C.'clail la ivgeiice alors
El sans livperhole.
(iiàcc aux plus drôles ûv corps
l,a ]• lance ctait lotie; Tous les hommes s'amusaieiil.
VA les femmes se prèlaienl A la gaudriole au gué.
A la gaudriole.
Les nueurs ilu peuple reçurent de ces événements une pnd'otnle atteinte; celte faculté soudaine dininée à toutes les classes de s'enrichir sans l'inleniiediaire du travail, cpii reinl l'homme digne de la fortune et modéré à en jouir, excita chez la nniltitude une anil)ition excessive, un goût dangereux du luxe, et lit naître une foule de parvenus étrangers aux plaisirs délicats et livrés à des jouissances grossières et hrutales. Les niississipiens déployaient dans leurs hôtels nouvellement acquis un luxe de mauvais goût; ils avaient des nieuhles d'or et d'argent, des pierreries, des parfums, des fontaines d'eaux odorantes ; ils se faisaient servir des |)oissons monstrueux, des fruits des deux mondes, achetaient des automates merveilleux, et faisaient venir à leurs fêtes des c(Mirtisanes fleniinues, comme les lihertins de la Uome des Césars.
Lue pareille situation ne pouvait pas durer; les niississipiens les plus riches voulurent enhn réaliser leurs monceaux de hillets, et l'emploi ûu y:age en lit reconnaître l'exagération ; mais, dans ce moment-là même, le crime vint se mêler aux chances du système. Ue jeunes seigneurs déréglés, à qui l'agiotage n'avait pas réussi, avaient résolu de voler ce qu'ils n'avaient pas su gagner. Us formèrent, dit-on, le complot d'enlever les portefeuilles, en foiulant l'épée à la main sur les spéculateurs réunis dans la rue Quincampoix. Un crime horrihle, commis avant l'exécution de ce c(unplot, le rendit impossihie.
A l'un des coins fornu's par les rues Quincampoix et de Venise, la même où est étahli aujourd'hui un marchand de vin, il y avait, en 1720. à l'enseigne de VEpéc-dc-huis, un caharet célehre [lar les orgies qu'y faisaient les niississipiens. Antoine de Horn, frère cadet de Maximilieii- Emmanuel. seigneur de Horn et de Loolz, un des plus petits princes d'.\llema}ine et parent du régent. Anloiiu'. disons-nous, chuiiu alors a
l'iiris sons le nom de conile de lloin. s';isso(i;i de Miles, jienlillionnne piéinoiiliiis, el un cert;iiii Kestiiiiji. lils d'iiii hiintjiiier de Touniay, qui se l'aisail iioninier le chevalier d'Estampes; tons trois entraînèrent à ïEpée- 'Ic-hois Lacroix, nn des plus riches mississipiens. sous prétexte de traiter avec lui de la vente d'une terre; ils se tirent ouvrir une pièce dont les lenètres donnaient sur la rue de Venise, et au lieu de traiter avec le détenteur «racticuis, ils l'assassinèrent pour s'emparer de son |)orlereuille. Le meurtre fut commis par de Horn el de Miles seuls; Lestauji^ taisait le guet dans la rue. Lu garçon du caharet , qui était dans l'escalier, entr'ouvrit la porte du lieu où étaient les assassins, vil le crime, reTernia la porte, emporta la clé, et alla répandie la nouvelle dans le caharet de \'Eiiet'-ile-lniis. Lestang, (juand il vit ses complices découverts, (U'it la fuite; il sortit sans retard de Paris, (piitla la France, ei il parait (|u'il passa a la Nouvelle -Orléans : il alla voir ce Mississi[)i , di»nl il avait \onlu vider des actions; de IMiles, à l'aide d'une poutres ipii elanconnail la maison de VEitée-ilc-hois, se laissa glisser dans la rue de Venise, traversa l'église du Sainl-Sepulcre, hàtiesur remplaceineni on est aujourd'hui la cour Halave, et lut arrêté dans le marche des Innocenis; le comte de llorn voulut suivre le chemin (pi'avail pris de .Miles, mais il tomha, se Toula le pied, el <m s'empaia de lui dans la l'ue de Neiiise même. Le «rime était patent, c'elail un assassinai premcdile. Les coupahles de\aieul.' suivant la loi, suhir le supplice tie hi roue, r^nilc la noiticsse enlouia le légenl \nniv épargner au jeune comie de llorn un sup|>li( c inlamanl ; mais le régent résista uoldeimMil a toutes les inslaiires. cl reponilil toujours pai' ce vers de Tantrede :
Lcc-iimc lail la limite cl unii pas rcciialaïKl !
Le duc de Sainl-Simon lui represcnla qm- le comie de llorn elail non seuleuM'iit gentilhomme, mais encore allie aux lauiilles primieres d'Allemagne, lui, Philippe, l'ut im>xoralde ; eulin le duc dil :
— Mais, Monseigneur, M. le comlc de llorn a I honneur ddic \nlic pareni .
A ipioi le rciiciil m (elle lepoiisc si cniiiiiic :
— Ouaud j'ai du giauvais sang, je me le lais lirer.
I aw et Ihihois insislerenl piun* l'aire donnei- un exemple iiiilispeii>ahlc. dans nu moment on tout le monde avail sa rorliiiic eu pditereuillc. Le (omie de llorn cl siui complice de Miles expirerenl Ions deux sur la nuM'
NiMis li'oii\oii>^ dans les uii-iiioires de Miialiciii une anecdote Mii;jiiliere, qui prouve jusqu'à quel pitini le système a\ail iulalue la lialioii e| ,i\eii;;le jusqu'à ceux-là même ipii elaienl dans les secrets de lElal
|,e cliui du sv^teiiie. dll-ll. le liapp.i .Iciii- A iiloine, i;iailil-peie de
Kiie Quincampoix.
\\\}E QL I.NCAMIMUX. 281)
Mirabeau autant et plus rudement qu'aucun autre. Il avait cent mille ecus en contrats sur l'IIôtel-de-Ville de Paris. Enchaîné |)ar la peste (*), il ne put aller lui-même veiller à ce revirement de partie qui n'eut jamais d'exemple, et où les plus habiles voguaient à l'aventure. Le marquis de Castellane, son beau-frère, était à Paris; il était de la cour du régent, et sa femme dame d'honneur de la duchesse d'Orléans. Notre agent s'adressa au marquis de Castellane pour le placement de ces effets remboursés, et celui-ci en acheta des actions. M. de (lastellane se laissa aller au courant qui en entraînait tant d'autres. (Cependant, comme il était dans la plus intime des orgies du régent, ((u'il jouait le jeu de cour et (ju'il avait des amis , il fut instruit à temps : il l'a lui-même avoué à son beau-frère, qui ne lui en fit januiis un reproche. On l'avertit donc en secret que les billets allaient tomber et (|u'il était temps de réaliser, quelle que pût être la marche des eflèts snr la place. Il se transporta à la rue nuin(am[)oix dans l'intention de vendre, et pour son compte et pour celui de .son beau-frere. Aujourd'hui, que nous avons fait de grands progrès dans l'art des friiions de bourse, on sait que, par le moyen du tour de gibecière des coryphées de l'agio, les décris sont toujours précédés par quelque faux bruit qui relève précisément les effets destinés à disparaître peu après. On avait pris, à cet égard, un soin aisément efficace, en un temps où tout le monde était la dupe des mêmes illusions, et où chacun, par le désir de se tromper soi-même, aidait encore a la commune erreur, ou pliilôt à la fureur universelle. L'enthousiasme général gagna le marcpiis de (lastellane, venu exprés pour en profiter et bien averti; au lieu de vendre, il acheta des billets et se noya lui et les effets de mon agent.
Lorsque la débâcle arriva , (luand toutes ces valeurs fictives s'évanouirent dans les mains des détenteurs, M. de Canillac, l'un des plus spirituels amis du regCnt dit :
— Tout cela n'est pas nouveau, et Law n'a rien inventé; bien avant lui, j'ai fait des billets que je n'ai pas payés : voilà le système.
Cette plaisanterie cruelle n'était pas juste; si Law dépassa le but, cela vint de l'impatience de la nation, qui se précipita en aveugle sur un gage dont la valeur, suivant l'intention de Law lui-même , ne devait pas s'élever si haut. L'effet général fui néanmoins heureux : de monstrueuses fortunes s'élevèrent, non sur la misère publique , mais au sein de l'aisance générale. La n(d)lesse paya ses dettes et s'enrichit; l'intérêt tomba au denier (|uatre-vingts ; le nombre des manufactures s'accrut de trois cincpiiemes ; l'agriculture prospéra; et Law, génie malheureux, qui était arrivé en France a\ec une birtune considérable, alla uuturir à Venise pauvre et oublie.
I • L;i pejie do M.irseille 17'J0'
Ul K Ul I.NCAMl'dlX.
[*ent-ètrf' ne convient-il jjcu dv quitler celte ej>o(|ue sans parler d'une femme plus connue aujourd'hui par ses rapports avec les littérateurs du xviir siècle que par ses propres ouvrages. Madame de Tenrin, dont on oublie volontiers la jeunesse hasardeuse pour ne se souvenir que du courage hardi avec lequel elle soutint l'Esprit des Lois, chef-d'œuvre méconnu à son apparition; la seule femme de son temps, peut-être, qui ail dédaigne de s'enrichir durant le système, et la mieux placée néanmoins pour y parvenir aisément. A ce coin de la rue Quin<ampoix ou vient aboutir la nouvelle rue Rambnteau. on voyait encore, il y a (|uel- (|ues mois, un édifice de belle apparence, (|uoi(iue le temps eût jeté ses teintes grises sur les pierres de taille dont il était bâti : d'énormes barreaux de fer garnissaient les fenêtres du rez-de-chaussée, et à linterieui la cour était séparée de l'escalier par un passage étroit, et protège dans toute sa hauteur par une grille de fer massive, précaution prise, il y a plus de cent vingt ans, contre uiu' aggressiou populaire. Aujourd'hui cette maison historicpie vient de disparaître sous le marteau des démolisseurs; c'était là, (|ue venait alois, pour y joindre l'Ecossais Lan. .Madame de Tencin, femme clt';;antc et belle, dont la taille était un peu
voùlee, ce qui venait, disait-elle elle-mêuM", de smi |tieniiei- métier de religieuse, loiscpielleelait plus souvent à genoux (pi'.nilreuieui ; uiaiiresse
RUE Ql «>< A.MIMMX. 2ill
du regenl, plus lard maîtresse de Dubois, el jamais ))assi(tnnee (jue pour ravanceiuenl de sou Irèie, dout elle iil, un cardinal el un archevêque de Lyon. L'abbé de Tencin avait été chargé de la conversion de Law, •jui ne pouvait porter le titre de contrôleur-général (ju'en se taisant catholique, e( la sceur ajoutait incognito sou éloi|ueuce a celle du convertisseur officiel. .\ncieinie religieuse du couvent de Monttleurv, maîtresse d'un cardinal et sœur dun abl)é, elle avail quelque droil à s'occuper de son avenir, ("."était a peu près la seule léuuue (jue Law recul avec plaisir; car, aussi désintéressée qu'elle était alors galante, (dic n'usailpas de son intimité pour demander des actions : l'autcui- du ('oinlc de Comminijcs n'eut jamais (|u"une lortuue médiocre.
Les Parisiens n'oublièrent pas de fredonner leur petite chanson, a propos de la conversion de Law; le peuple disait, eu chaulant. Au nouveau contrôleur gênerai des linances :
(le parpaillot, pour altiirr
'l'onl l'argent rie la l'rance. .Soogoa (l'abord à s'assinei'
Ile noire confiance.
Il fil son alîjuralioii.
l.a fariclonclaiiie. la laridonclon.
Mais le fourbe s'est converti, biribi.
.\ la fa «on de baibaii. mon anii.
L ahbe-( imverlisseui" lut sinudiunie T^z/xJ/zv Tciinii. et l'un publi.i siii' lui le (pi.di'aiii suivant :
1 oin tic ton .tèle SLraj)lii(|iie.
Malheureux abbé de Tencin :
Depuis cjue Law est catiioliqiie.
l'ont le ro\auiiie est ca[)iicin.
Poui ceux qui s occupent de linances, il resuite du système plusieurs ventes; la principale est celle-ci : " Le crédit doit représenter des valeurs '>' certaines et doit être tout au plus une anticipation sur ces valeurs. »
C'est à son application que nous devons les billets de banque.
Cependant la rue Quincampoix, qui avait vu naître et se développer les opérations du système, n'en vit pas la lin. Peu de temps après le supplice du comte de Horn, une ordonnance transporta ce jeu, dont les chances devenaient tous les jours pires, sur la place Vendôme, et plus tard à l'hôtel de Soissons.
L'hôtel de Soissons était situe sur remplacement occupé aujourd'hui par la halle aux blés : le prince de (^arignau lit construire dans le jardin de cette habitation, (pii él;iit l;i sienne, des bara(pies dont chacune était lituée cin(| cents livres par iimis; celle iiit^cuiense la<'on de se créer un
revenu aiiiiiu'l de qiialieuii cinq ceiil mille livies. oltliiil le privilège dime ordonnance qui défendait à 1 agiotage de séhatire ailleurs (|ue dans le jardin de lliôlel de Soissons.
Dés ce moment, la rue Quincampoix devint triste et solitaire; elle perdit des milliers d'habitants; les guérites bâties sur les toits disparurent; les comptoirs abandonnèrent les caves jiour faire place aux bonteilles, et le loyer d'une maison fut bien loin d'égaler l'achat d'un palais. Aujourd'hui voyez-la : l'herbe ne croît pas entre les [)avés comme dans certaines rues de province, mais elle parait déserte, elle a un aspect morne. et mérite la qualification de défilé obscur que lui a donné Lemontey ; un étranger, qui se réveillerait dans la rue Quincampoix, aurait de la peine à croire qu'il se trouve entre les rues Saint-Martin et Saint-Denis, les deux voies les plus bruyantes-et les plus animées de Paris; elle est habitée par les oncles qui ont cédé leurs fonds à un neveu, les beaux-péres jaloux de surveiller un commerce continué par leurs beaux-lils, el (pii veulent encore aller deux fois par jour au magasin du marché des Innocents, où ils ne sont plus les maîtres, mais où ils ont encore un intérêt : c'est un lieu de demi repos, où ils passent deux ou trois ans à attendre que, tout-à-fait dégagés des aflaires, ils aillent se retirer à Saint-liermain ou à Belleville.
La rue Quincampoix n'a |)lus rien (jui la distingue aujourd'liui Avs autres rues; l'intérêt qu'elle inspire, repose donc tout entier sur le r»')|e (pi'elle a joué durant le système deLaw; puisque nous avons em|irnnte en commençant (|uel(pies lignes an concis Lemontey, on nous permelira de rapporter encore la manière dont-il apprécie la ccmdnile des Parisiens, des vrais Parisiens, des Parisiens du bon Dieu, comme dit .lean-.laccpies, durant la période de 1718-20. Voici ses paroles :
« La colonie errante de la rue Quincampoix oIVrait un mélange de tous les j)euples. Parmi les étrangers, se distinguaient les Lorrains, les Flamands, les Suisses el les llaliens. tandis (pie les contingents naticmaux étaient principalement fomiiis par la .Nm'niandie. Lyon, la (iuienne et le Dauphiné. Quant aux Parisiens, le système fut l'idtjet de leurs chansons, tant (ju'il réussit, et celui de leur c(»nliance, dèscpi'il dégénéra. Les natifs de la miMlerne Athene conservereni leur réputation d'èlre les dupes les plus spirituelles de la terre. "
.M\i!ii; .V\(;\i;ii
I, y a deux mille cinq cents ans, les délies, dont la Seine baignait les Imttes de roseaux , rappelaient .1^% ^quan ou le Serpent. Une double ceinture de marais, interrompue " ^ seulement par lesbandes de verdure ti" delà savane méridionale, et de tous côtés bordée de bois , pressait alors ses rives. Ses îles, au nombre de sept, étaient couvertes de glaïeuls, a l'exception cei)endant de la plus grande qubabitaient les Parisis, et (jue deux ponts rattacbaient à la terre. Les premiers navigateurs qui foulèrent ses ondes furent, dit-on, les Phéniciens. Ils vinrent semer sur ce sol vierge les arts civilisateurs de Memphis et de Thebes, bâtir les colonnes du temple dlsis, \ creuser le port de Mercure et ins- ^- pireraux indigènes ce goût du commerce religieusement garde jusqiia l'arrivée des Romains.
Ici commencent les annales glorieuses du fleuve. Labienus, lieu- I,' tenant de César, s'etant présente 1^ pour le soumettre au pouvoir de ^ llouic. lui repousse. Le noble chef (les Parisis . (;anuiio<:(Mir. cauipr
■2Î)'. LKS or AÏS.
dans li's nuiiais (|ni liuiihaieiil an tenipîe ('g\|ilirn. délia loiiijlrmps l,i valeur des légions. Tionipt' néanmoins par une ruse de guerre, il tVanchil le i)elit peut en tneltani le feu aux pilotis cl aux cabanes de son peuple.
Lahienus se trouiil vain(pieui'; mais a travers les l(»inltill(Uis de flamme et de fumée, il ne Jai'da guère à voir ses ennemis logés dans le marais de la rive opposée. .\ussit(U le génie du (;a[)itole inspire le Komain : ses dieux mêmes semidenf eompreudre sa pensée. La nuil arrive el avec elle un orage terrible. les éclata du tonnerre, la pluie à torrents... En ce moment l^abienus s>nd)arque; les sentinelles gauloises étaient accablées »le l'aligne; si elles avaient veille alleniivemenl, elles auraient aperçu a la lueur des éclairs Labienns ti'aveisanl silencieusiMueiil le llenve avec ses légions, tan<lis <jne pour donner le cbaiigc, deux troupes île soldats reniont;iienl à droite et a ganclie en battant l'eau avec leuis rames, (ie liiuit tromjKi (lannilogene; il crut que les Homains avaient divise leur armée en trois corps pnur le surprendre, il divisa aussi ses forces et fut Italtu. Les l'arisis |M'rdiieiit leur géneial el leur liberté; le llenve perdit >ou nom; les Honuiins, latinisant son vieux type celti(|ue. ra|)pelerenl
ScillKIIKl .
Us cliangereni aii.ssi le nom de l'espèce de liiinsc ou association commerciale (pi il>i liuuverent établie; el comme le c(unmerce paieau rendant mailci' des lleuves. était d une liante im|)iirlaiice pour ta consolidation de la piii.ssance romaine, c est vers ce pniiij capital ipiils toiirnerenl leiii- politiipie.
lue noii\elle ligne fut organisée .^oiis le nom de collège des .\(ii(li's; {es sevirs. élus de la dite, en lirenl partie; on y comitta des decemvirs. <les deciirions. des (piesleuis. des cbevaliers et pisqu a des senaleuis. Les cliefs. seuls magistrats de la Seipiana. >'ai>pelaienl ciiraleiirs. et, a ( e (pi'il parait. Seimiii. La faveur exli'aordinaire dont les ent«Mira Koine et les privilèges (|u"elle leur piodigua en t(mte occasion leur lit dminer la superbe dénomination tie (di|)s tres-splendide des .\(ii(trs.
.Mais ces bonneurs ne faisaient que dorer la servitude de la Sctimnui : les voiles ipii se dep|o\aienl sur ses ondes lui pesaient c<»mme un p)ug lomaiii: iiialgic I aiiioni d'iiiMnip«'reiir. maigre les éloges du |)liilosopbe Cduioune, elle coulait, el coula buiglemps. escla\e, eiilie l'autel dédie a Tihrrc " par ses propre> i iiraleurs. et le porliipie ou s airèlaieni le> b.mpies p( iir pa\er le liibiil a César ** .
Le Cinquième siècle \inl I alVraiicbir el lui fane jouer le pi'emier n'de dans la li-^iie commerciab- qui devait èlre |»lus lard I Jlôlel-de-N ille ; mais lirdas ' ( el|.' piii^pri itr ne dura pas |on;;|rmpS. !• Ile .i\ail deja eiileudu le>
' Sur ri'ni|i!arciiii'iil 'Ir .Nnlii- It.iiiii ") On MHil {)■> tniil> lin l',il;ii>
I,KS Ol A IS 2!»:.
cris (les barbares et le bruit loinl.iiii de leurs juiiies ; toiil-;i-t(tii]j le galo)) (les chevaux frappa ses rives; on vil rouler des nuages de l'umée ; on vil jaillir les étincelles de l'incendie, puis une multitude de lluns, les cheveux tressés comme des couleuvres ; d'IIérules, lesjouesverdàtres comme l'écume de la mer, s'elauca vers la Seine avec des hurlements affreux : ces fils du vautour avaient à leur tète le géant au coursier noir, à l'épée exterminatrice, Attila, fléau de Dieu.
La Seine alors sauva Lutece. Il seleva de ses ilôts un brouillard si épais, si ténébreux, qu'Attila ne découvrit ni les toits de chaume, ni les tours du château de César , et qu'il passa.
Apres lui vinreiil les Franks. Chassés deux fois, ils reparurent avec la bannière du Christ; et, vêtue de sa robe blanche, la fée druidique eui beau couvrir la Seine de pirogues pour nourrir les Parisis, les Senani eurent beau secouer le bouquet de glaïeuls imbibé d'eau lustrale sur l'autel du Serpent, lenr ancien dieu lutélaire, la fee fut impuissante, et Sequan demeura sourd ; il fallut se soumettre aux Franks.
La destinée du Tibre de la ville blanche est modifiée de nouveau. Ses curateurs, ses nautes échangent leur titre privilégié contre la dénomination plus modeste de //'^Mtf francique. La Seine devient chrétienne ; mais en se mirant dans ses eaux, la Croix les a faites vassales. Elles appartiennent désormais à l'évèque et aux moines de Saint-Germain, dont le cloître s'élève sur les ruines du temple d'Isis.
Trois siècles se passent ainsi : la Iténédiction de saint Denis niulti|)lie outre mesure les habitants écaillés du fleuve. Le long des îles du pasteur, des treilles et des mottes sans nom qui s'éparpillent cà et la couronnées de joncs et de roseaux, les pécheurs passent sans cesse avec leurs filets pleins. L'abondance était si merveilleuse qu'un auteur contemporain la relate en ces termes :
« Les poissons fourmillaient dans la rivière comme les ondes dans la » mer; même cette rivière n'était pas un petit rempart et défense pour » les murailles de la ville, car elle environnait de toute la largeur de ses » eaux toute la largeur et circuit de l'île. »
Une nuit cependant, un des pécheurs ne put retirer ses filets. Il appela ses compagnons ; on traîna la proie sur la grève, etquand les mailles fureii i ouvertes, les poissonniers se regardèrent avec terreur. A la tète blonde et chevelue de la victime, à sa robe de pourpre souillée à demi de \;ise. ils s'écrièrent: c'est un prince! 3Iaisdès que l'un d'eux eut fait signe au coup de poignard qui avait déchiré la robe, tous éteignirent promptement leurs torches, abandonnèrent le cadavre sur le sable, et a |teiiie si dans le bruit des rames (ui entendit ce mot niurniure à voix basse : Frédégonde!
Longtemps après celte nuit funèbre, un de ces s|tecl;icle> (pion ne
•i% LES QUAIS.
voit (luiine fois dans un siècle, mit en émoi les Parisiens : les deux ponts de bois de la Seine s'écroulaient soiis les coups de hache, le port Saint-Landry était bordé de barques, la voile gonflée, les rames prêtes à partir au signal : mais ces barques ne portaient pas la banderolle bleue et rouge de la ligue commerciale; l'étendard au champ écarlate, aux larges abeilles d'or, flottait à tous les mâts. Chaque vaisseau était plein de soldats et de lances. Tout-à-coup, les cloches de la basilique et des couvents s'ébranlèrent; l'évèque, suivi processionnellement du clergé de toutes ses églises, s'avança et bénit une à une les trente-huit eudiarcations qui partirent avec Charles-le-Chauve pour aller disputera ses frères le champ de bataille de Fontenay.
A ce choc succéda une alarme plus effrayante encore : dans la sainte semaine de 845, une flotte de barbares apparut dans la Seine. Jamais pareille vue n'avait consterné les Parisiens. Des pirogues formées avec les grands arbres du Nord, creusés par le feu, ou seulement de peaux de boHif (jue tendaient en les recourbairt des baguettes de chêne, remontaient la rivière au nombre de six-vingts. D'autres peaux grossièrement cousues servaient de voiles : une nuée d'hommes demi-nus, aux blonds cheveux, aux traits féroces, les poussaient avec de longues perches.
Toute la cité frémit en reconnaissant la tribu barbare du Danemarck, et ce seul cri : Les .Normands, les Normands! mit tous les habitants en fuite.
Les lils d'Odin entrèrent donc dans la ville abandonnée comme autrefois les Gaulois nos pères dans Rome; le jour de i)àques, au lieu d'être une fête solennelle et joyeuse, fut un jour de pillage et de deuil.
Charles-le-(îhauve arriva eulin, non point en empereur, non en lils de Charlemague, mais en marchand. Il n'osa en appeler à l'épée de son père, et traita avec ceux qu'il devait combattre. Sept mille livres d'argent pesées par sa lâcheté renvoyèrent les Normands.
(]ette rançon obtint onze ans de trêve. Au ujois d'août de 85t>, par une chaiule matinée, les Parisiens entendirent bouillonner les eaux de la Seine; ils regardèrent avec terreur vers le moustier de Saint-Germain, et, a travers les joncs, les roseaux, les herbages de l'île de Jérusalem, ils revirent les fatales pirogues. Personne ne les attendit; la Seine demeura seule le triste témoin du sac et du pillage. Tout h' jour, elle vit dévaster et voler sa ville, puis, ((uand la nuit t(unba, un large cercle de feu se réfléchit de chaque côté dans ses flots. Les N(uinan«ls s'embar- (|uaient aux lueurs de l'incendie en poussant des clameurs de triomphe, les Parisiens y rêpondaiciil p;ir des pleurs en ut- rcliduviiul plus <pie les cendres de leur cité.
\ pai'tir de cfllc ('|in(|nc , et ius(|ii a CJMiIrs-lc-SiMiplc . ('rsl-ii-dirc pcndiinl cinipi.iIltr-qiMitlc .ills. j.i liillr coiiliiiii;! ;i\cr les Nui iiliinds : l;i