LA CORRESPONDANCE DE TAINE
La piété filiale vient d'achever le monument commencé par la piété conjugale. Quand Mme Tainenous donna les premiers volumes de la Correspondance, complétée par de sobres notices biographiques, les gens du métier admirèrent l'art judicieux qui avait su composer avec ces matériaux épars une statue vivante ; les amis de Taine y retrouvèrent ce qu'il eût voulu livrer de lui-même au public, l'histoire de sa pensée — rien de plus, rien de trop. Cette femme d'élite n'a pas eu la consolation de parfaire son œuvre ; elle l'a du moins laissée en bonnes mains : le quatrième et dernier volume de la Correspondance est construit sur le même plan, il révèle la même sûreté d'exécution que les précédents.
Les lettres de jeunesse étaient plus abondantes, plus pathétiques avec leur frémissement de fièvre intellectuelle, leur fier stoïcisme dans la lutte contre les difficultés de la vie et l'injustice des hommes. Le tome IV nous montre le sage des dernières années, — 1876-1893 ; — un