‹ Les Roumains, tome premier. [Par] James CaterlyChapitre 17 sur 51 · Zalloxy, op. cit., p · texte numérisé non relu

Zalloxy, op. cit., p

nouvel hospodar amène invariablement avec lui toute une suite de Phanariotes, et menaçants déjà, nous le savons, sous les princes indigènes ', les Grecs ont acquis sous les hospodars phanariotes une prépondérance qu'on ne songe même pas à leur disputer. Au xviir' siècle, ils ont repris leur empire sur les couvents dont ils avaient été momentanéments exclus : les hégoumènes grecs sont pourvus d'un cinquième des terres les plus fertiles des Principautés, qu'ils font cultiver par les paysans, par l'intermédiaire de fermiers, grecs eux aussi ; ils absorbent tous les revenus de ces terres et le pays n'en profite pas. Le haut clergé, celui qui possède les gros revenus, est en partie grec : sur onze signatures de hauts prélats qui figurent dans l'acte d'émancipation de Constantin Mavrocordato, on en voit six en grec. Treize métropolitains se succèdent en Valachie à l'époque phanariote : sur ce nombre il v en a six qui

I. A. Rambai'D, préface à l'IIi^tcire des Roiiinaiiis de la Dacie Trajixne, par A.-D. Xénopol. Paris, Leroux, 1895, 2 vol.

sont grecs. L'administration est, elle aussi, hellénisée ; s'il s'agit d'une place lucrative, on peut être sûr qu'elle sera accordée à un Grec. L'aga, qui a la surintendance des marchés, le grand commis ou grand écuyer, le grand postelnic ou maréchal du palais, le grand camarach ou trésorier particulier de l'hospodar, sont tous grecs. De même, dans chaque district, il v a deux ispravnics qui se partagent les attributions administratives : celui qui est chargé de rendre la justice et de recueillir les impôts est toujours grec : ce n'est pas un hasard, car ces fonctions sont la source — inavouée — de bénéfices considérables '.

Tout-puissants dans le clergé et dans l'administration, les Grecs se sont emparés de tout le commerce des Principautés.

Certains s'établissent dans le pays, mais c'est l'exception : en général, ils conservent leur individualité, méprisent les indigènes et continuent à parler grec entre eux. Beaucoup sont banquiers : au moment des récoltes ils

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