‹ Les rues de paris: Paris ancien et moderneChapitre 51 sur 77 · MANCHE DES INNOCENTS · texte numérisé non relu

MANCHE DES INNOCENTS

précaution de l'emplacement qu'il occupait, cl transporte au milieu de l'ancieu cimetière, que Ton venait de convertir en marché. Plus tard, des restaurations et même des additions ont été faites à la fontaine des Innocents. Les lions posés aux quatre angles et les cuves massives dans lesquelles l'eau tombe d'une sorte de coupe antique, ne se combinent heureusement ni avec le style général du monument, ni avec les sculptures légères et gracieuses de Jean donjon; cependant, aux regards d'un juge peu sévère, c'est là un ensemble qui ne manque ni de grandeur, ni d'élégante majesté.

H ne nous reste plus à esquisser que l'histoire du marché des Innocents; histoire bizarre, nuancée de tous les tons des tableaux de Callot, de Teniers ou de Kcmhrandt. Cet espace, où vingt générations s'étaient endormies du sommeil éternel, devint, en 1788, une annexe du inonde grossièrement pittoresque qu'on nomme la Halle; ou vit s'avancer jusquelà des étalage trop odorants, des parapluies ministres et des échop|>es mobiles, ayant pour point d'appui l'abdomen des marchandes qui ne pouvaient prétendre au titre quasi-aristocratique de Dames de la Halle.

Sous le règne des distinctions sociales, il existait en effet une grande distance entre ces deux espèces de femmes, qu'il fallait bien se garder de confondre sous la désignation vulgaire de poissardes. Maintenant encore la dame des marchés est un astre dont la revendeuse a éveil taire n'est que le pâle satellite. Itcgardous un peu ce qu'il y a de cossu, de huppé dans la première : le point de Valenciennes encadre son visage haut en couleur; une chaîne d'or ruisselle eu triple contour sur sa robuste poitrine; le fin mérinos ondule sur ses hanches puissantes, et vingt bagues scintillent à ses doigts rouges et courts. Elle dissimule à l'oreille de Monsieur le chef su voix naturellement rauque; elle la réserve tout entière pour les phases orageuses de sa profession ; elle module eu sous flûtes ces mots ronflants qui accentuent le dialecte local et qu'elle adoucit bien vite, pour caresser de son mieux le nerf acoustique de M. l'inspecteur. La seconde est coiffée d'un humble madras; ses traits sont hâves et amaigris; la mince toile peinte l'habille en toute saison, et jamais le plus |ietit cordonnier revendeur «le la rue de la Tonnellerie n'enlève sa pratique au sabotier du voisinage. Elle lutte de jurons et de lazzis obscènes avec le boueur ou le récureur dégoûts, lui tient tète pour boire la goutte. et vous fait entendre des accents comparables au grincement d'une scie... Cette femme mourra sous l'éventaire, à moins qu'une beauté rebelle à toutes les excentricités de sa carrière laborieuse, ne la |>orte un matin au rang de daine de la Halle, sur l'aile de l'amour, cet enchanteur à qui toute métamorphose est facile.

Lorsque le marché des Innocents fut établi, plus d'une marchande de poisson, plus d'une bouquetière delà pointe Saiut-Eustache se souvenait

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d'avoir disputa en tangage poissard avec ir joyeus Vadë, qui avaiJ (ail di* la Halle son véritable Pâmasse «>u sa rappelait boo babil d'êcarial

teste bro dée, sa i miette noire, ses bas de soie blancs rwpectén j»nr I»* datais les plus mal-appris de l'endroit ; 1rs balayeuses ftdmtl ment l>r

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Plus d'une fois, avant la reudulion de KO, les parapluies-modelés du marché «1rs Innocents durent servît de salles de conseil, de collèges elr» toraux en plein tant, pour II < lion de dette Efemeaee députation le I gardes <pij avait le privilège «le s'introduire dans 1rs appartement -

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grandes dames d'un jour. Si II royauté elle-même daignait les it,nt< puissance a puissance; chose étrange, les Charbonniers ri U^ Poissarde* ont joué un rôle dans l'histoire de la monarchie française, la ploi de tontes les monarrfiii

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