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((lit' de lui arriii-lit'i-leiioni qu'elle tenait de l'oyre de Corse, et de lui rendre sa (leuouiination de laucien régime. Les voltigeurs de Louis \I\ se senlaieul mal a Taise sur ce terrain, témoin irrécusable de ce que pesait la main calleuse du peuple, et tout plein encore des grandeurs impériales. La .Madeleine transformée davance de Temple de la Gloire en Église Catlinli(|ue Apostolique et Romaine, étalait en vain comme un reproche aux regards ses diapitau.x grecs et son fronton inachevé. L'Arc-de- Triomphe était trop lourd à hnir : la velléité de le dédier aux exploits du duc d'Augoulénie ht peur aux plus hardis ; l'on n'osa même pas aborder sur place la (piestion dangereuse du régicide, et l'on alla cacher le monument expiatoire derrière les chantiers de la rue d'Anjou-Saint-llonoré. Heureusement encoretpi'nne autre Italienne a hérité de rÉlysée-Bourbon; et, toute veuve que la faite le cmiteau de Lonvel, elle contiiuie les traditions gracieuses de Pauline Horghése, en dépit du pavillon Marsan.
Si vous voulez trouver de la vie et du mouvement sur la place, tournezvous du côte du vieux palais IJourbon, devenu la Chambre des Députés. Les libéraux sont là, attendant Fo\ et Manuel, au sortir delà tribune, pour leur batlic des mains; ils ramènent en triomple l'illustre Mercier (pii, le matin, a traverse la place, simple sergent de la garde uationale, et (|ui revient "rand citoven. La haie se forme autour du carrosse dcMllele, mais c'est un refiaiu de lîerauger (|ui siffle aux oreilles du ministre gascon. Ne plaisantez pas li(i|) pourtant avec ces enthousiasmes et ces colères : 1850 va l)ienlùt en mettre à nu le côté sérieux. En vain, tous les souvenirs et toutes les gloires du [)assé cherchent à se rallier par une doul)le haie de grands hommes, (pii forme un cortège immobile aux honunes du jour; mais le pont (pii les porta deux années les relègue bientôt à \ersailles.el Suger, pas plus que Bavard, Duguesclin ou Coudé, ne sont tenus de renvoyer, du haut de leur piédestal , l'écho de nos assemblées législatives. Le sanctuaiic est [tassé |)ar lùen des révolutions : c'est à peine si l'on se. souvient (|u'il dépendait, au coumiencement du siècle dernier, de l'abbaye de Sainl-C.ermain-des-1'rés et faisait suite au Pré-aux-Clercs. Maiuleiiaul il faut iiller plus loin (piaiid on veut se coui»er la gorge, et le (luel.lra(pie de toutes paris, el par la loi, el parles forlihcations ne trouble même plus la paix du bois de Htmlogne, terrain de mano'uvre (pi'alTeclionueul les élus du joclvei-club et de la fashion, ainsi (pu' les commis mardiauds el les suruunu'raires. (pii m- sont genlilshommesel centaures (piun jour sur se|)l. Le vrai duel, le duel entre le passé el le présent continue; le dernier Suisse, qui fuit vers Sainl-(^loud, emp«u-le encore uiu' l'ois le uoiu (Ir la place.
Mais les revolulioMsoul beau faire, le peu|di' n'abandonne pas ainsi ses
liabiludes de langage, ri les vainqueurs de Itaud illel ne piMU-ronl l'ien
roilire la hrauuie mu/'UioltM jiniipie de ipialir uioN el de deux cbinVes.
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Ici finirail notre liisloire, si nous n'avions encore le Lnxoret >L Tliieis. A celui-ci l'honneur d'avoir em[torté iVassaut, griices au budget, le dernier coup de main qui manquait à la Madeleine, et à l'arc triomphal de l'Etoile. Tenons-lui compte aussi de toutes les intentions architecturales qu'il a semées dune main prodigue, pour réparer, coûte qui coûte, l'avortement de Gabriel. Cette fois encore le petit est resté maître de la place; mais en revanche on l'a multiplié ; si bien que de haut, l'on croirait voir les compartiments d'un immense jeu d'échecs avec un pion colossal au milieu. Respect toutefois à cette grande aiguille rouge, qui semble dépaysée et perdue sur ce pavé boueux. Pauvre pierre, qui date de Sésostris, et que l'on a arrachée à ses sables, à son soleil, à ses Bédouins qui venaient le so*ir planter à ses pieds les piquets de leurs tentes, pour la jeter, à grand renfort de millions, au beau milieu de nos becs de gaz, et de nos cochers de fiacre, et la donner à garder à uu invalide ! Encore voulaient-ils , les profanes! lui atteler une machine à vapeur pour la dresser sur leur morceau de granit armoricain. Respect et pitié pour elle! Peut-être verra-t-elle un jour Abd-el-Kader et ses tidéles Arabes la saluer en passant à la suite du jeune ducd'Aumaleet du général Bugeaud.
Avant d'en finir, traversons encore la Seine, marchons à gauche, non sans payer un tribut d'éloges à l'admirable bas-relief de M.Pradier. et n'oublions pas le délicieux petit hôtel élevé par M. Visconti à la famille Collut, dont je n'aurais mènu' |ias demandé le nom, alors que toute la monnaie de France lui passait par les mains ; mais on ne saurait montrer trop de reconnaissance au financier, loi'squ'il soulève le bandeau de la fortune pour distinguer riiomme de goût et de science, qui jette au public, un monument de plus et se crée des droits aux remercîments de tous en servant si bien les fantaisies d'un seul. Plus loin, l'hôtel de la Légiond'Honneur, dont l'exiguite ne laisserait pas soupçonner une fabrique si féconde en rubans, car s'il fallait estimer par millimétrés ce qui s'en est répandu, tant en France qu'à^l'étranger, il y aurait de quoi, je pense, conduire une zone élastique, de Paris jusqu'à Pékin. Tout prés s'élève ce monument de création moderne, qui renferme le Conseil-d'État et la Cour des Comptes. L'aspect général en est triste et sans caractère, son style est de ne pas en avoir, et en cela l'artiste s'est fait une originalité négative qui ne le place pas au-dessus du maître-macou dont linlelligence pratique a choisi la forme d'un coffre à avoine, pour bâtir l'hôtel des Gardes-du-Corps. C'est maintenant la caserne d'un régiment de cavaleriequelconque; mais celte revue rétrospective nous entraîne trop loin, il faut revenir à notre point de départ.
Là Paris ne domine point seul : il y a convié les villes les plus impor- I.TUles du royaume, ses amies et non ses rivales. Elles occupent les places d'Iioinieur avec les ;iltril>iit> i\r li'iiv puissance cl de leur spécialité.
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iv ne detii.uulcr;)! pas si Marseille a été mise sous les yeux du ministre (le la marine j)Our lui rappeh'r les graves exigences de la Méditerranée; si Brest, (|ui, tant bien (jue mal, représente l'Océan, ne trouble pas parfois son sonnneil; je sais seulement qu'il y a une de ces statues, la reine de toutes, qui fait battre le cœur comme si c'était une femme, la belle des belles, peu importe le nom, propriété banale qu'un autre IMiidias a étalée aux yeux de tous , sans avoir la conscience de son • euvre, sans se douter (|u'au milieu de la foule elle a fait une passion a part, <pii vient se briser contre une pierre et ne croit pas à la fable de l'ygmalion, Uévolutions avenir! brisez toutes les autres, si bon vous semble, mais respectez celle-là, il faut qu'elle vive pour conserver aux siècles futurs l'idée de la grâce et de la forme, ainsi que nous la donnent les restes mutilés de la Vénus de Milo ! Somme toute, ce n'est que l'image d'une ville : Strasbourg, je crois. Heureux ceux qui y entrent; heureux ceux (pii en sortent sans souvenir et sans regret !
Passons aux Invalides, si nous voulons nous guérir de ces mauvaises pensées esthétiques. Pauvres vieux! le 15 décembre 1840 fut un grand jour pour NOUS. J'ai cru que les lions (pii veillent à la porte des Tuileries allaient rugir, que les chevaux de marbre allaient enfin s'échapper, que l'École militaire, (jue la colonne de la place Vendôme, que l'Arc-de- Triomphe , voire même la grande per|)endiculaire qu'on appelle l'Obélisque, se mettraient en lu'anlc pour aller au-devant des cendres de .Napoléon. Uien n'a bouge et le calme plat est passé siu- cette tempête de souvenirs. L'apothéose est consomnu'e, à d'autres maintenant; que les destins s'accomplissent! Tu. Ib uktïi..
(MiiGi>E (le cette rue ne remonte l),is au-delà de 1786; elle prit son
'V; nom de Lepelletier de Morfontaine, prévôt des marciiands. à l'époque (in elle fut construite.
Les premiers temps de son existence n'offrent rien deremar(|uable; reniement tant que dura la période rcxolutionnaire on voit figurer les "VJ grenadiers de la section Lepelletier
^dans les rangs royalistes, ou plutôt, I comme on dirait aujourd'hui, coji.sf?"vateurs. C'est sous cette couleur qu'ils se montrèrent au !'> vendémiaire, au l'^prairial et au 18 fructidor.
L'illustration de la rue Lepelletier date de l'époque où elle eut l'honneur de posséder notre premier théâtre lyrique. Voici un court iiistoriquedes pérégrinations du grand opéra de Paris depuis son établissement : Il fut représente d'abord à l'hôtel de Nevers, dans la salle de la bibliothèque du cardinal Mazarin, puis transféré successivement aux Tuileries, dans la salle dite des Machines,— rue Mazarine, dans la salle du jeu de Paume, vis-à-vis la rue tluénegaud.— rue de Vaugirard
7>1'1 niK I.KHELLKTIKH.
près du Liixenibourg. En lG73,iipres la luuit de .Molière, il vint occuper la salle du Palais-Royal, dans laquelle avaient ete joués la plupart des chefs-d'œuvre de l'immortel écrivain. Celle salle fut détruite par un incendie, le G avril 1705, et maguifiquement reconstruite sur un plan beaucoup plus vaste, aux frais du duc d'Orléans. Le 8 juin 1791, un second incendie dévora ce bel édifice. Le grand opéra songea alors à s'établir sur le boulevart Saint-3Iarlin, et par un prodige inoui en architecture officielle, une nouvelle salle la même qui existe encore aujourd'hui, fut commencée et achevée dans l'espace de six semaines.
Mademoiselle Montansier, ancienne directrice de la comédie de Versailles, ayant fait construire un vaste théâtre sur l'emplacement de l'hôtel Louvois, rue Richelieu, le gouvernement révolutionnaire eu fit lacquisition pour le Grand- Opéra, et l'inauguration eut lieu le 15 juillet 1794.
La musique et la danse trônèrent dans ce temple pendant vingt-quatre ans, c'est-à-dire jusqu'en 1820. Après l'assassinat du duc de Berri, frappe le 15 février à la porte de rOi)éra,au sortir d'uiu' représentation du ballet du Carnaval de Venise, el mort dans le foyer de la danse, la Restauration fitfermer, puis démolir le théâtre de la rue de Richelieu. On éleva sur le lieu même un monument expiatoire, (|ue la révolution de juillet a abattu pour y substituer une belle place et une magniliipie fontaine.
Afin d'abriter Euterpe et Therpsicore ivieux style,, on construisit, rue Lepelletier, une salle qui fut appelée provisoire et inaugurée le 10 août 1821. Après vingt-deux ans, ee provisoire existe toujours, mais par comparaison combien de choses dites permanentes ont dis|)aru dans ce même laps de temps.
Le théâtre actuel de la l'ue Lepelletier, bâti stuis la direction de M. Debray, a été dès son origine l'objet de beaucoup decriti(pu\ en raison surtout de son aspect peu monumental. Ainsi, dans les premiers temps, lorsqu'un provincial demandait le grand Opéra, les mauvais plaisants lui repondaient : « rue Lepelletier, la deuxième porte cochère à main droite. •■
On attribue généralement l'invention du grand Opéra à deux Florentins, le poète Ottavio Rinucci fit le signor Giacomo Corsi, gentilhomme el excellent musicien (|ui, au commencement du xvr siècle, firent rejjresenter avec un immense succès sur le théâtre de la cour du grand-duc de Toscane une pièce lyrique à grand spectacle, intitulé A'.v Amours d' Apollon et de Cireé. (Chacun sait (jiie c<> genre de spectacle fui introduit en France par le cardinal iMazarin, mais avec des pandes, de la nnisiqiie et des chanteurs Italiens. L'abbé l'errin, successeur de Vdilnre, dans la charge d'introducteur des ambassadeurs aujifès de Gasl(ui d'Orléans, l'ut le piemier qui osa hasarder des vers d'opéra eu français. Il débuta \),\v une pastorale on cinq actes, jouée a l'hôtel de Neveis en 10.V.>. La nnisi(|Uf l'tail de la c.(unpositioii de (iamberl. oi-gauisle de Sainl-lldiiori' el iulen-
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(lanttle la musique de la reine mère. Les chroniques de iépoquo s'accordent à dire que ce premier ;;oè7)ie était fort médiocre. Hélas! d'après la teneur de certains libretti modernes, on serait tenté de croire que l'ombre de l'abbé Perrin plane encore parfois sur ses successeurs!
Le 28 juin 1669, l'abbé Perrin obtint des lettres-patentes « portant per- » mission d'établir en la ville de Paris et autres du royaume, des acadé- » mies de musique pour chanter en public pendant douze années des » pièces de théâtre comme il se pratique en Italie, en Allemagne et en » Angleterre. » Les premiers musiciens et les premiers chanteurs du grand Opéra français furent tirés des églises cathédrales , principalement dans le Languedoc. N'est-il pas bizarre que ce spectacle, éminemment profane, qu'on a appelé depuis un lieu de perdition, ait été inauguré par un abbé et par des chantres de lutrin.
L'ouverture eut lieu en mai 1671, \mi' Pomone, opéra en cinq acies, paroles de l'abbe Perrin, musique de Gambert. Cette nouvelle entreprise se vit, au bout de quelques mois, menacée d'une complète déconfiture. En 1672, le privilège fut transporté à Jean-Baptiste Lully, et l'on sait à quel degré de splendeur et de prospérité l'illustre musicien, aidé de la collaboration poétique de Quiuault , porta bientôt le Grand-Opéra.
Par lettres patentes de Louis XIV, il fut permis à ce Florentin, ûonl La Fontaine a trace le caractère peu magnitiqne, « d'établir dans la bonne » ville de Paris une académie royale de musique, pour y faire des repré- » sentations des pièces de musique qui seront composées tant en vers ') français, qu'autres langues étrangères, même celles qui auront été re- » présentées devant nous; fesant expresses défenses à toutes personnes, de » quelque qualité qu'elles soient, même aux officiers de notre maison » d'y entrer sans payer ; et d'autant que nous l'érigeons sur le pied des » académies d'Italie, où les gentilshommes chantent jmbllquement enmu- » sique sans déroger, voulons et nous plaist que tous gentilshommes et » damoiselles puissent chanter auxdites pièces et représentations de notre » Académie royale, sans que pour ce, ils soient censés déroger au dit litre de » noblesse et à leurs privilèges. »
Quel honneur pour le blason amoureux de l'Opéra !
Il parait qu'à cette époque le privilège royal conférait des pouvoirs tout-à-fait autocratiques, ou que du moins Lully l'interprétait ainsi, car il traitait ses artistes absolument comme des serfs. On raconte que la première chanteuse, mademoiselle Hochois, ayant déclaré qu'elle ne pouvait continuer à répéter le rôle d'un opéra du compositeur-directeur, par la raison qu'elle se trouvait dans une situation intéressante, comme disent les Anglais, Lully lui lança brutalement un coup de pied dont l'actrice faillit ne pas se relever.
De même, si aux repétitions nu violoniste de lorchestro manquait