I. Archives Impériales de Vienne
à notre puissance, en Valachie, et y deviendraient de nouveau chrétiens, ne pourront être nullement réclamés et attaqués.
III. Tous ceux des Valaques qui iraient dans quelque partie de nos possessions, seront exemptés du Kharatch et de toute autre capitation.
IV. Les princes chrétiens seront élus par le Métropolitain et les boyards.
V. Mais à cause de cette haute clémence, et parce que nous avons inscrit ce prince raïach dans la liste de nos autres sujets, il sera aussi celui-ci tenu de payer par an à notre trésor impérial trois mille piastres rouges du pays, ou cinq cents piastres d'argent de notre monnaie.
Donné à Nicopolis en 705, du mois de Rebiul ervel, ou en 13Q3, et inscrit dans les archives impériales.
Voici les titres que prend Mircea :
Nous Mircea le Grand, voïvode par la grâce de Dieu, souverain, prince et seigneur de toute la Valachie, depuis les Karpathes jusqu'à la Tartarie (la Bessarabie)^ duc de Fogarasch et d'Almasch, maître du Banat, possesseur des deux rives du Danube jusqu'à la mer Noire, seigneur de Silistrie et de toutes les contrées et les villes jusqu'aux montagnes d'Andrianopole.
Aux XII' et XIII' siècles, à la suite de guerres heureuses, s'était formé le second empire roumain-bulgare assis sur les deux rives du Danube. Comme le premier empire
bulgare, et plus encore que celui-ci, cet empire subit l'influence intellectuelle et morale de Byzance. Les Bulgares prétendirent, sur beaucoup de points, imiter les (rrecs, leurs voisins : les empereurs de Byzance réunissaient en eux l'autorité laïque et religieuse; il en fut de même des empereurs bulgares. Les empereurs de Byzance fondaient des monastères ; les empereurs bulgares voulurent en fonder aussi. Les donations des empereurs byzantins firent école dans les pays roumains : là aussi il y eut des monastères libres, des monastères épiscopaux et des monastères dédiés \ Le courant d'idées et d'échanges intellectuels qui s'établit entre les deux empires voisins porta naturellement les empereurs bulgares, lorsqu'ils eurent besoin d'hommes intelligents et cultivés, à faire appel aux Grecs de Constantinople. Ainsi se trouva préparée la domination phanariote, qui allait peser si lourdement sur les Principautés.
I. Sur les couvents dédiés, cf. Bibesco, Le règne de Bihesco. Paris, Pion, 1893, I, p. 60 sq.