HUE ET FAUBOURG
la maison des Antonins avait été érigée en commanderie ; celle-ci fut supprimée en 1624, mais vers 1689, ils firent reconstruire les bâtiments de leur communauté. Ces religieux d'une piété douteuse portaient, sur leur robe blanche, le Tau ou figure du T, en étoffe bleue. Plus tard, réunis à Tordre de Saint-Jean de Jérusalem, ils quittèrent le costume monacal, et portèrent la croix de Malte à la boutonnière d'un habit séculier. A la révolution, les Antonins n'étaient plus, depuis long-temps, que des hommes inutiles, à moins qu'on ne leur tînt compte de la cour assidue qu'ils faisaient aux dames chanoinesses.
Qui n'a pas entendu raconter, dans sa jeunesse , les énormités commises par la tyrannie derrière les sombres murailles de la Bastille, cette citadelle formidable qui se dressait, toujours menaçante, entre la rue et le faubourg Saint-Antoine? Elle fut construite en 1369 par l'ordre de Charles V, sur l'emplacement d'une porte qu'avait fait élever le prévôt des marchands, Etienne Marcel, sous le règne précédent. La Bastille présentait, en regard du boulevart , quatre grosses tours réunies par d'épaisses courtines : entre les deux tours placées au milieu de cette façade, s'ouvrait une porte armée de herses, d'assommoirs, de mâchicoulis, de meurtrières, et devant laquelle s'abaissait un pont-levis, sur un fossé large et profond. La façade opposée, située vers l'est, offrait également quatre tours ; les deux façades se liaient par les courtines du nord et du sud, qui n'étaient flanquées d'aucune tour. Au milieu de la forteresse, régnait une vaste cour que remplissaient en partie les bâtiments de service.... c'était là que l'on dressait un échafaud pour les exécutions secrètes : là fut décapité le maréchal de Biron, le 51 juillet 1602.... Cent quatre-vingt-sept ans plus tard, le peuple devait avoir aussi son juillet à la Bastille, en attendant qu'un second juillet populaire vint marquer la place d'une colonne triomphale, sur le sol où pesa, durant prés de cinq siècles, ce monument redoutable.
Que vous raconterai-je de la Bastille, qui n'ait pas retenti cent fois à vos oreilles? Vous dirai-je que la faction des Bourguignons l'assiégea, b prit sous Charles VI, et en tira vingt prisonniers, qui furent ensuite massacrés sur la place du Chàtelet? Consignerai -je sur cette page que le conseiller Broussel, cet instigateur quasi-innocent de la fronde, devenu toutà-coup guerrier, de robin qu'il était, se vit un moment gouverneur de b Bastille, dans cette guerre où le burlesque domina le tragique? Enfin. faut-il vous redire, après tant d'historiens, qu'au pied de cette prison d'état, deux grandes fortunes militaires se prirent corps à corps en 1650 : Turenne et Condé s'y mesurèrent, et l'armée du dernier ne dut son salut qu'au canon de la Bastille, tiré, par ordre de Mademoiselle de Montpensier, sur les troupes du roi.... Aussi ce canon-là, vous le savez, tua, dans la pensée vengeresse de Mazarin, le dernier des maris à la
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1*2 11 L K ET FAlBOlItC
(|ui avait blessé au vif madame de Pompadour. Que de naturels impressionnables se sont épanouis, au récit des intelligentes consolations qu'une araignée sensible prodiguait à ce captif! (pie de collerettes soulevées par de sentimentales palpitations, à la lecture des malheurs, des souffrances intimes du sieur de Latude, et des essais dangereux qu'il fit pour en abréger la durée !
Voilons, croyez-moi, ces tableaux lugubres; laissons aux moralistes le soin de livrer à l'indignation de la postérité la scandaleuse émission des lettres-dc-cacbet; nous voulons vous montrer la Bastille sous un plus riant aspect. Peut-être Voltaire et Richelieu n'ont-ils habité ensemble cette prison d'État que dans un joli vaudeville, joué il y a quelque trente ans au théâtre de la rue de Chartres; mais il est certain qu'ils y ont séjourné l'un et l'autre : le premier, pour avoir trop écouté sa verve satirique à l'endroit du jeune Louis XV; le second, pour s'être montré trop peu galant envers sa propre femme... Où en serions-nous, bon Dieu! si l'on emprisonnait encore pour une satire ou pour une femme? Tandis qu'Arouet charbonnait, dit-on, sur la muraille de sa prison, le récit épique de la Saint-Barthélémy, le brillant Fronsac parcourait la plateforme du fort: il agitait son mouchoir blanc, pour saluer toutes les belles dames qui venaient, par centaines, admirer, de loin, ce joujou de leurs passagères tendresses... Vous savez qu'à cette époque l'amour se donnait d'assez franches coudées : c'était la contre-partie des vices hypocrites du règne précédent. Ce fut à la Bastille que la très spirituelle et très laide mademoiselle Delaunay expia le tort honorable d'avoir été fidèle à son ambitieuse maîtresse, madame la duchesse du Maine, avant, pendant et après la ridicule conspiration de Cellamare ; le séjour de mademoiselle Delaunay dans cette prison d'État, nous a valu un des épisodes les plus charmants du livre qu'elle nous a légué, sous le titre de Mémoires de Madame de Staël.
Quelques années avant la révolution, le spirituel mais trop acerbe Linguet fut mis à la Bastille : d'ordinaire, un emprisonnement calme peu la bile du prisonnier; le célèbre avocat écrivait ab iraio on factura contre ses incarcérateurs, lorsqu'un homme grand, pâle, maigre, fluet, entra dans sa chambre. La présence de ce singulier visiteur lui déplut assurément :
— Que me voulez-vous? lui dit-il, avec I accent d'une mauvaise humeur très-expressive.
— Monsieur, je viens...
— Eh! parbleu, je vois bien que vous venez; mais c'est fort mal à propos.
— Je ne dis pas, Monsieur; c'est que je suis le barbier de la Bastille, et je venais...
SAINT -A VI u| NE
l< i |i Figaro ii<*s prisounioi •> d'Etat termina ^ phrase, en imprimant n doigts, sur son menton* rm monvemenl de rotation 1res signifiratît
différent, mon cher; si Me»J pmifueeovj :-/-/.. El l-niLiiri se remit .» écrire Quelqui 5 pins lard, « « rai le peuple <jim m* chargea ■!■• cette
opération; h !»• rasoir dont il se servit le 1i juillet 1789, rosotant d»* vieilles institutions dans les cinq années suivant***, qu'il n'en resta pal mi.' debout Kn I7*.M), on ne voyait pins que des ruinée sur l'emplsrmiTif 0e l:i Bastille; sons la domination des législatures revota* tfomairee* nu s célébra sonvont des Wea rivkfnea : les Pfcrieteni aep- Knmirtinrtil d'une statue de la Héçénératiom* grosse ligure itu formes athlétiques, au visage joufflu, i m un nuit, tomme uni*
liberté îles poésies de Buriner; l'eau claire, qui coulait des énoi inomeiieti de i*elte immense déN il pour les mauvais plaisanta
Gsubourg le symbole de pt ravaus de PAsseniMée
uite, Vous parlerai -je des monuments dont l'élévation sur la hit* lui surcessivemenl décrétée On bitiratl on noBToau Ips première* frierm qui, dani las plus rariaMes intentions enmnéfnerativo*, hrral posées en ce Ben par les diverses puissances rtitionnelle* , tlirectori molaires et impériales Enfin, h*
peuple, 4e la pointe du ptaive qn*H saisit quelquefois dant l'intéi