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sortent plus volontiers aux clcrnièrcs lueurs du soleil eouehanl et afTiouleut <:faiernent les piemières otubres de la nuit. C'est le moment où ils donnent tous l'assaut du ciel. Sans doute, le vent tombe d'habitude à la fin du jour; et peutêtre les conditions hygrométriques de l'air sont-elles plus favorables ; mais peut être aussi — laissez-nous rêver — s'envolent-ils d'un essoi" plus insliiictif, à 1 heure où (ont être se sent plus léger, plus libéré du poids charnel ; où les esprits subtils s'élèvent au-dessus de la terre, vapeurs des eaux, parfums des fleurs, pensées des hommes ; où le cœur de l'amoureux bat plus vite, où l'inspiration soulève l'artiste, le poète.
Comment ne pas faire ici une large place au souvenir des poètes."^ Beaucoup d'entre eux ont prédit ce que nous voyons ; l'un d'eux l'a décrit, et si bien, qu'il nous a épargné d'avance les impossibles descriptions du ciel de Bétheny, envahi par les (( Aéroscaphes », comme il les appelait. Relisez Plein Ciel; le jour où il ajouta ce poème à sa Légende des Siècles, Hugo fut vraiment le vafes, le prophète :
C'est du métal, du bois, du clianvre et de la toile, C'est de la pesantenr délivrée, et volant : C'est la force alliée à t'tiomine étincelant, Fière, arracliant l'argile à sa cliaîne éternelle...
Oui, voilà le point essentiel, la vraie cause de notre éiuotion profonde : lutte audacieuse
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o\ vieloiic de l'ospril liuinuiii sur la \ieillc fatalité de la pesa ii tour. Nous croyons entendre les dernières paroles de Prospéro à son esclave Ariel, (jiiaiid l'Esprit a enfin vaincu Caiibaii et se \oit lihi'iM' parle bon magicien de l'attache terrestre dont il souffrait si fort : « Va, mon Ariel, mon petit oiseau, retourne aux éléments, sois libre ! »
N'oublions pas celui qui plane le plus haut dans ce ciel où son rcve est réalisé, l'incomparable, le divin Léonard. Ah! qu'on \oudraitle \oir ici. jouissant de la vérification de ses calculs ! Une de ses Pensées sur la iXalure, lecueillie dans les Frammenti, nous apprend ({ue s'il se vouapassionnéinent à l'élude du vol des oiseaux, c'était en souvenir de sa première impression d'enfance : il lui avait semblé qu'un milan fondait sur son berceau, lui ouvrait la bouche et lui fouettait les lèvres avec les plumes de sa queue. — Ce grand savant intuitif a tout deviné, tout défini. — (( L'oiseau est un instrument qui opère en vertu des lois mathématiques. Il est au pouvoir de l'homme de l'imiter dans tous ses mouvements, mais non avec une aussi grande puissance... L'âme de l'oiseau commande tous les mouvements de ses membres, ce que ne pourra faire l'âme de l'homme, séparée de ces organes ; surtout dans les mouvements d'un équilibre presque insensible:-. Saisies plus sensibles peuvent venir à
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la coiiiiaissaiirc de l'homnie, et il saura obvier à la ruine de 1 iuslrunient dont il se sera lait l'aiiie et le guide. » — Je voudrais traduire et citer tout le inorceau ; on y verrait avec (luclle précision Léonard prédit le succès possible et en marque les limites.
Aviateurs, témoignez quelque reconnaissance au grand maître de votre art, — car il l'appelait avec son exactitude de langage babituelle un art et non une science, mot dont nous abusons, et qui est sous-entendu dans l'autre terme; — donnez à l'appareil qui triomphera dans votre concours le nom de Vinci ; ce sera justice et piété.
J'étais venu ici avec un certain scepticisme; avec la défiance de l'historien qui sourit devant les perpétuels, renouveaux d'anciens engouements. J'ai grandi près du petit obélisque qui rappelle, à Vidalon-les-Annonay, la première ascension des frères Montgolfier. Cet événement n'a pas eu d'influence appréciable, depuis cent vingt-cinq ans, sur les progrès de la civilisation. Et pourtant, comme il tourna toutes les têtes ! Consultez les écrits du temps, allez voir au musée Carnavalet les gravures, les objets de toute sorte qui attestent l'obsession universelle. — « L'homme maître du ciel! »
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disait-on déjà. Ce fut comme un mystique lever d'aurore, une exallalion affoianle; elle prépara dans une large mesure le messianisnje de 171^9, el par suile la Kévoluiion. On vient d'exhumer le nom oublié de Blanchard, qui, le premier, l'raiichit la Manche par la voie aérienne ; (jnel ne dut pas être l'etlet de ce prodige sur des esprits moins accoutumés que les nôtres aux miracles incessants de l'invention scientifique ? J'étais donc en garde contre les exagérations où tombèrent nos aïeux, avec des raisons de se persuader tout aussi plausibles que les nôtres. Certes, j'applaudissais aux tentatives, ne dussent-elles pas avoir de résultats pratiques, qui instituaient une magnifique école de volonté, de courage, d'intelligence ; comme j'ai toujours applaudi à la conquête de tel lambeau de territoire africain où nous ne ferons jamais nos frais, mais où d'admirables Français trouvent l'occasion de produire et de faire connaître leur valeur; résultat suffisant, plus précieux que les rémunérations économiques et les progrès matériels. — Après les journées de Bétheny, je m"a\oue convaincu, tout disposé à croire que nous tenons enfin l'engin volant utilisable. Je me garderai bien d'entrer dans les considérations techniques; notre collaborateur Frantz- Reichel les développe ici chaque jour avec une compétence que je n'ai point ; je lui laisse aussi, à regret, le plaisir de louer nominativement