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Un droit analogue leur est reconnu en ce qui touche les rapports des paysans et des propriétaires. C'est ainsi que la Russie exerce un véritable protectorat sur les Principautés, et s'efforce — en obtenant du Sultan des dispositions favorables — d'améliorer la condition de la Moldavie et de la Valachie et de se concillier les sympathies de leurs habitants.
Lorsque, à Tilsitt, en 1807, l'empereur Alexandre se rapproche de Napoléon, son premier soin est de préciser les avantages qui seront faits à la Russie en Orient : les deux alliés jettent les bases d'un partage de l'Empire ottoman : les Turcs ne garderont plus en Europe que Constantinople ; l'Autriche recevra la Serbie et la Bosnie ; la France prendra la Thessalie, l'Albanie et la Morée ; quant à la Russie, son lot se composera de la Bessarabie, de la Moldavie, de la Valachie et de la Bulgarie jusqu'aux Balkans. Ces projets se modifient quelque peu au cours de l'année suivante. L'article 8 du traité secret d'Erfurt vient les fixer en un
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texte définitif et consacre l'occupation par les Russes de tout le pays jusqu'au Danube. Les termes de l'acte sont significatifs : « S. M. l'empereur de toutes les Russies n'ayant aucune espérance d'obtenir des garanties suffisantes pour les personnes et les biens des habitants de la Moldavie et de la Valachie, ayant déjà porté les limites de son empire jusqu'au Danube et réuni la Moldavie et la Valachie à son empire, ne pouvant, qu'à cette condition, reconnaître l'intégrité de l'Empire ottoman, S. M. l'empereur Napoléon reconnaît ladite réunion et les limites russes de ce côté portées jusqu'au Danube'. » Ainsi Napoléon reconnaît que la Russie a des titres officiels à demander et à obtenir des garanties suffisantes pour les personnes et les habitants de la Moldavie et de la Valachie. Il ratifie les prétentions d'Alexandre au protectorat des Principautés.
La Russie conserve au traité de Bucarest
I. XÉxopoL, II, p. 268. — Gardéx, XI, p. 287. — Vandal, I, p. 475 sqq.
en 1812 cette attitude de protectrice des Principautés, en faisant insérer dans l'article 5 du traité la confirmation de tous les actes relatifs à leurs privilèges. Mais cette protection est loin d'être désintéressée : les Russes incorporent la Bessarabie, c'est-à-dire la moitié du territoire moldave.
Les années qui suivirent la chute de l'Empire français allaient mettre la politique russe en Orient aux prises avec de singulières difficultés. C'est le moment où l'Europe s'agite, où l'idée de nationalité semée par la Révolution française hante confusément les esprits: c'est alors que les sociétés secrètes se fondent ; c'est le temps de la Burchens chaft en Allemagne, du carbonarisme en France, en Espagne et en Italie, c'est celui de l'hétaïrie en Orient. Le czar Alexandre tombe alors en de cruelles perplexités : les aspirations qu'il cherche à réprimer dans l'Europe occidentale seraient en Orient le levier le plus puissant de la politique russe. Lui qui a été l'instigateur de la Sainte-
Alliance, qui a lié partie avec Metternich, ce K rocher de la contre-révolution )>, pour maintenir les trônes établis, il accorde son amitié à Ypsilanti, à Capo d'Istria l'un des personnages les plus en vue de l'hétaïrie ; il accueille auprès de lui Kara-Gueorgnié, le chef de la révolution serbe, qui passe tout un hiver à Pétersbourg. Alexandre ne peut être conséquent avec lui-même sans ruiner sa politique : la logique exige qu'il sévisse contre l'hétaïrie comme il fait contre le carbonarisme, qu'il défende l'Ottoman contre le chrétien opprimé. Mais que devient alors la sainte mission de la Russie ? Les populations chrétiennes seront-elles condamnées par la Russie elle-même à demeurer sous le joug de la Porte? Tel est le dilemme où se trouve enfermé Alexandre.
C'est précisément pendant le congrès de Laybach où il avise avec les autres puissances au moyen de réprimer l'insurrection piémontaise, que lui parvient la nouvelle du soulèvement (1821) dans les Principautés.
Quoiqu'il lui en coûte, Alexandre, afin de ne pas mettre l'Autriche dans un embarras trop cruel, désavoue les hétaïristes et il permet aux troupes turques d'occuper les Principautés.
Mais les événements se précipitent : le patriarche de Constantinople est pendu le jour de Pâques en vêtements sacerdotaux ; les chrétiens sont massacrés dans l'Empire ottoman; les Turcs, sous prétexte de rétablir l'ordre, s'éternisent dans les Principautés; la révolte d'Ypsilanti pose bruyamment la question de l'indépendance hellénique. Le conflit Va éclater entre la Russie et la Porte, l'Autriche et l'Angleterre parviennent néanmoins à différer la crise, et la paix n"a pas encore été troublée quand Alexandre P'' meurt au mois de décembre 1825.
Quelle est à ce moment la situation?
(( L'évacuation des Principautés, écrit en avril 1826 ^L de Gentz ', l'homme de confiance de M. de Metternich et l'un des diplo-