‹ Les rues de paris: Paris ancien et moderneChapitre 45 sur 77 · II U E ET PASSAGE · texte numérisé non relu

II U E ET PASSAGE

s'enivraient et menaient une vie dissolue; si bien qu'au lieu d'être des exemples d'édification pour les fidèles , elles n'étaient que des objets de scandale. Aussi nue réforme fut bientôt nécessaire; le nombre des recluses, qui était d'abord de deux cents, fut réduit de moitié, la règle devint plus sévère, la surveillance des autorités ecclésiastiques plus rigoureuse, et on parvint, ou à peu près, à transformer ces indociles pénitentes eu religieuses.

Mais le couvent des Filles-Dieu avait du malheur, et il semble qu'une cruelle fatalité ait toujours pris à tâche de contrarier les bonnes intentions de ceux qui l'avaient institué. A peine des traditions de piété et d'expiation commençaient-elles à s'y établir, que les environs de Paris devinrent la proie de ces bandes indisciplinées, qui les ravagèrent tant de fois à cette époque; c'étaient tantôt les compagnies, tantôt les Anglais, tantôt ces ramassis de brigands qui n'appartenaient à aucun peuple, à aucun pays.

On peut juger combien ces invasions de soudards brutaux et effrénés portèrent de désordres dans le monastère et nuisirent aux bons effets des prédications. C'étaient tous les jours nouvelles violences, nouveaux pillages; la peste et la famine qui sévirent si souvent à Paris et dans les alentours pendant les 13 me et 14 m * siècles, ne contribuèrent pas peu au relâchement forcé des mœurs; enfin, sous Charles V, une grande catastrophe termina cette première phase de l'histoire des Filles-Dieu : leur maison fut prise, pillée et brûlée par les Anglais, et elles furent elles-mêmes dispersées pour quelque temps.

Néanmoins la pensée qui avait présidé à l'établissement du couvent des Filles-Dieu était trop sage en elle-même, et Paris a contenu, en tous temps, trop de folles créatures, susceptibles de chercher un refuge dans une maison de ce genre, pour que celle-ci fût supprimée. Aussi ne tarda-t-on pas à construire un nouveau couvent beaucoup plus vaste et plus beau que l'ancien, et cette fois il fut compris dans la nouvelle enceinte de Paris, que venaient de tracer les États-Généraux, pendant la captivité du roi Jean. Il s'élevait précisément à l'endroit occupé aujourd'hui par les passages du Caire, et il était appuyé a la muraille. De la sorte, il était parla iteineut garanti contre les ennemis du dehors, et il ne devait plus avoir a craindre que les ennemis du dedans.

Mais, comme nous l'avons dit, cette institution avait du malheur, et les efforts de ses protecteurs, pour améliorer les recluses, semblaient toujours tourner à leur démoralisation plus prompte. Le désordre se mit donc de nouveau dans le couvent des Filles-Dieu ; sans doute, ce défait être une rude besogne «pie de convertir des pécheresses comme on en trouve encore aujourd'hui dans Paris! Bref, une seconde réforme devint bientôt nécessaire, et. pour arrêter les débordements des recluses, on les assujettit... à la rè^le de Fonlevrault. c'est-à-dire, à l'ordre monastique

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