changer d'attitude. cette aïfaire que, bien qu’une amnistie| Je me rappelie qu'il fut question de complète ne pût être accordée à l’épo- | eux mois.environ après la session comque dont j'ai parlé, j'étais déterminé, de | me étant la période de temps aurant même que mon coliégue M. Robitailie, laquelle tout cela devait se faire. a donné :a résignatior pour avoir une À décision. Je savais très-bien que les | Qu'on nous montre semblable éulent {ous do ls-même opinion à eg déclaration de MM. Dorion, Gcof- « NS 0 sujet, ‘s u’ai jimais fait de proina:se, frion, Fournier el Letellier ) MER et autant que j: puis le savoir, aucun | n0ùs montre leurs partisans réudé mes collègues n'a jamais fait de pro. Nis en assemblée pour leur poser messe d'amnistie à l’:\rchuvêqué Tacai, | aa ultimatum semblable à celui an Père R'ichot ou À aucune autre per. : du parti conservateur ? La décla-

soupe, tion de MM Langevin et Robitail- Voici maintenant ce que dit Sir le écrase les ministraux français

Dh n ME LE re es ar cor UN LE DA à GRAN do re fs

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‘d'Ottawa et fait voir la différence | Les de Sir Georges le 14 jain. En me

qui eviste entre des politiques sérieux et des chasseurs de portefeuilles.

Si l'exemple de MM. Lange ’inet Robitaille ne suffit pas pour les faire rougir, uous y/Joindrors celui de M. Masson. M. le dépnité de Terrebonne a cru, lui, qu'il y allait de son honneur et de sa dignit6 de ne pas faire partie de l’admi.

nistration avant que Sir John fût parfaitement décidé à ésouûre lesdeux questions de l’Amnistieet du Nouveau-Brunswick, dans le | sens de la justice. Cette conduite, aussi noble qu’énergique, parait teliement au-dessus des forces hu.

maines aux yeux des démocrates, que leurs deux organes nièrent ce que nous disons en ce moment, À plusieurs reprises, ils affirmèrent que nous ne disions pas la vérité,

Voici la réponse de M Masson, donnée devant le comité du Nord- Ouest, (2. 184 et 185):

Je n’eus pas d'auire comntnication avec Sir John au suj:t de l’amnistie jus:

qu’à la ses-ion d'automne de 1873, Js fus alors offisiellement demandé d'en:

trer dans l’aiministration au mois da septembre 1873. La question des affa.

res du Nord Ouest n’était pas étrangère à mon refus. J 3 répondis à cette de.

mande par écrit, à la fia de septembre, en disant que j'avais professé des opivions bien arrêtées sur plusieurs questions que j: croyais d'un \ haute impor. | tance et que, ces questions n'étant pas | rêglées, je croyais que ma présence dans le ministère sera plutô: une sour ce d’embarras que de force, et ne pou:

vant pa;sê re à cette époque utile à mon pay:, je déclinaii respectueuse.

ment l’otire qui m'etait faite.

Jesn'ai pas mentionné en. particulier les questions auxquelles j: fiisais allu.

sion mais c'était de fait lec questions des écoles du Nouveau.B uu:w.ck et de l'amnistie.

Je n'ai pas eu, dans le cours des né.

gociations, de discussion avec M, Laugevin, à ce suj:t, sauf à la première entrerue, qui eut lieu lors des funéral-

parlant pour la première fois d'entrer dins le ministère, il me déclara, en réponse À ma déclaration Gus j» ne pouvais pas prendre la responsabilité d'aider à la direc'ios des affüres, si l'amnictie u’était pas accordée, qu'il n'y aurait pas de difficulté à ce sujet, que. l’arinistie était une affire réglés avant ou après la prochaine session, et que le gouver:

nement se saisirait ds la question. Il me dit que nous parlerions de n-uveau ds la chose avec Sir Joho.

J'eus plusieurs entrevues avec M.

Lang-vin dans la session d'automne, de 1873; je lui dis que nous étions ar.

rivés *, une crise et que c'étaii le temps pour le gouvernement d'agir, Ja lui dis que j'avais 615 cause que la question n'eût pas été pressée à la session précédente #5 que la nopulation de M2uitob21 pouvait croire qua j'avais ab2adonné sa cause, et que comme l’Archevêque et le Père R'ichot étaient déterminée à presser immédiatement le règlement de ia question, j> me croy 113 tenu 2n hnneur de les seconder dans leurs efforts, car on pouvait me croire responsable de n’avoic pas obtenu justice plus tôt.

Je dis alors à M. Lingevin, que ja’'n9 pouvais pas supporter le gouvernement si la question n’etait pas réglée,

Les partisans frauçiis du gouverniement tinrent, sur ces eutrefaites, des réunions auxquelies a:sistait M. Lacgevin,

L dit d’abord peu de choses: il 80 contenta de donner l'assurance de «0n bon vouloir pour la cause,

Vers l’époque de li seconde entrevue, avant qu'elie eut lieu, ja croit, j'eus une ‘* revue avec Sir John en présence de m. Laugavin. Je déclarai alors à Sr Joha que j étais tenu en honneur de lui dire que loin d’entrer dans son adœinistratiou, je devais l'informer qu'je ne pouvais pas continuer d'appuyer le gouveruement comme 73 l’avais fait par le passe, si j> n'avais pas quelque assurance qui pourrait êcra donnée nux parlies intéressées, quo l'ammistio aérait demandée sous peu au gouvernement inpérial par le gouvernement canadien, Si John me dis alors : ‘ Masson, non seulement vous v'irez pas dans l'opnosition, mais vous serez avant longtemps l'an de nous.'?

j voulait dire l’un ds: ministres.) L’en.

trevue fut de courte durée.

A la sec:nde réunion des partisans français du gouvernement, M. I angevin dit qu’il était autorisé par Sir J hu a uéclarer qu’il (Sir John) se rend it on Angleterre et qu il y réglerait la aqu:stion dans le sens d'une amnistie, Voilà ce qui s’est passé selor ce que js me rap. pelle, bien que ce récit ne soit peutêtre pau exact. M. Lang vin ajouta qu'il résiyneraut si cela n'étuit fait ei se serait, en substance, les expressions qu’il a employées dans sa déposition.

J’eus subséquemment des conversalions avec eir John et M. Langevin, et chacun de ces messieurs m’infoima dans ces entretiens que Sir John se rendait en Angleterre ei qu’il recommanderait ie règlement de la qu'stion dans le sens d'nne amnistie et'de fai:, il n’y avait pas à douter, d'après ce que chacun m'a dit, que telle serait la ligne de conduite.

MM. Dorion et Gie., ont-ils posé pareilles conditions, à leur entrée dans le cabinet fédéral! eux les hommes qui en 1872, disaient par lenre orgañes, le National et l’Avénement : Il faut accorder l'amnistie imiuédiatement, sans délai. Il faut l'accorder quand méme lle n'aurait pas élé promise.

Il ressort des citations :

10. Que le parti conservateur était decidé à refuser à ses chefs l'appui qu'il leur avait donné Jusque là, s'ils ne se hâtaient d’accorder l’&amnistie.

20. Qu'à la suite des instances de les amis, les ministres écidèrent de presser le règlement de celle question.

20. Que d’après le témoignage de M. Masson, Sir John lui a dé.

claré qu'il irait en Angleterre après la session pour représenter à la Reine, la nécesssité d’acccrder l'amnistie.

40. Que le gouvernement était tout à fait décidé à accorder l’a mnistiè entière et comiplèlé comine il appert par les depositions de MM. Langevin et Robitaille et de Sir John lui-même.

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