‹ Les rues de paris: Paris ancien et moderneChapitre 29 sur 77 · JUILLET · texte numérisé non relu

JUILLET

Aujourd'hui, le marbre qui portait cette inscription est placé dans la cour de l'hôtel, de manière à ne pouvoir être vu de ceux qui passent dan* la rue.

L'hôtel dont nous parlons est devenu un des monuments de Paria. Si vous courez dans la grande ville, pour la première fois, et qu'il tous plaise de visiter cette noble et populaire demeure , interrogez un pauvre de la rue, et il vous indiquera aussitôt la maison de l'illustre et charitable banquier : l'histoire la rendra immortelle, et la poésie n'oubliera pas que Bé ranger a composé quelques-unes de ses admirables chansons dans l'hôtel de M.Laffitte.

Kr<;ÈNK Cuihot.

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i. voyageur rétrospectif dans la nuit historique du Paris originaire , du Paris gallo-romain* vous laisse/ tomber sur cette période lointaine les reflété d'une vive imagination île ! poète on d'artiste, l'espace qu'occupB&t iaijotird'hui la rue et le faulumi>: Saint* Antoine vous apparaîtra rouvert de mare rages ou de sombres forets, dont les cimes se découpent dans le* eaux encore pure»

et transparentes de lu Seine* Peulèlre apercevrez-vous la jeune druidesse, proscrite par le paganisme des dominateurs de lu l.aulr. tra-

versant d'un pttd furiif ce bois,

naguère sacre, où la laueilkd or Ht peut plus qu'a la dérobée moissonner le guy, ce présent si cher au* dieux des dettes. Vovcjê-vous ladtas briller, à travers la feuillée, des casques romains? (le sont les légionnaire» d'un Ces» r qui pmirsuiveut, qui traquent comme de* hèle* fauves les dernier* *«H'tateur* du d nudisme.

Mais déjà la corruption » cet auxiliaire puissant des» peuple* civilisé* qui suUjugurnl les na lions primitives lu corruption a conquis le* | Parisien*, eu dormit leur tunique, en le* enivrant a la coupe de*» \o-

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luptés romaines, en faisant asseoir leurs princes dans ce sénat où tout patriotisme vient se cacher et mourir sous la pourpre patricienne. Ces délicieuses villas, ces palais bâtis en marbres de Parus, et qui blanchissent çà et là les coteaux qu'on nommera Ménilmontant, Charonne, Montreuil, appartiennent en grande partie à d'opulents Gaulois, fiers de n'être pas moins corrompus que les proconsuls romains dont ils se sont faits les scrviles courtisans.

Ces splendeurs de la décadence d'un empire ne seront pas de longue durée : nous voici au cinquième siècle ; cette voie romaine qui suit la direction dans laquelle on bâtira un jour la rue Saint-Antoine, va favoriser l'invasion des barbares du nord ; en ce moment, les chrétiens surgissent en foule du midi , plus puissants par la croix du Rédempteur, que les Sicambres par leur terrible francisque!

A la fin Rome est tombée; mais la Gaule n'a fait que changer de domination : Clovis lui a donné de nouveaux maîtres; la féodalité a grandi vite. Ce ne sont plus d'élégantes villas qui couronnent un hémicycle de collines sur les bords du fleuve : des nids crénelés, à l'usage de ces oiseaux de proie que Ton appelle des seigneurs, ont remplacé les palais en marbre. Au fond des coteaux , on s'agenouille devant une croix taillée dans le vieux manoir gaulois ; l'oratoire invite à la prière, dans un temple payen , et la flèche du monastère rallie les populations; là-haut, on règne par la violence; ici-bas, on gouverne par la persuasion.

A la fin du douzième siècle, l'espace que nous parcourons était bien changé: les chênes sept à huit fois séculaires étaient tombés; le marais avait pris l'aspect d'un champ cultivé, au milieu duquel s'élevait une sainte retraite dont voici l'origine. Foulques de Neuilly professait une fol vive; il avait visité le tombeau du Christ, tantôt comme guerrier, tantôt comme pèlerin, et la grâce l'avait éclairé. Ses prédications le faisaient renom* mer à la cour de Philippe-Auguste; il guérissait toutes les maladies par la seule imposition des mains, il donnait la lumière aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la parole aux muets, et, chaque jour, il opérait des miracles. Malgré tous ces dons surnaturels, Foulques de Neuilly, sans doute pour agir plus efficacement sur l'esprit des Parisiens, s'associa Pierre de Roussy, autre prédicateur dont l'éloquence n'était pas moins persuasive, puisqu'il avait converti des usuriers. Cet orateur sacré s'appliquait surtout à tirer des voies de perdition « les folles femmes qui » s'abandonnaient, pour petits prix, à tous, sans honte ni vergogne. » Ceci est plus croyable : on doit convertir aisément ce vice qui n'est que la grimace de l'amour; mais le chroniqueur du douzième siècle ne nous a pas dit si Pierre de Roussy convertissait les femmes vraiment amoureuses.

Quoiqu'il en soit, les prostituées, après avoir entendu nos deux prédicateurs, se coupèrent les cheveux, abjurèrent leur infâme métier, et devinrent sages jusqu'au plus fervent repentir. On les vit faire des pèlerinages pieds nus et en chemise; ce qui dut paraître plus humble qu'édifiant. Enfin, un grand nombre d'entre elles s'étant jetées dans le sein immaculé de Foulques de Neuilly, furent réunies par lui dans une maison qu'il fonda sous le nom de Saint- Antoim-des-Champs, et qui, ayant pris un accroissement considérable, devint ensuite une abbaye royale. De riches donations ayant été faites à ce couvent , il y eut à défendre, contre les incursions des pillards, deux espèces de trésors : les richesses proprement dites , et l'innocence des nonnes. Ce fut apparemment pour assurer cette double conservation, que, vers la fin du quatorzième siècle, l'abbaye de Saint-Antoine fut environnée de fortes murailles, dans lesquelles vinrent se resserrer, sous la forme d'une espèce de bourg, les

habitations précédemment éparpillées aux environs du monastère Du

haut de ces murailles, les manants qui faisaient le guet virent un matin, an jour naissant, s'élever et se rapprocher dans la plaine deux tourbillons de poussière. Bientôt on vit étinceler des armures, et les premiers rayons du soleil se brisèrent sur des casques aux cimiers dorés et aux panaches flottants. Puis on distingua une double chevauchée venant de deux points opposés; elle se joignit sous les murs mêmes de l'abbaye. On était en l'an de grâce 1465; la guerre dite du bien public avait éclaté; les grands vassaux de la couronne, las de subir la foi punique du cauteleux Louis XI, s'étaient ligués contre lui: Charles de Bourgogne, dit le Téméraire, était l'âme de la coalition; mais chacun des deux partis redoutait les chances de la guerre; on venait traiter, en se promettant de violer des conventions qui n'étaient pas encore

signées Pénétrez avec nous dans ces groupes de guerriers : voici

le roi; vous l'avez reconnu à son pourpoint rapiécé, à son chapeau de feutre décoré pour lui seul d'une petite madone en plomb, qu'il rend complice de ses attentats. Vous l'avez surtout reconnu à son regard fauve, au sourire toujours équivoque qui crispe ses lèvres minces et flétries. Prés de Louis se tiennent le maréchal de Gamache, le comte de Vendôme, et le terrible Tristan, qui, de son regard de vautour, semble convoiter les princes coalisés, pour garnir, de leurs cadavres sérénissimes, le gibet de Montfaucon, qu'on aperçoit là-bas sur le coteau. Dans l'autre groupe, voilà Charles le Téméraire : il s'est fait violence pour venir à ce rendez-vous; ce prince connaît trop bien son adversaire pour croire à ses intentions pacifiques. Il a plus de confiance, le chevalereux Bourguignon, dans le cri de ses hérauts d'armes : franchise, bien public, décharge du peuple! Autour du vaillant guerrier se pressent ses alliés: Jean le Bon. duc de Bourbon, le duc d'Alençon. Jean d'Anjou.

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duc iltHialaluf, Jacques d'Armagiue, duc de fteutottris le mm d kllin >

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Auloinr, «l.uiir niimrmin. ni tihvr, voiilul \ mener 11 vie d'une mune^se il li Btfmda de celle galante époque- L'archevêque de l'aria, la cour m intervinrent pour arrête! on pieux déportements de toutes le* mondaines ; n« «r rtVftcjfine.i|ui, selon Grès set, et! un feu ya

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