‹ Les rues de ParisChapitre 2 sur 65 · A TU AVEU S LES ULES · texte numérisé non relu

A TU AVEU S LES ULES

S'il vous est possible d'oublier, un instant, ce vaste abattoir où l'on assomme, avec une croix catholique, les hommes, les consciences et les idées , prenez garde à cet étranger , à cet Italien qui passe noblement sur le seuil du Louvre : inclinezvous devant la majesté du génie ; adorez, avec toute la poésie de votre cœur, un poète que l'on nomme le Tasse, une royauté charmante, que le cardinal d'Esté vient d'introduire à la cour horrible de Charles IX.

Vous plaît-il d'assister tour à tour, à des époques bien différentes l'une de l'autre, à l'empoisonnement de Gabrielle, aux jeux d'esprit du café Procope, ou à la première représentation du Mariage de Figaro ? Entrez vite dans la rue de l'Ancienne Comédie , qui est en même temps la rue des Fossés-Saint- Gennain-des-Prés : vous y trouverez encore la façade de l'ancien théâtre; vous v trouverez le célèbre Café-bel-Esnrit du xvni" siècle, où les étudiants d'aujourd'hui jouent au domino sur la fameuse table de Voltaire. Un pauvre auteur comédien, dont il ne nous sied pas de juger, dans ce livre, les opinions et le courage, la vie et la mort, demeura, durant les premiers mois de son séjour à Paris, dans la rue de l' Ancienne-Comédie : ce fut là peut-être que naquit, dans la pensée et sous la plume du poète, le Philinte de Molière, la meilleure création dramatique de Fabre-d'Eglantine. — Fabre |>aya de sa tète l'honneur d'avoir inventé le calendrier révolutionnaire. Passez par la rue Dauphine , traversez l'immense carrefour suspendu que l'on appelle le Pont-Neuf, demandez la rue des Fosses-Saint- Germain-l'Auxerrois, frappez à la plus belle porte de Fimpasse Sourdis, et vous croirez entendre le dernier soupir de la plus séduisante maîtresse de Henri IV.

Marchons toujours: le cul-de-jatte Scarron riait et faisait de l'esprit, en souffrant, dans la rue de la Tixeranderie; c'est de là que sont sortis le Roman Comique pour amuser le peuple , et madame de Maintenon pour amuser un roi qui n'était plus amusable , suivant elle. Dans cette maison qui fait l'angle de la rue de VEcole-de-Médecine, l'on entendait, il n'y a |)as longtemps de cela , une voix éclatante qui n'était

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n'en niniiis <|Mr l:i voix révitliilioiiiiiiire île Diiiitoii , et, sur le seuil (le «'«'Ile [Mnic, (^limlollc (Icudity ai^iiis;iil jK'ul-èln', :iii

coin d'une l)orne , le couteau qu'elle destinait à Maral. (lelle maison, embellie par le ciseau de Jean Gougon, dans la nin CuUure-Sninte-Cathrriue, c'est Thôtel de Caniavalet, de spirituelle mémoire; c'est la demeure littéraire de l'adorable marquise et de sa fille adorée, la comtesse de Grignan ; .c'est le bureau d'esprit de madame de Lafayette, de La Rochefoucauld, de Bussy-Rabutin, de Fouquet, de Ponponne, de Corneille, du cardinal de Retz et de Gondé ; c'est de l'hôtel Carnavalet, c'esl de la rue Culture-Sainte-Gatherine, par ces croisées que vous voyez encore entr'ouvertes, que se sont envolées, une à ime, le

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