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1er, la cour avait décide «puis seraient étranglés seulement ; sinon la sentence suivrait son cours et qu'ils auraient de plus la langue coupée.
Le Cène, sans mot dire, tendit sa langue au bourreau.
Sur un signe du cordelier, le bourreau la lui arracha.
— Hélas! je ne pourrai plus louer Dieu de ma langue, dit Gavart eu gémissant.... Le Cène le consolait de la tète.
Lorsque les condamnés furent arrivés à la place de I Abbaye, le bourreau leur lia les bras à l'aide dune forte corde, puis on les hissa aux deux extrémités dune poutre transversale, fixée au Pilori par le moyen d'une barre de fer.
On mit le feu aux fagots, aux acclamations frénétiques du peuple...
Le supplice de Nicolas-le-Céne et de Pierre Gavart peut être considéré comme un de9 plus horribles de ce temps, si riche en exécutions atroces. On avait laissé à dessein un grand intervalle entre le bûcher et le corps de ces malheureux , de sorte que le haut du corps était à peine atteint par les flammes, que déjà les parties inférieures avaient été entièrement consumées.
Mais ni la haine acharnée dont le peuple de Paris poursuivait les protestants, ni les persécutions, dont ils se voyaient en butte de la part des puissances séculière et ecclésiastique , ne purent empêcher la nouvelle secte de grandir et de s'étendre. Plus d'assemblées clandestines, plus de craintives réunions à l'ombre de la nuit. Elle relèvera tièrement la tête, et dune voix forte, en plein Pré-aux-Clercs f elle entonnera les psaumes de David, traduits en vers français par Clément Maint, au grand ébahissement de la foule des promeneurs, attirés par la nouveauté d'un si étrange spectacle. Et vraiment, ce n'étaient pas de petites gens, ceux qui chantaient ainsi! Pour peu que vous eussiez cherché, vous auriez reconnu le roi Antoine de Navarre, sa femme, la reine Jeanne d'Aline t, et beaucoup d'autres seigneurs. Us ne craignaient pas, ceux-là, d'être pris dans une souricière, comme leurs coreligionnaires de la rue Saint- Jacques; ils avaient l'épée au côté, et du terrain devant eux pour repousser une attaque perfide. Cette fois, ce fut le clergé qui eut peur; il craignit que la beauté du chant ne séduisit la foule. Il déclama eu chaire contre cette invention des hérétiques et contre ceux qui s'étaient associes a ces chants. Chanter les psaumes en vers français que tout le monde entendait, c'était, disait-il, faire mépriser au peuple l'ancien usage introduit par l'Église romaine, suivant lequel on doit faire le service divin en langue latine; c'était souffler la discorde parmi le peuple et l'exciter a la guerre civile. Le roi fut de lavis du clergé ; il ordonna que l'on informât contre les auteurs de ce scandale. Henri 11, par une des dernières ordonnances de son règne , défendit, sous peine de mort, de se reuuir pour chanter des psaumes en français. Pourtant, la sétcritc de
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temps il n'en avait vu de mieux ordonnée ni de plus dévoie que celle-là.
On ne voyait, dans ce temps-là, que des processions dans les rues de Paris. Les plus indécentes étaient, suivant l'opinion des ligueurs, les plus belles et les plus dévotes. On en fit plusieurs composées d'hommes, de femmes et d'ecclésiastiques nus, ou presqu'entiérement nus. Un ligueur, l'auteur du Journal des choses advenues à Paris, etc., dont l'opinion ne saurait être suspecte en cette occasion, rapporte avec admiration les détails de ces pieuses farces.
« Le 30 janvier 1589, dit-il, il se fit en la ville plusieurs processions, auxquelles il y a grande quantité d'enfants, tant fils que filles, hommes et femmes, qui sont tout nus en chemises, tellement qu'on ne vit jamais si belle chose, Dieu merci. Il y a de telles paroisses, où il se voit de cinq à six cents personnes toutes nues.... »
Je ne vous parlerai plus du Pré-aux-Clercs, si ce n'est pour vous dire qu'une partie de l'armée de Henri IV y était campée, lorsque ce roi assiégea Paris en 1589.
Le mercredi 1" novembre, le roi ayant envie de voir Paris à découvert, monta sur le haut du clocher de Saint-Germain-des-Prés, un moine l'y conduisit. Le roi et le moine y restèrent seuls pendant quelques instants. En étant descendu, Henri IV dit au maréchal de Biron qui vint à sa rencontre : « Une appréhension m'a saisi étant avec un moine et me ■ souvenant du couteau de frère Clément... »
Sous le régne de Louis XIII , on combla en partie les fossés de l'Abbaye de Saint-Germain ; le canal de la petite Seine devint la rue des Petils-Augustins.
La reine Marguerite, première femme de Henri IV, avait fait venir des Augustins déchaussés, auxquels elle donna une maison, six arpents de terrain, ef six mille livres de rente annuelle, à condition qu'ils chanteraient des cantiques sur des airs qui seraient faits par son ordre. Ces pères, dit Saiutfoix, qui apparemment n'aimaient pas la musique, s'obstinaient à ne vouloir que psalmodier. Marguerite les chassa et mit à leur place des Augustins chaussés, qui ont donné le nom à la rue.
Pour bien loger ses moines chanteurs, la reine de Navarre dut expulser de leur modeste demeure les vénérables frères de l'ordre de Saint-Jeanbien, autrement dit Frères de la charité, que Marie de Médicis avait fait venir de Florence en 1602.
Ces frères, qui, suivant leurs règlements, devaient être chirurgiens et pharmaciens, ne chantaient point, à la vérité, à peine s'ils psalmodiaient; mais en revanche ils guérissaient beaucoup de malades et soulageaient bien des maux. Voyant ses protégés sans asile, la seconde femme de Henri IV comprit que la pieuse institution qu'elle venait de fonder, pour |H>rtcr ses fruits, ne devait plus être à la merci de personne.
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Il y avait alors au-delà de l'enclos de l'Abbaye, non loin de la place on linéiques années plus tard l'on ouvrit la rue Taranne, une chapelle entourée de vastes jardins, appelée Chapelle de Saint-Pierre. Cette chapelle, devenue dans la suite église paroissiale, avait donné le nom au chemin voisin cpii conduisait à la rivière, et qui, appelé par corruption chemin des Saints- Pères, est devenu depuis la rue de ce nom.
Ce fut dans le voisinage de cette chapelle que Marie de Nédicis établit les frères de la charité. Elle leur fit construire un hôpital, une maison, et les dota convenablement. Cette maison de Paris devint le chef de tous les couvents du même ordre établis en France, et le nombre des religieux, de cinq qu'il était à la fondation de l'hôpital, s'y éleva bientôt à soixante.
L'an 1792, ce grand niveleur, qui n'avait que faire de Dieu ni des saints, supprima le couvent des frères de Saint-Jean-Dieu, comme il avait supprimé l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés. L'hôpital resta pourtant; mais comme le nom de Charité ne convenait guère à la circonstance, on l'appela hospice de l'Unité. Ce ne fut que sous l'empire, époque de restitution, qu'il reprit sa belle et primitive dénomination d' Hôpital de In Charité.
Quant aux Augustins, ils prospérèrent dans leur couvent, ils s'y arrondirent même, au dire de Saintfoix, jusqu'à ce que l'Assemblée Constituante leur coupa les vivres, en déclarant les biens du clergé propriétés nationales.
Dans cette époque de bouleversement social, le peuple, pour montrer à sa manière qu'il prenait part au travail, avait, en saccageant les églises, en brûlant et en dévastant les châteaux, brisé, mutilé et dispersé tant de chefs-d'œuvre, que la Convention, justement alarmée de ces actes de vandalisme qui menaçaient de priver la France des monuments les plus intéressants de son histoire, dut songer au moyen d'en recueillir les débris, et de mettre ce qui en restait encore intact, à l'abri des iconoclaste» révolutionnaires.
lue commission des monuments, composée de savants et d'artistes, fat spécialement chargée de ce soin. Les bâtiments des Petits-Augustin* furent choisis pour recevoir les tableaux et les monuments de sculptire. et le peintre Alexandre Lenoir en fut nommé conservateur.
Un décret de la Convention défendit de détruire, de mutiler on d'allé* rer les monuments des arts, sous prétexte d'en faire disparaître les signes de féodalité.
Alexandre Lenoir, grand homme de bien et ami des arts, aussi chalevreux qu'éclairé, s'occupa dès lors avec un zèle infatigable de la restauralion des monuments nationaux confiés à ses soins intelligents; et le 15 fructidor au in \\" septembre 1705), cette précieuse et vaste collection.