‹ Les Roumains, tome premier. [Par] James CaterlyChapitre 27 sur 51 · J.ES ROUMAINS · texte numérisé non relu

J.ES ROUMAINS

vient dès aujourd'hui une sorte de province russe. ))

C'était exagérer peut-être : néanmoins l'influence russe est dès lors toute-puissante à Constantinople, et c'est à ce moment que prend naissance cet aphorisme de chancellerie, <( si souvent reproduit », nous dit M. de Gentz ' : c( La Russie n'a qu'à élever la voix bien haut pour faire trembler le Divan et il ne lui faut pas un coup de canon pour obtenir tout ce qu'elle demande. »

En 1781 l'impératrice Catherine songe au démembrement de l'Empire ottoman et elle élabore son fameux projet grec : il comporte la formation des deux États chrétiens. L'un sera l'ancien empire grec, restauré, avec Constantinople pour capitale, en faveur d'un petit-fils de l'impératrice qui lui a fait imposer au baptême le nom prédestiné de Constantin ; l'autre sera constitué par les Principautés unies sous le sceptre d'un souverain qu'il

1. (lEXTZ, Dcpêclies aux Ilospodars, t. III, p. 106, à Grég, Ghika, 16 mars 1826.

ii8 LES ROUMAINS.

faudra désigner. Ne crovons pas d'ailleurs que l'impératrice Catherine songe à se faire par avance le champion de ce qu'on appellera plus tard le principe des nationalités. Ce projet grandiose se place entre deux partages de la Pologne et se complète par la cession à l'Autriche de la Valachie jusqu'à l'Olto. Bornons-nous donc à le considérer comme un témoignage des ambitions et de la puissance de la Russie. Les Principautés sont le but constant de son attention : en 1782 elle y établit des consuls, en 1792, par le traité de Jassy, elle obtient en leur faveur la dispense des arriérés d'impôts et la faculté pour les habitants d'émigrer. En 1802 surtout elle arrache à la Porte un hatti-chérif qui contient des dispositions précieuses à l'égard de la Moldavie et de la Valachie.

Les exactions dont les habitants des Principautés, dépouillés de leurs grains ou de leur bétail pour un prix dérisoire par les <( capeulei )) de la Porte, envoyés annuellement pour « acheter » les produits agricoles,

que la Turquie ne pouvait plus tirer de la Crimée, sont désormais arrêtées : les négociants turcs ne pourront plus pénétrer dans les Principautés que nuniis d'un teskéré ou autorisation de la Porte ; ils ne pourront y posséder des immeubles. Désormais les témoignages des chrétiens seront recevables dans les procès concernant les Turcs. '( A partir de ce jour, décrète le hatti-chérif, la durée du règne des hospodars sera fixée à sept ans, cà compter du jour de la nomination des hospodars ; ceux-ci ne seront pas déposés avant le temps fixé, à moins d'un délit avéré, de sorte qu'au cas même où il surviendrait quelque manque dans ladite époque [sic), jusqu'à ce que l'envoyé de Russie, résidant auprès de notre Sublime Porte, en soit (sic) averti et persuadé, sa déposition ne soit (sic) pas permise ' . » Les consuls de Russie reçoivent le droit de faire des observations et de donner des conseils aux hospodars et aux boyars relativement aux impôts.

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