‹ Les routesChapitre 24 sur 37 · CONSTANTIN NICHA · texte numérisé non relu

CONSTANTIN NICHA

plage sablonneuse où les pécheurs de thon raccom inodent leurs filets. Unereligieusel'assistait, l'archipêtre de Hapallo lui dispensait les suprêmes consolations. Ainsi mourut un des créateurs de l'Italie antipapale; et c'est une chose italienne, difficilement intelligible à la logique raide, un peu lourde, qui gouverne les esprits de nos bons compatriotes. Dernière ironie du sort, les funérailles de ce grand serviteur du Risorgimcnlo ont été assourdies, et comme étouffées, sous le fracas populaire que déchaînait à cette même heure, dans toute la Péninsule, le centenaire de Garibaldi. L'instrumenl commode, quoique indocile, dont Cavour et Nigra se servaient avec un sourire de condea cendance, le condottiere grossi par la légende faisait oublier le souple génie qui l'avait action né, du fond des chancelleries. Ce Galiban écra sait la tombe de Prospéro.

Le nom de Nigra reviendra sur les Lèvres des hommes quand son fils publiera ses Mé moires. Ils jetteronl une vive clarté sur ce second Empire qui esl encore la plus maJ connue La plus défigurée des périodesde noire h i si o ire. On pourra faire confiance ;• ses récita : on n trouvera les qualités qu'une longue pra tique m'a fait reconnaître dans cet espril :juge inenl lucide et objectif, véracité aussi grande qu'on peut L'attendre d'un témoin qui fui ac leur dans les scènes un il raconte, On v verra

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surtout que Nigra ne fut point, comme tant d'autres, un contempteur haineux du pauvre et généreux pays qui l'avait servi avec toute l'irréflexion de ses enthousiasmes. J'ose croire qu'en parlant ainsi, je ne suis pas influencé par le souvenir d'une amitié dont je sens mieux le prix à l'heure où cette page de ma jeunesse se déchire, pour aller rejoindre toutes celles que le vent de la mort emporta.

6 juillet 1907.

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