‹ Les Rouges et les bleus devant le pays [microforme]Chapitre 5 sur 49 · ZE ON · texte numérisé non relu

ZE ON

pour préparer Lo chem'n de fer du Paci.

Jique Canadien. C'est une question nonseulems:nt d’à propos mais d'existence

. nationale. Il faut le construire à tout

priæ. (It must be rushed though at w'a.

dener expense,) Nous pensons qu'il est possible de le construire non-seulement eans imposer un fardeau pécuniaire trop lourd au Canada, mais en y trouvaat notre profit à tous les points de vue, Sans ce ch-mir, une Ainérique britannique puissacte, pe serait qu'un vain rève. Avec ce chemin, cs ne sera pas un rêve, miis si nos hommes d'état sogt sages et prudents, ce ser:, une glo.

rieüse et inévitable réali.4,’!

Ce gigantesque projet de artior et de Sir John, avait donc rallié à lui tout le rays. Il aurait coûté cher, mais il était facile de le canstruire sins augmenter d’un sou les taxes actuelles. Au moment où le gouvernement présentait c3 projet à l'approbation du Parlement, le surplus de nos revenus sur n9s dépenses, étaient assez considérable pour nous permettre de payer l'iutérêt d’une dette de $30,000,000.

C'est M. Tiiley lui-même qui noùs l’apprend dans son expcsé financier du 1er avril 1873 Que novs aurait importé le prix élevé de la construction de ce chemin, si les résultats avaient plus que compensé nos sacrifices ? Le Grand-Tronc a coûté cher, fort cher, mais si l'entreprise était à récommencer et si le peuple connaissait les résultats qu'ii devrait produire comme nous les connaissons, il n'hésiterait pas un seul instant à payer deux fois plus qu'il n’a coùûté, pour avoir ce chemin qui a fait surgir,sur son parcours, des centaines de villes etde viliages et changé des centaines de iniiles de pay:

désert en pays civilisé. Le: Pacifque canadien aurait opéré les mè mes merveilles nnyennant $1.200,- 050 à $2,000 000 par année d'intérêt sur le prix de construction, C'est l'intérêt tixé par M. MacDougall, il y a quelques jours, et son

er. an doom neel mmscr nains

calcul s'accorde avec celui de M.

Tilley.

Cartier et Sir John voulaient jeter à travers le continent une immense voie qui, soudée à notre réseau actusl de chemins de fer, aurait mis tous les points de la Couifédération en rapport les uns avec les autres, Ce chemin de.

vai amener l'activité du centre aux extrémités, répandre partout la force vitale, et développer, avec une rapidité dont on peut à peine se former une idée, les immenses territoires qu’il aurait sillonnés.

Par anticipation, les immigrés se dirigeaient déjà vers Manitoba, et le courant serait allé en augmentant le jour cù ion aurait remué le sol de la prairie pour y poser les prerniers rails. En 1870 la population de Winnipeg était de 700 âmes; l’an dernier elle était ‘e 5,00), C'est l'espoir d'avoir le Pacifique qui a surtout valu à ce pays, cette augmentation de population. Ce chemin aurait été la grande artère âe la Co:1fédération.

Cette voie aurait attiré de nôtre côté, Je riche et im.

mense commerce de l'Asie, tout en s'alimentant du commerc3 intérieur qu’elle aurait fait naiîtr … Le comm:rce asiatique aurait pris cette direction, en vertu de la loi qui veut que le trafic choisisse oujours.les routes les olus coures. Nous pouviuns donc compter sur cet appoint ; car le chemin du Pacifique Canadien rapprochait les ports de l'Asie, de Liverpoo', de plusieurs centaines de milles.

Que nous donne M. MacKenzie, en échange de ce plan gigautesque, dont il n’a pas comoris ia grandeur de “onception ? IL nous promet un chemin bâtard, un triste avorton, fruit d2: ses méditations aidées par les lumieres de M.

Go ion et Letellier ; un chemin

Ne

absurde,ridicule. Nous ne comprenons pas que M. McKenzie ait osé soumettre son plan à la chambre.,et encore moins que celle-ci l’ait accepté. N oublions pas,tontefois,que nous devons nous attendre à tout de la part de ceux qui n’ont pas mission d’esamincr,inas de voter.

M. MacKenzie sait il bien, lui-même, ce qu'il novs donne ? A-t-il des idées nr'tes sur son proj?t ? Nous sommes fondés à croire qu’il n’y a rien d'arrêté dans son esprit. Ne l'a-t-il pas singulièrement modifie depuis l'an deraier,son projet ? Ce-

pendant, depuis trois ans, il a eu le!

temps d'y songer et d'étudier la

uestion à tous les points de vue.

Quoiqu'il en soit.,ses méditations ne sont pas fructueuses,car elles l’ont conduit à nous donner un chemin ridicule, impossible, surtout inutile, et qui coûtera très cher. Le projet Cartier devait nous entrainer dans des dépenses considérables, mais au moins nous pouvions en attendre des s2rvices proportionnés aux sacrifices que sa réalisation nous aurait impo sés.

IL faut expliquer le plan de M.

MacKenzie de nouveau, car il l’a profondém?nt mo iifié depuis lan dernier. Partant de Douglass — à 35 milles à l’est de Nipissingue, poi it choisi deux fois par le Par.

lement comme terminus du Paci fique —le chemin va jusqu'à la Baie Georgienne, au lieu de se prolonger jusqu'à Nepigon, comme 1l avait été eutendu l’au deruis2r. De la Biie Georgienne, le voyagevr

Rivière Rouge à la Colombie, il aura à sa disposit on l1 voie ferrée, mais Dieu sait quand ; peut-être jamais, si nous en croyons certains organes du gouvernement. En Colombie, le chemin s'arrêtera à Bute Inlet. M. MacKenzie, qui a allongé le chemin de 35 milles à l'est, crait devoir l’allonger également à l'ouest, ef il s’est engagé à construire un chemin de fer sur l'Île Vancouver, de Nanaimo à Esquimault, et à dépenser $2,000,000 dans cette province jisqu’au parachèvement du Pacifique.

Le plan de M MäicKenzie commence à se dessiner à noc yeux,

| mieux que le chemin de ‘a Baie | du Tonnerre au Fort-Garry ne se

dessinera en hiver ; car,ce que nous venons de dire suffira pour faire comprendre que pendant six mois de l’année, il n° aura aücune trace de chemin de fer ; il sera enseveli sous la neige et les locomotives iront se rouiller dans les remises, pendant que les steamers seront oris dans la glace. Nous ie demandons à tout homme qui a sa tête à lui, est-il possible d'imaginer quelque chose de plus monstrueux, de plus ins:nsé que cette route moitié

| par eau, moitié par terre ? N'est-il

pas du dernier ridicule de nous obliger de dènancer, de gaspiller plutôt, des millions pour un chemin qui ne sera d'aucune uùlité pratique ? Que fera M. MacKanzie vendant l'hiver, de l'immense personuel attaché À l’administrationet au fonctionnement de ce chemia ?

Il devra ou ie continuer toute l’an-

ira, par la voie d’eau, jusqu'à la | née dins ses charges ou se mettre

Baie du Tonnerre. D: ce point, jusqu'au lac Shebandowan, il fera Ÿe trajet en chemin de fer ; puis la voie d’eau s'offrira encore à ses yrux, et de ce point jusqu’à la Rivière Rouge, il passera une douzaine de fois du siteamer aux voitures du chemin de fer Ds la

dans des embarras sans fin pour le recomposer chaque printemps.

L'inutilité du chemin en hiver est elle assez clairement établie ?

En touchez-vuus du doigt l'absurdité ?

Oui, n'est-ce pas ? Nous allons vous prouver qu'il sera inutile

même en été, et vous allez le com- |

prendre comme nous. M. Mac- Kenzie a dit à la Chambre que le trajet de la Baie du Tonnerre à la Rivière-Rouge durerait de cinq à six jours. Supposez qu’un voya geur en route poir Manitoba arrive à la Baie du Tonnerre.

Que fera-t-il ? IL aura à choisir entre la voie canadienne et la voie américaine, qui va de Du luth à Moore Head. En 12 heures, il pourra se rendre de la Baie âu Tonnerre à Duluth, et arriver au Fort-Garry, sans changer de vaiture, lorsque le chemin de l'embina sera terminé, et il le sera avant celui du Pacifique. Croyez-vous qu’il hésitera nn seul instant à choisir la voie américaine, qui lui épargnera douze transbordements ?

Les voyageurs choisissent la voie l4 plus facile et ils le fe ront daus ce cas, au risque de rendre inutile le chemin de M MacKenzie. Le pays aura donc payé your un chemin que fuiront es voyageurs ! Et cela nous aura coûté vingt millions de dollars!

Etes-vous convaincus que le chemin ne sera pas plus utile en été qu'en hiver ?

On parlait jadis de l’extravagance des concervateurs ; on s’opposait à la construction de l’Intercolonial sous prétexte qu’il ne serait pas une route commerciale. Muis, grand Dieu ! l'Intercolonial passera pour une route très - cominerciale comparée &u chemin de la Rivière- Rouge vi la Baie du Tonnerre !

Bait-on que M. MacKenzie a signé des contrats pour ce chemin, sans savoir s'il sera possible d'utiliser les lacs Shebanda-

wan, la Pluie.etc.,pour les fins de la

navigai'on ? C’est peu \vraisemblable, cependant c'est vrai. M Ryan député de Marquette, :, déclare en Chambre, ., 4e la navigation deces lacs et dc ces rivières est à peu

te Ce mr Card Rae TEE SET EAU PARA RE REP AR LEE PSE

près impossible. Ils sont peu profonds et couvrent des lits de sable que les courants font mouvoir sans cesse, en forment des bancs de sable qui se déplacent continuellement, Shiftins sand Lars, selon l’expression de M. Ryan.

Revenons maintenant à la ligne de ia Baie Georgienne à Douglass, et de là à Renfrew. [ous ne comprenons pas l’uti'ité de cette ligne, tant que M. MacKenzie ne {a prolongera pas jusqu'a Fort-Garry, en passant par Nepigon. Les cirq autres hgnes d'u Haut-Canada, dont nous avons donné les noms hier, lui feront une compétition ierrible, et l’on 5e rendra à la Baie du Tonnerre autant par ces voies rivales que par celui-là. Il ne vaudra quelque chose que lorsqu'il se pro-

longera jusqu’à Fori Garry. Nous

avons déjà parlé de cette partie du chemin. Nous avons montré combien M. MacKenzie avait sacrifié les intérêts du Bas-Carada, quel mépris il avait affiché pour nos réclamations. Ii nous reste à faire remarquer que, non content de déplacer ke terminus d2 25 milles vers le sud et d'augmenter en réalité la longueur du chemin, il l’a allongé à l'Est de 35 milles. Pourquoi ce changement? Pourquoi cette énorme augmentation de dépurises ? M. MacKenzie est-il emparrassé pour trouver des moyens de gaspiller nos millio:'s ?

Jon veuille bien noter ce point, M MacKenzie allonge la voie à l'Est vers le Canada-Central, et augmente les dépenses de plus d'un million et demi, contre le désir ex:

primé deux fois par le Parlement ; cependant,il refuse da subventionner le chemin de colonisation, comme il avait promis dans son discours de Sarnia. Pourquoi ne pas s’en tenir au terminus fixé par le Parlemeat, et ne pas nous don-

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