‹ Les routesChapitre 3 sur 37 · PRE! M I XIII · texte numérisé non relu

PRE! M I XIII

âme inquiète s'est heurtée contre les barreaux de La prison, jusqu'au jour où, trop tôt libérée, elle a pris son essor vers l'infini. 11 était lui-même encore, et encore tout entier, dan- le volume intitulé : Histoires Orientales el publié en 1880. Ce volume contient en elfe! son premier essai dans un genre où il devait briller par la suite, les œuvres de pure imagination. C'est bien l'ébauche d'un roman, l'histoire du Syrien Vangheli qui, tour à tour aspirant diacre, marin, pêcheur d'épongés, amoureux de la pauvre folle Lôli, meurtrier de son rival, soldat de Kolokolroni puis d'Ibrahim, raconte ses pérégrinations douloureuses au voyageur Franc qu'il a rencontré el remercie << h1 Seigneur miséricordieux d'avoir t'ait la terre si grande, afin que ceux qui s< >ufïreril puissent marcher devant eux jusqu'à ce qu'ils aient lassé le souvenir qui les poursuit. » Les pérégrinations de Vangheli se terminent au monastère (\\i Mon! Athos. Avant de mourir il demande que, SUT sa tombe, on inscrive ce seul mol : eurêka foi trouvé et il recommande qu'on montre celle inscription au voyageur franc à qui il n'a plus rien à apprendre : a sa tombe en saura davantage. »

LES KOI TES

Cependant j'aime encore mieux dans ce volume l'étude intitulée : Chez les Pharaons. Je ne crois pas en effet que jamais il ait écrit de plus belles pages, sauf celles que lui inspira plus tard le souvenir de Mariette. Cette première visite à la terre d'Egypte lui causa une sorte de commotion. Elle lui donna le sentiment « d'une révélation nouvelle tombant brusquement dans nos idées acquises, faisant voler autour d'elle les dates et les systèmes reçus, bouleversant les plans de l'histoire, révolutionnant notre pauvre esprit, substituant aux perspectives familières des horizons autrement ordonnés, intervertissant sur bien des points la généalogie acceptée jusqu'ici de ses idées et de ses connaissances. » Les longues heures passées par lui dans le musée de Boulacq développèrent encore les tendances philosophiques et mélancoliques de son esprit. En présence de ces « corps intacts, de ces figures de granit, de ces attestations de victoires et de splendeurs royales » il sentit plus que jamais « l'amère vanité d'être » et le contraste entre ces images de mort et la vie perpétuelle de cette nature aussi forte, aussi féconde qu'elle l'était il y a des milliers d'années, ramenait son esprit au

Page 1