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LE PALAIS- 150 Y AL

du 19 «loùt et le décret impérial du "!*,) du même iimis fraiisléréreiit au Cor[)s législatilles attriliutioiis coiisti1ntioiiii<dles <lu Trihunat. Le Palais- Koyal fut réuni au domaine ordinaire et extraordinaire de la couronne dont il Mt partie jusciu'en 1814. Napoléon ne le visita qu'une seule fois, et n'alla pas au-delà du second salon: rien n'a pu détruire les préventions défavorables qu'il avait contre cette résidence.

La Boiu'se et le Tribunal de commerce y furent abrités comme dans un asile provisoire.

M. Vatout, (|ui a écrit sur les l'ésidences royales un ouvrage auquel nous avons souvent emprunté des documents recueillis et ordonnés avec une intelligence parfaite, peint ainsi le retoui' du duc d'Orléans, actuellement le roi Louis-Philippe, au Palais- Hoyal :

« En 181 i, un auguste exilé revient dans sa patrie; il se présente seul et sans se faire connaître au Palais-Hoyal. Le suisse, (pii portait encore la livrée impériale, ne voulut pas le laisser entrer; il insiste, il passe, il

s'incline, il baise avec respect les marches du grand escalier

C'était l'héritier des ducs d'Orléans qui rentrait dans le palais de ses pères.

Pendant les CciiI-Jokis le Palais-Royal fut habité par le frère aîné de Napoléon, Lucien, i)rince deCanino.

Après cette époijue, le duc d'Orléans, rentre dans la possession des biens non vendus que le prince son père avait possédés à quelque titre que ce fût, s'occupa sans relâche de restaurer le Palais-Royal.

Depuis l'anéantissement du Trihunat jusqu'en 1814,1e Palais-Royal, comme demeure, resta désert; au rez-de-chaussée et dans la cour, étaient, ainsi que nous l'avons dit, la Ronrse et le Tribunal de commerce.

Quelle vie et (pu'l mouvement animaient alors les galeries! Le Palais- Royal était comme une capitale au milieu d'une capitale; la magnificence de ses bouti([ues avait inu' renomnu'e universelle; les deux-mondes en jtarlaient comme d'une pierre dOrient. Les étrangers, les Français des départements, tous ceux qui affluaient à Paris, accouraient d'abord au Palais-Royal; merveille du nnuide, il était regardé comme le temple du goût et de la mode; pour lui tout était oublié et dédaigné; t<uite emplette faite ailleurs qu'au Palais-Royal, dans les rues, comme on disait ordinairement, n'avait aucun prix; l'Opéra-Comique l'avait ainsi voulu. 11 est vrai que rien alors n'égalait les splendeurs de ce lieu; mais il avait d'autres attraits; c'était le centre des plaisirs, dont il avait le monopole exclusif, tant il les avait eiitoui'és d'irrésistibles séductions.

Les i-estaurateurs du Palais-Royal |)assaient, non sans raison, pour les premiers cuisiniers de l'Europe; leurs caves avaient les prémices de tous les vins fameux; le goût, l'élégance et la promptitude du service, ajoutaient encore à ces ([ualiles précieuses. Les cafés déployaient un luxe

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inconmi partout ailleurs; des maisous de jeux préseutaieut à olia(|ue pas les plus séduisautes promesses; des femmes radieuses de jeuuesse et de beauté, brillantes de parure, comme les fées que l'on roit dans les songes, parcouraient les galeries; d'autres se glissaient dans l'ombre du jardin, partout on rencontrait des sourires, de doux appels, des regards prévoyants, el tout le manège d'une volupté qui verra ruiner ceux qu'elle attaque. C'était à se croire sous les portiques du barem ou dans les jardins du calife, au milieu des odalis(pies libres d'aimer et de clioisir. Au premier étage le punch illuminait les cVoisées et ses lueurs redoubla ii'iil l'ivresse des sens; toutes les vitres étaient flamboyantes, et partout éclataient en mille transports divers et sous mille formes, les jouissances, les provocations, le rire, les plaisirs, l'oubli des maux et les plus vives sensations. L'esprit s'égarait et le regard se troublait à suivre ers délices. Au-dessous, dans les caveaux, retentissaient des bruits de fête ; là s'accomplissaient des prodiges d'adresse, ici le concert était exécuté par des musiciens vêtus en sauvages avec de meneilleux roulements de tambour; plus loin des ventriloques mettaient au senice du persifflage et de la mystitication leur art de déplacer la voix; ailleurs des parades les plus amusantes et partout ces œillades enchanteresses, partout ces aimées et ces bayadéres dont la dégradation se cachait sous tant de grâces.

Les galeries de bois, bordées d'une double haie de boutiques de marchandes de modes, dans lesquelles on apercevait des figures jeunes et jolies, à l'éternel sourire, étaient le lieu de prédilection des promeneurs ilu soir. La foule s'y entassait, sans songer à l'aspect maussade, aux ruines humides, au sol fangeux, aux émanations infectes qu'augmentait encore cette multitude d'hommes réunis sur le même point; c'est que, là. les séductions se mêlaient plus intimement à la foule. On a maintenant |)eine à concevoir la liberté du propos de cette époque et l'inconcevable audace du geste et du maintien; il y avait une espèce de convention lassive d(mt personne n'était chocjué. Là, aussi, dans les bouti(pu?s des libraires, s'établissaitlentretiendes lettrés, pendant que de pauvres hères feuilletaient les livres de l'étalage, et happaient sans payer quelques bribes de science. Nous ne savons comment notre pensée, en se re|»orlan( sur ce tableau, éprouve des regrets à faire rougir notre mémoire. (]e sentiment, nous l'avons retrouvé chez tons ceux (pii se rappelleul les galeries de b(»is, hideux et honteux endrctil, l'cmplacê par cette galerie d'Oilcans, monument de marbre el de cristal, liiuiineuse el trans|)arent<-. comme ces palais diaphanes construits par limaginalion.

De ce côlê, les ab(U'(ls du Palais-iloyal elait'iil formés par «l'aliomina- Ides et étroites galeries aux portes piîintes et vitrées; ou s'y |»ri'ci|iilail avec délices; (Ibevet les embaumait des fumées de ses provisions.

La prnmciiadr du l'alais-Hoval clail . pnur lonles les rl.isses. un besoin

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