‹ Les rues de paris: Paris ancien et moderneChapitre 55 sur 77 · HUE ET QUARTIER · texte numérisé non relu

HUE ET QUARTIER

généreux qui n'avaient pas voulu les abandonner, lorsqu arriva Martine, procureur du roi au Châtelet, suivi de ses commissaires et serments. Un des ministres descendit pour ouvrir la porte au magistrat; il supplia Martine de protéger les femmes contre la fureur de cette populace qui était là, frémissante et écumant de rage de ce que sa proie allait lui échapper.

Hommes, femmes et vieillards sont aussitôt liés deux à deux pour être conduits au Châtelet. Le peuple, qui s'était éclielouné des deux côtés de la maison, voyant en lin paraître les huguenots, les entoure, en vociférant contre eux des menaces de sang ; quelques hommes vont même jusqu'à frapper des fûts de leurs hallebardes, de faibles vieillards aux cheveux blancs, qu'ils prennent pour les ministres.

Le procureur du roi, craignant de plus grands excès de la part de cette populace, et n'ayant pas assez de gens pour la contenir, voulut faire rentrer les femmes daus l'intérieur de la maison, jusqu'à ce que «es furieux se fussent écoulés.

Mais le peuple, voyant l'intention du magistrat, menaça de mettre le l'eu à la maison, et de se faire lui-même le bourreau de ces malheureuses, si on ne les conduisait au Châtelet incontinent.

Force fut de céder aux menaces de la multitude, et d'exposer de pauvres femmes à la furie de ces cannibales qui , sans respect pour leur sexe ni pour leur rang (elles étaient presque toutes dames de grande maison), les accueillirent avec les épithètes les plus viles et les plus outrageantes. (les scélérats ne se bornèrent pas aux injures : on leur arracha leurs chaperons, leurs ajustements furent mis en lambeaux et on leur jeta de la boue au visage. En cet état, hommes et femmes furent conduits à la prison du Châtelet; de là on les transféra à la Conciergerie.

Au nombre des hommes généreux qui avaient voulu partager le sort de ces malheureuses femmes, se trouvaient Nicolas-le-Céne et Pierre (■avait; leur constance dans la prison fut admirable. On leur appliqua la torture pour qu'ils abjurassent leurs erreurs, mais au milieu des soulTrances les plus atroces, ils protestaient à haute voix ifuils «su» latent vivre et mourir sur ce qu'ils avaient dit et maintenu. De la torture ils turent conduits à la chapelle de la Conciergerie; des prêtres se présentèrent pour les confesser : ils les repoussèrent. Le Cène s'écria « qu'il se confesserait à Dieu seul, sûr qu'il était de son pardon et de sa miséricorde. »

Le Cène et Gavart furent condamnés à être brûlés vifs eu la place du Pilori, devant l'Abbaye «le Saint-Cermain-des-Prés. D'autre* religionm. lires des deux sexes avaient subi le même supplice sur la place Manlcrl, quelque temps auparavant.

L'heure de l'exécution étant venue, un roi délier accompagné du bour* reau vint trouver les condamnés, et leur dit, que s'ils voulaient se rétrac-

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