DÉCEMBRE 175 I
Ci-git très-haut, mais non puissant seigneur, De Paris brillant Gouverneur.
nu xvmp siècle 245
11 eut laquais, aumôniers, équipages Et des créanciers et des pages; Des autres il mangea le bien.
Mais aux Mans ne vola rien, Et de tous les Pucelages Il n'eut jamais que le sien !
Sur la Direction de V Opéra donné au Corps de Ville, 1749.
Rien n'est si juste, assurément.
Que ce nouvel arrangement ; C'étoit une chose incivile Que l'Opéra rempli d'appas Appartint à toutte la Ville Et que la Ville ne l'eut pas.
Monsieur le Prévôt des Marchands.
Vous ne vous moquez plus des gens Vous embellissez les coulisses.
Vous illuminez l'Opéra ; Faites-nous guérir les actrices, Tout le monde vous bénira.
Monsieur le Prévôt des Marchands.
En étrennes du jour de l'an On vous prépare une perruque De tous les poils de l'Opéra, Qui vous réchauffera la nuque.
Le bas des reins, et cœtera !
Sur les Lieutenants du Châtelet.
Au Châtelet sont maintenant Deux Lieutenants ;
Ces Magistrats si renommés Sont bien nommés :
Monsieur le Lieutenant Civil Est fort Civil,
Et le Lieutenant Criminel Fort Criminel!
Sur M. Séguier.
Faut-il s'étonner que Séguier Dédaigne tout art et métier Pour plaire à sa bergère
Hé bien,
On sait ce qu'il faut faire,
Vous m'entendez bien.
Au Diable ces misères-là !
Il faut, pour plaire à la Desta, Les pommes d'Hespérides.
Hé bien Et les talents d'Alcide, Vous m'entendez bien.
Notre manuscrit contient deux notes : i° « M. Sert guier, descendant du dernier Chancelier de ce nom, » connu par son esprit, ses talents, son libertinage et « son indécence; il étoit avocat général du Parlement; « il avoit fait la chanson Point ne voudrois, etc., et « quelqu'un, l'entendant chanter, fit sur le champ ces « deux couplets; — 20 Mlle Desta, qui vivoit publique- « ment avec M. Séguier. »
Les notes de juillet 1762 adressées a M. de Sartines constatent que :
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« Aujourd'hui, 3i, la demoiselle Lacroix, connue c pour être actuellement la maîtresse de M. Séguier, « avocat géne'ral, pour qui il fait une très-grosse dé- » pense, de'ménage tumultueusement pour aller de- « meurer faubourg Saint- Lazare, près les Récollets, 0 dans la maison appartenant à ce magistrat. Son car- « rosse a été toute la matinée occupé à transporter les 0 hardes de cette demoiselle dans la nouvelle demeure. 0 Au prochain travail, on saura à fond les raisons de « ce déménagement. L'on sait aussi que l'Ambassadeur « de Venise lui a donné, il n'y a pas longtemps, 200 « louis, et c'est peut-être la jalousie qui occasionne ce a revirement de logement. On assure aussi que le e baron de Malkaw, qui a commandé les Croates à la <• dernière guerre, la guerluchonne toujours. »
Une seconde note, août 1762, revient sur le personnage, et les détails abondent; on ne le voit que trop, les brocards spirituels ne portaient pas dans le vide ; ces notes précieuses éclairent les singulières mœurs du XVIIIe siècle; si elles n'avaient pas un caractère de profonde tristesse, ces aventures nous feraient rire jus • qu'aux larmes. Voici la note :
« Malgré le respect dû au caractère de M. Séguier, « l'emprisonnement de Milord Taff fait jaser haut dans « tous les cercles, sur la frénésie amoureuse de ce 0 grand homme pour la demoiselle Lacroix, pour la- " quelle il fait une dépense ruineuse. On prétend que « ce Milord a été arrêté en revenant de la chasse à « l'île Adam, que M . le prince de Conti le considère a beaucoup, et qu'il a été de bien mauvaise humeur " de cette aventure. Des amis de M. Séguier lui ont
b rendu les propos qui se tenaient sur lui à cet égard, n II leur a protesté n'avoir eu aucune part à ce qui « s'est passé. Les parleurs disent qu'il a donné les « moyens de réussir aux créanciers de M. Taff, qui « leur paraissait inattaquable à présent. On ne rend » ce compte que par écho ; ce que l'on assure seule- « ment, c'est que M. Séguier s'est obligé pour une a somme de 4000 livres, pour laquelle la demoiselle « Lacroix était engagée avec Milord Taff envers le « sieur Bugnet. »
Tout finit par des couplets en France, et ces couplets sont instructifs ; nous connaissons maintenant les mœurs du bon vieux temps; si l'écrivain avait le courage de descendre au fond des ruelles, il y verrait la société française en pleine décomposition : il indique et il passe.
Sur les mariages des filles de Samuel Bernard.
O tems! ô mœurs ! ô siècle dépravé !
L'on voit mésallier les plus nobles familles: Mirepoix, Lamoignon, Mole, De Bernard épousent les filles, Et sont les receleurs des biens qu'il a volés!
Le juif Samuel Bernard, en faveur duquel le Roy de France oubliait sa fierté, son dédain pour la Maltôte, jusqu'à lui faire les honneurs de son jardin, jusqu'à lui offrir une rose, ce juif si bien apparenté, fut taxé à quatre millions de remboursement^ il est inscrit pour cette
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somme au sommier manuscrit du procureur-ge'néral de la commission chargée du recouvrement des taxes de la Compagnie des Indes, lisez affaire Law. Veut-on se donner la peine de se demander ce que représente d'opérations véreuses une somme de 4 milions en 171 7? Par quelle somme de notre monnaie faudrait-il chiffrer un pareil remboursement? Samuel Bernard prendra sa place dans notre livre au chapitre qui traitera des gens taxés. Mais peu de finance entra dans les coffres de la Régence ; la taxe fut établie beaucoup plus pour la galerie qu'en vue de la justice distributive.
Sur M. fouillé cTOrfeuil.
D'Orfeuil. transporté de colère
Pour certain cas, S'en vint conter à son confrère
Son embarras.
• Quand je saurai !e téméraire
Qui rit de moi, J'irai de l'insolent derrière
Me plaindre au Roi. »
— « Cher Rouillé, calme un peu ta bile
Dans ce moment, Répond l'ami doux et tranquille,
Au Président ; De ceci, ne fais, et pour cause.
Aucun fracas, Doucement avale la chose.
Ne t'en plains pas.