HUE PIERRE- LESCOT
trichiens, Prussiens, Cosaques, Ta r tares, venaient là jouir à leur manière des plaisirs de la capitale. A leurs chefs, le Palais-Royal ; à eux, les ruelles voisines. Quelle joie pour ces barbares de sentir la main d'une femme souriante passer dans les poils hérissés de leur barbe rousse ; qu'importe l'odeur qu'ils exhalent, l'argent ne sent pas le suif! Caresses, agaceries, rien n'était épargné pour plaire à ces sauvages qui jetaient sur les tabliers, les chaînes d'or, les boucles d'oreilles, les bijoux, fruits de leurs rapines. Aussi vit-on les tils des Huns pousser, comme leur aïeul Attila, le plaisir jusqu'à l'apoplexie, et se tuer de luxure. La rue Pierre- Lescot coûta à l'armée msse autant qu'une bataille. Au milieu de ce hideux dévergondage, on cite un trait qui démontre que la fierté n'abdique jamais complètement au cœur des femmes. Une malheureuse tille séduite, et tombée, par suite de l'abandon de son séducteur, dans l'abîme de la prostitution, échut à un sous-officier cosaque dans le partage d'uni; nuit. Parmi les bijoux que son vainqueur faisait, en vrai barbare, reluire à ses yeux, elle reconnut un médaillon de famille que son frère, sergent dans la garde, portait toujours sur son cœur. Pour l'en dépouiller, il avait fallu le tuer. La pauvre tille était obligée de se livrer au meurtrier de son frère. La résistance était impossible, mais non pas la vengeance. Pendant que le cosaque assouvi se livrait au sommeil, Judith prit un des pistolets d'OIopheme et lui brûla la cervelle. Le lendemain elle tit l'aveu complet de sou crime, et des motifs qui l'avaient guidée. Elle mourut eu prison.
Après la révolution de juillet, la rue Pierre-Lescot obtint une vogue nouvelle. Les premières années qui suivirent ce changement furent le dix-huitième siècle de la bourgeoisie. On aimait aussi à s'encanailler. et comme le romantisme avait mis le moyen-âge en odeur de sainteté, on choisissait de préférence, pour faire l'école buissonuière, les lieux qui rappelaient les mœurs du vieux Paris. A ce titre, la rue Pierre-Lescot eut les honneurs d'une exhumation complète. Les étudiants, les clercs de notaire, les hommes de lettres visant à la porte Saint-Martin, se réunissaient là pour broyer de la couleur locale, et faire les truands. On allait dans la rue Pierre-Lescot voir la maîtresse de M. Coco, premier valet de M. Sanson, tourmenteur juré de la bonne ville de Paris; on la regardait «le loin , et après cette orgie, on rentrait chez soi mettre la dernière main à un roman intitulé la Heine des Gourgandines. X cette époque il n'y avait plus ni saltimbanque, ni prostituée, ni mendiant; ou était amoureux d'Esmeralda, on voyait partout des Chantefleuries, on donnait un sou parisis au grand Coësre. L'argot commençait à poindre dans la littérature. et l'on prêchait ouvertement la réhabilitation de la chair eu prenant du punch rue Moiisignv. Vous comprenez en quelle haute estime devait être la rue Pierre-Lescot chez les amateurs de poésie et de philosophie pilto-
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resques. Aujourd'hui cet engouement n'existe plus, et la rue Pierre- Lèsent est redevenue ce qu'elle n'a jamais cessé d'être, c'est-à-dire un des plus complets échantillons de la misère et de l'abjection parisiennes/
En traversant la rue Pierre-Lescot on s'aperçoit qu'elle n'a rien perdu de sa physionomie impériale. Les devantures de boutiques, les enseigne», les ustensiles dont on se sert dans les cafés datent encore de 1806. Entrez dans la boutique de ce marchand de bric-à-brac, vous y trouverez des pendules à sujets mythologiques, des fauteuils avec des aigles sculptés, des vases d'albâtre, des canapés carrés en velours d'Utrecht jaune, toute la défroque enfin des tapissiers de l'empire. Pendant le jour, cette rue n'offre rien de bien curieux; elle est morne, silencieuse, obscure, il n'y a là-dedans que des industriels nocturnes, des logeurs et des filles publiques ; je ne parle pas de cet établissement de bouillon hollandais qui est venu se fourvoyer, on lie sait trop pourquoi, dans cel endroit, et dont l'air honnête jure avec la mine peu engageante des autres établissements, hôtels pour la plupart sur la porte desquels on lit,' eu caractères à demi effacés : Ici on loge à la nuit.
Le prix de la couchée varie depuis dix jusqu'à trente sous, suivant qu'on demande une chambre tout seul, des draps propres, ou qu'on se contente d'un lit de sangle dans un dortoir. 11 y a dans certains hôtels une salle où l'on ne paie que deux sous ; il est vrai que pour tout lit on a le sol, pour oreiller la muraille; des cordes transversales séparent les dormeurs en deux rangs, s'il est possible de dormir en un tel gîte. Quel pandémonium de figures bizarres, de vêtements délabrés, doivent présenter ces tristes chambrées ! Les uns entrent eu chancelant et se laissent tomber, ivres d'eau-de-vie et de fatigue, sur le pavé boueux où ils s'endorment bientôt; ceux-là sont les heureux de l'endroit, les habitués du logis. Ils ont passé leur soirée dans quelque estaminet borgne, occupés à boire l'argent gagué, Dieu sait dans quelle industrie, et maintenant ils cuvent leur vin ; d'autres, groupés dans un coin, causent à voix basse et d'un air animé en montrant un paquet que l'un d'eux cache sous sa re* diugote : ce sont des voleurs qui attendent que le jour soit venu pour aller partager le produit d'une affaire dans quelque carrière de Mont* martre. Voyez- vous là-bas, adossé contre le mur, cet homme qui, les bras croisés contre la poitrine, l'œil fixé au plafond, a l'air de réfléchir profondément; ses traits, jeunes encore, sont cependant flétris avant l'âge; ses vêtements ne sont pas déchirés, mais souillés de boue, c'est un ouvrier qui fait le lundi depuis trois semaines, et qui voit venir le moment où, après avoir dissipé ses économies dans de crapuleuses distractions, il va être obligé de rentrer dans l'atelier. C'est le remords qui tient ses yeux ouverts. L'insomnie de son voisin ne peut être attribuée à la même cause. Nonchalamment assis sur sa redingote qui lui sert de
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coussin, les mains cramponnées à la corde qui marque la frontière des deux royaumes, il balance le haut de son corps et regarde d'un air stupide le bout des semelles de ses bottes qui laissent voir un lambeau de lias; croyez-vous qu'il songe aux moyens de se procurer des bottes neuves? eh, mon Dieu, non ! notre homme est un ancien habitué du Cent- Treize devenu joueur de poule ; il rêve, tout éveillé, qu'il carambole à la roulette, et que la rouge sort dix-sept fois de la blouse. Un vieillard en cheveux blancs profite du peu de clarté qui règne dans l'appartement pour coudre son pantalon lézardé de toutes parts; un enfant de dix ans, aux cheveux blonds, à la figure délicate, sommeille appuyé contre le vieillard ; la fièvre de la misère a tracé un cercle bleu au-dessous de ses yeux ; le |MUvre enfant murmure quelques paroles entrecoupées; il rève peut-être à sa mère; mon Dieu ! qu'il soit heureux pendant quelques instants. Mais non, les lourds barreaux qui s'en tre-croi sent derrière la porte retombent avec fracas, car, quoiqu'on paie h l'avance, l'hôtelier, par prudence, croit devoir retenir ses hôtes prisonniers toute la nuit, la serrure crie sur ses gonds: Héveillez-vous, gens qui dormez, et montrez vos papiers aux sergents de ville; la police veut savoir s'il n'y a pas parmi vous quelque assassin, ou tout au moins deux ou trois voleurs. Le chef de la patrouille fait avec soin sa tournée dans la salle; personne n'échappe à son coup-d'œil vigilant, et rarement sa visite s'achève sans qu'il n'envoie quelques individus passer le reste de leur nuit à la préfecture. Après le départ de l'escouade, la porte se ferme, la chandelle s'éteint, le silence et l'obscurité régnent dans ce dortoir de la misère, sur lequel s'appesantit une atmosphère tiède et nauséaltonde comme celle que l'on respire dans les magasins de vieux chiffons.
Dans la maison voisine c'est une autre scène. Minuit vient de sonner; le trottoir est abandonné ; ses habitantes ont regagné leurs pénates en compagnie de leurs hideux amants. Suivez de Ytv'il cet homme qui évite la clarté, et se glisse silencieusement le long des maisons; le voilà qui s'arrête et fait entendre un faible sinieineut. Aussitôt une lumière parait à une fenêtre, une porte s'entrouvre, il va entrer; tout à coup des hommes cachés s'élancent sur lui et le garrottent, non point sans essuyeriinevigoureuserésistance.Ce rôdeur nocturne est un assassin qui s'est soustrait jusqu'à ce jour aux recherches de la police; il ne rentre à Paris que la nuit et dans de rares intervalles; quelque agent aura surpris le secret de son rendez-vous, ou bien sa maîtresse l'aura livré elle-même; en tout cas, c'est l'amour qui l'a perdu. Au tumulte occasionné par cette lutte, toutes les croisées se sont ouvertes, et les compagnons du prisonnier, ses complices peut-être, la ligure éclairée par les reflets vacillants d'une lampe fumeuse, regardent partir, avec colère et stupeur, cet homme qu'ils n<> reverrout que sur l'echafaud
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ni aucun détail particulier de sa vie, ni l'époque de sa mort ; mais qu'imporle le coin île terre où est né l'artiste qui honore tant un pays? qu'importe comment a vécu, dans sa propre maison, celui dont l'existence laborieuse se révéla par des chefs-d'œuvre comme le portail de Saint-Gervais v qu'importe la mort d'un homme que ses travaux rendent immortel!
Soyons plus juste, sinon plus intelligent que la biographie : saluons . en passant dans le jardin du Luxembourg, l'ombre illustre de ce grand architecte qui a nom Jacques de Brosse.
Entre le Palais de la Pairie et le Palais de la Science, entre ces deux masses de pierres, l'œil s'arrête agréablement sur des tapis de gazon, sur des plate-bandes fleuries, sur des quinconces épais, sur un vaste et pur bassin où se prélassent des cygnes gracieux, sur de longues et vertes allées de marronniers alignés comme des soldats.
L'allée de l'Observatoire, la plus belle des allées du Luxembourg, prend ce nom à partir des deux lions classiques que le bon goût de M. de Gizors, architecte du Palais des Pairs, ne tardera pas sans doute à faire descendre de leurs ignobles piédestaux. La ligne de clôture du jardin était encore, vers la fin de l'empire, à ces deux lions fabuleux; et jusqu'à l'époque où furent supprimés les ordres monastiques, le terrain occupé aujourd'hui par l'allée, jusqu'à la grille de l'Observatoire, appartenait presque entièrement an couvent des Chartreux.
Dés que Jacques de Brosse eut achevé le palais du Luxembourg, Marie de Médicis, désirant un peu d'air et d'espace autour de sa belle construction toscane, céda, du coté sud-ouest, aux bons religieux, deux fois plus de terrain qu'elle ne leur en demandait à la partie nord de leurs propriétés. Rois et reines ont dû toujours faire bonne part aux hommes de Dieu ! Avec de pareilles transactions, si le couvent ne s'arrondissait pas, il s'étendait du moins ; ce qui ne l'empêcha pas de payer bien médiocrement l'histoire de Saint-Bruno, cette admirable galerie de Lesueur, au sein de laquelle l'auteur alla finir ses jours attristés , comme un père se réfugie dans sa vieillesse au milieu de ses enfants.
L'alignement général qui a établi une seule pente, de l'Observatoire au palais du Luxembourg, est un des plus magnifiques embellissements dont Napoléon ait doté Paris. Depuis la révolution, toute cette avenue, si plane aujourd'hui, était livrée aux décombres. Les remblais avaient commencé, a la vérité, sous le Directoire, mais ils n'allaient pas vite. Napoléon imprima aux travaux une grande activité, et une circonstance politique les mena à bonne fin.
Après les désastres de Russie, l'empereur se préoccupait beaucoup des ouvriers de Paris. Il appela au palais des Tuileries le préfet de police, M. Pasquier, auteur d'un rapport secret sur la population ouvrière, prête a se soulever, assurait-il. faute de pain.
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— No peut-on, lui dit l'empereur, procurer de l'ouvrage a ces braies gens?
— Sire, repondit le préfet, pour satisfaire toutes les classes ouvrières <|iii souffrent, il faudrait beaucoup de commandes.
— Eh bien! reprit Napoléon. <|iic l'on aille, au faubourg Saint- Antoine, commander des meubles pour tous les monuments de la couronne; qu'on parquette le Louvre; tous les travaux seront à ma charge; ma cassette y pourvoira.
— Sire, c'est bien pour les ouvriers a rabot, à marteau, a industrie particulière, et la sollicitude de votre majesté se signale en cette occasion comme toujours; mais que ferons-nous des ouvriers qui n'ont que leurs bras?
— N'avez -vous pas de grands ouvrages de terrassement à faire exécuter?
— Il serait bien facile d'en trouver, sire... Mais ces ouvrages se paient au comptant,., et de l'argent?
— Vous êtes préfet de police. Vous devez savoir où il y en a. ou yoii> ne savez pas votre métier.
— Sire, la caisse du Sénat contient quatre ou cinq cent mille francs.
— Qu'on les prenne. Le premier corps de l'Etat doit, après moi, donner l'exemple des sacrifices en faveur du peuple de Paris. Que la Couronne et le Sénat nourrissent la classe ouvrière; ce ne sera, après tout. qu'un prêté rendu.
II n'y avait pas à répliquer Les cinq cent mille francs furent
<kmandés.
Les marteaux retentirent, les rabots gémirent, les scies crièrent dans toutes les salles du Louvre, au milieu des houras de vive l'empereur ! des milliers de bras furent employés aussi à niveler l'allée de l'Observatoire ; mais nul n'y cria vive le Sénat !
Quand il puisa dans la caisse du Luxembourg, M. Pasquier ne s'attendait pas à devenir pair et chancelier de France : il est même probable qu'il donnerait sur les doigts de M. Delessert, si celui-ci osait aujourd'hui ouvrir les coffres de la pairie avec les rossignols de la police, pour donner de l'ouvrage aux ouvriers de Paris. La pairie est peu prêteuse; aussi croyons-nous qu'elle saurait conserver ses économies beaucoup mieux que ne le fit le sénat conservateur.
A la droite de l'allée de l'Observatoire, depuis les lions jusqu'à la grille servant de clôture au jardin, on voit une vaste |>epiniere, triste eoupd'œil à l'époque où ces milliers d'arbres, rangés par familles et dépouille* par la froidure, figurent, à s'y méprendre , des plantations d'echalas ou de balais; mais d'un aspect ravissant, au contraire, quand le feuille, en se développant, fait d** ce bas-fonds comme un immense
Ki
4L LEE Kl AVKM i:
fa jus terl à compartimente, sm injuri glisse l<- regard des promeneur*
Le terrain inférieur, disant pendent k octui-ci, sons i.i coutre-alléi pam-be. ost occupé |»ar on jardin ou les étiquettes, écrites en latin, ii*alisenl d'éclat atee les B rtunjârdia botanique aemol au* études
.1rs élèves <l*' la Faculté.
Cette hHBgai admirable allée de l'Observatoire, est parconnte
quotidiennement pai lei ration du faubourg Saint-Germain, plus baut placés qui ceux du Mania sur l'échelle hiérarchique du trou ef du sine. Ceel la promenade (taorilo dee jugée fatigués de leur sommeil de l'audience, des conseillers retraitée, il» atoeats invalides : on pourrai! la nommer /n petite provennt de Tbeuiis. L»'* amateurs d'antiquités peuvent v iller vint huis lei soin, «le ->\ s buil heurts tocluaiveineuU la dernière culotta rxmrte de Paris, portée par un honorable prefeaseui de I école <i«
droit. Le* douillettes pure, ces paletot* élégant* île non aveu*, y encore visibles par les belles gelées de février; enfui, on y suit de I œil Cttriostlc, comme une » Ims»- il autrefois, le dernier des carlins, tenu en laieae par la dernière des cbaftOteeeses. qui emportera avec elle dans ii tombe cetuiliipie survivant d'une espère delruid-
Parmi tous ces pei-Muina«;r> É la démarche put! et no>uree, l'allée de l'Observatoire est \iTpnirnl arpentée, trois foi* par semaine, le
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dimanche, le lundi et le jeudi , par des couples joyeux d'étudiants el de grisettes, qui vont, d'un pas rapide et dégagé, heurtant du coude et du langage, juges impotents et douairières pudiques. Eh bien ! franchissons avec ces hardis et aventureux voyageurs, la grille du Luxembourg, cette limite du inonde, ce necplus ultra des promeneurs habituels. Elançonsnous aussi dans X avenue de l'Observatoire.
Au son du piston qui retentit, les couples légers s'envolent sous les quinconces à la gauche de l'esplanade; ils se précipitent dans un établissement rival de la Chaumière. glorieux Saint Bruno ! qu'est devenue votre sévère 67iar*raue>Qu'a-t-on fait de votre discipline? S'ils revenaient au monde, ces moines de votre ordre rigide; s'ils parcouraient ces lieux consacrés par eux à la prière et au silence, où éclatent aujourd'hui les cris de la folie, les rires immodérés, que penseraient-ils, hélas!... que diraient-ils devant ces danses lascives, à l'aspect de cette licence que ne peuvent comprimer des escouades de sergents de ville?... Encore une fois, liélas!... ils s'envelopperaient dans leur froc...., s'ils ne le jetaient point aux orties !
Notre pudeur ne nous permet pas d'entrer dans ce lieu de perdition ; mais, comme le paysan qui risquait un œil, nous avons osé y jeter un regard furtif et curieux:
A la Chartreuse comme à la Chaumière» l'élève en droit joint à l'étude des six codes la pratique du code de l'amour; l'élève en médecine vient y faire son cours de phrénologic . en étudiant les protubérances sur nature; bien d'imprudentes jeunes tilles y commencent ou y entretiennent, eu formant la chaîne, de coupables liaisons Et l'hospice de
la Maternité esta la dislance d'un carré de contredanse....; et l'hospice des Enfants trouvés est à la longueur dune course de galop....; et à quelques pas plus loin, est le Couvent des Filles repenties !..
Mais, comme pour me distraire de ces tristes réflexions, une voix me crie gare ! et une énorme boule, lancée avec vigueur, passe à deux lignes de mou tibia. Heureusement le joueur n'était pas adroit; il m'a manqué. Ouelle imprudence, aussi, d'aller me planter sur un terrain dévolu aux joueurs de boules ! Os quinconces ne sont-ils pas leur propriété? Les dynasties finissent, les trônes s'écroulent, les révolutions s'accomplissent ; et ces honnêtes citoyens restent impassibles, sous le fardeau de leurs houles jumelles... plus forts qu'Atlas qui n'avait qu'un monde à porter.
— Depuis quarante ans ce sont les mêmes joueurs, me disait un jour un habitant du quartier.
— Oui, lui répondis-je ; comme le couteau de Jeanuolétait toujours le même couteau. Tantôt le pointeur abdique le cochomt pour cause de rhumatisme, el un pointeur en expectative prend alors sa place ; tantôt le Imifur meurt de vieillesse et cède ses boules à un surnuméraire. Aujoiir-