LI"-'"^ ROUMAINS
Le prince Bibesco fut forcé, par les événements, d'abdiquer.
Qu'allaient faire la Cour suzeraine et la Cour protectrice ?
Les événements de Bucarest leur apparaissaient à l'une et à l'autre sous un jour assez différent. Le parti révolutionnaire avait eu l'habileté d'établir que cette révolution n'était pas dirigée contre la suzeraineté de la Sublime Porte. Il faut le féliciter de sa perspicacité politique. Quelques esprits en Roumanie avaient, en face des événements qui secouaient l'Europe en 1848, pressenti qu'une lutte était inévitable entre la Russie et la Turquie : le czar Nicolas, dont ils avaient pu apprécier le caractère par la conduite même de ses consuls à Bucarest, ne manquerait pas de mettre à profit les embarras que suscitaient aux puissances européennes les idées révolutionnaires ; ils s'attendaient à ce que cet empereur impatient, qui disposait de la première armée du monde à cette époque, se décidât à un
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coup de force envers la Turquie. Aux termes des traités, les deux Principautés de ^loldavie et de Valachie étaient sous la suzeraineté de la Porte et sous le protectorat russe. La politique russe avait été d'annihiler la suzeraineté de la Porte et de la rendre nominale. La révolution de Bucarest se fit contre le protectorat russe et se couvrit du nom du Sultan : on conçoit que la Turquie ne se soit pas montrée hostile au mouvement révolutionnaire. La Russie, par contre, adopta dès le début une attitude très énergique : elle manifesta sa réprobation contre cette k œuvre d'une minorité turbulente dont les idées de gouvernement ne sont qu'un plagiat emprunté à la propagande démocratique et sociale de l'Europe ». Elle prétendit que les révolutionnaires étaient décidés à construire un royaume daco-roumain, et le Czar devenant dans son manifeste le plus ardent champion de l'intégrité de l'Empire ottoman, ^ plus que jamais essentielle au maintien de la paix générale », s'indignait contre ce projet.