ÉTAT
Du nombre de personnes, tant hommes que femmes, dont le Koi ( Inouïs \IV ) veut ey ERTKNDque l 'Académie Koyale de Musique soit toimoums composée, sa.v-» ou il pcis.sk
ET Ut AlliMfcNTli Ml DIMIM É.
Acteurs pour les roi les.
Nous conservons |Miiont l'anriciiiie orthogni|»h<* BASSK- TAIIXKS.
Premier acteur 1,500 livres.
Second acteur 1 ,200
Troisième acteur 1,000
IIAITKS-CO.NTHKS ( lellOlS aclliels .
Premier acteur 1.500 livres.
Second acteur 1,200
Troisième acleur l.tMMI
ACTUICKS IMU II LES IIOM.KS.
Première actrice 1.500 livres.
Deuxième actrice 1,200
Suit une proportion décroissante jusqu a la sixième actrice, qui est appointée a 700 li\res.
IMU K LES CIIŒI IIS.
Yiu^t-dcux hommes a 100 livres, et deux pa^es à 200 livres. Douze feimiies à 100 livres.
UA3SKI us.
Deux premiers danseurs a 1,000 livres chacun ; Dix autres à 800, 000 et 100 livres ; Deux premières danseuses à 000 livres chacune; Huit autres a 500 et 100 livres.
ORO.t-KSTHK.
Batteur de uicMire chef d'orchestre actuel a 1.000 hvre>; suit la nomenclature de quarante-six instrumentistes, dont les appointements varient de OtM) a 100 livres. Ueiu machinistes a 000 livres
r,82 II U E LEPELLETlEll.
Il résulte de cet état officiel, qu'on 17lo le personnel de l'Opéra ne s'élevait pas à plus de vent vingt-six artistes ou employés, le lout coulant par an soixante-sept mille vin yuan le franvs, c'est-à-dire les deux tiers environ de ce que route aujourd'hui un seul premier sujet.
Après le grand Opéra, les seuls établissements publics remarquables que possède la rue Lepellctier, sont : — le fameux restaurant de Paolo llroggi, qui a fait pour la cuisine italienne, ce que Kossini a fait pour la musique du même pays, c'est-à-dire qu'il l'a rendue populaire et créé le dilettantisme de Macaroni, de Havioli, de l'ulpctti, etc.; — un simple café <pie les habitudes des consommateurs ont transformé en club littéraire et politique. On l'appelle l' Estaminet du Divan . Pour être admis aux honneurs de l'introduction , deux qualités sont nécessaires : il faut être l'ami d un homme de lettres, ou vouloir le devenir soi-même. Tout est littéraire dans cet établissement: les garçons eux mêmes ne sont |»as, dil-ou, admis sans avoir un certain vernis de littérature, et ils lie sont reçus qu'après examen. —On ajoute que la plupart collaborent, sous des pseudonymes, à divers journaux de modes.
Lorsque vous entrez, ils \ous disent : — Monsieur désire-l-il la suite d'Eugène Sue et sa demi-tasse? — Monsieur lira-t-il le feuilleton d'Alexandre humas, eu prenant sa limonade? — Nous aums aujourd'hui un article de critique littéraire, et des tranches de jambon bien remarquables.
Quelquefois le maître de rétablissement vous aborde et vous dit à mi- \oix : Ah! ah! nous avons publie notre feuilleton; c'est le cas de régler notre petit compte. Ou bien: — .Nous arrangerons cela au moment de notre mise en vente. — Ou bien : — Je \ous ferai remettre la petite note après votre première. — Je compte sur quelques billets.
Ije National a, depuis cinq ans, planté sou drapeau démocratique dans la rue Lepellctier. (l'est également dans cette rue que M. Gamieroii a récemment établi sa nouvelle banque d escompte.
Le passage de l'Opéra est cité comme l'un des bazars de l'industrie élevante, (l'est aussi le rendez-vous favori des Lions qui, le soir sur* tout, l'inondent d'un nuage de fumée de ricanes plus ou moins havane. Depuis quelque temps, les coulissiers de la Bourse, forcés d abandonner le café île Paris et le perron de Tortoni. se sont réfugiés dans le passage tle l'Opéra. La, ils se coudoient avec les marchands île billets et de contremarques, (le rapprochement entre ces deux classes d'individus serait- il une epigraiimie \\\\ hasard v
Le tiraud-Opcra est pour la rue Lepellctier une cause de brillante animation. Les soirs de représentation, elle jouit du délilé des éqiii|»ages et elle a eu outre l'avantage d être ornée de plusieurs plantons de gardes municipaux, cet inévitable indice de tontes les joies et de toutes les solennités modernes. Ai.ukrt <1i.kr.
101 RIMIITIIÏ
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Au pOIHl de VUedel'tli 'Mr
rue n'existe pas ; tB« e»l m »* d*biei (elle dite de demain,
Exécutée nnestlét que e ;ue
[elle s'oel r|r\iT comme par tncfaanlirinriM ; poussant *es maisons l'une
après l'autre, comme «1rs pions ^m I mm damier, Hlr &*est avant ec ilu I levant an couchant, h travers r
| renversant loitl rt* ijiit lui f;ii>;iii obstacle, ruelles el rues, p&tati [bougea, rognant par-ci, coupent p lié, maniant i.> truelle cl le mari êdilianl el démolissant loul .» la bis.
Mon n« un beau malin les Bride i.i rue Saint-Avtrîe, les chap#*Uert qui avaient rail Wecliou de licite ;i la ruedes M( nrtriei v - le* rogomistes <!<• I» rue tyuiitcam{i
bonnetiers delà rue Bain ! el inuh i honorabli corporation [dame* de la balle, limttatei eflVoi, | .m bruK des prévoie ipri Lombcat, [des marteaux qui Greppeal et ipn grincent, s'avsni c
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arrive! la rue llamhuleau (|ui passe! On eut dit M'aiment que l'émeute était aux portes, et le cloître Saint-Merri en feu.
Ce premier elîroi passé, la rue Itambuteau fut acceptée, et de fait c'est la une magnifique rue; applaudissons encore ci la création de cette nouvelle voie parisienne : tout ce qui doit embellir et purifier la grande ville est bon à prendre ou à recevoir.
« La magnificence de Paris, disait naguère M. Hippolyte Meynadier, » dans une brochure sur les travaux d'art et d'utilité publique, atteindra » les dernières limites , telles que peuvent les tracer nos sociétés mo- » dernes, lorsque l'autorité, à la tète d'un mouvement progressif, aura » donné tous ses soins à la création des grandes voies de communica- » tion, si indispensables, sans lesquelles notre capitale ne peut avoir » toute sa majesté ; lorsqu'elle aura érigé, dans des institutions étudiées » et convenables sous tous les rapports, les grands monuments d'utilité -» publique qui sont à créer ou à reconstruire; lorsqu'elle aura dégagé » nos vieux édifices des entourages grossiers qui les obstruent trop sou- » vent; lorsqu'elle aura même pris soin de faire exécuter, dans des cou- » dirions artistiques, les constructions qu'elle ordonne et qui ont rapport » aux besoins du service public. »
M. Meynadier doit être content de la rue Itambuteau, cette puissante artère ouverte à la circulation parisienne, une large voie qui relie trois quartiers différents, qui dispense à la fois l'air, l'espace et le soleil, à une population nombreuse et étouffée, trait-d'unioii commercial qui soude l'un à l'autre les deux plut grands marebés de Taris: les carreaux des balles et la rotonde du Temple, les commestibles et le vieux linge; mais n'anticipons pas. dette rue, qui n'a point d'histoire à elle, appartient au passé par les souvenirs qui se rattachent au sol, au présent par la physionomie qui lui est propre, à l'avenir par les services qu'elle doit rendre. Parlons donc du passé.
Aidés de ce nuage de poussière et de vieux plâtre qui promène un instant son antique auréole au-dessus des édifices démolis, remontons à la source de cette rivière d'indienne, côtoyons les bonis de ce fleuve de calicot et de madapolain, car déjà la cotonnade règne et gouverne à la rue ItamhuLcaii. Ktablissous la généalogie, et consultons, s'il vous plaît, l'arbre héraldique de cette nouvelle venue.
hiris n'a pas été bâti dans un jour, dit un vieil adage; l'enceinte de l > hilippe-Aii' r i»ste, commencée eu I UN), est là pour le prouver. I «a muraille tenu. . eu| -£21 passait, d'un côté, rue du Chaume, et de l'autre à Saitit-Kustache. Ces deux limites de Paris sont aujourd'hui le commencement et la lin de la rue qui nous occupe. Philippe -Auguste avait prévu M. de Itambuteau: le préfet delà Seine a compris le roi de France.
KUE RAMBUTEAU. 385
Enfermer cet espace, ce n'était rien, il fallait le peupler; il y avait, il est vrai, des murs à la ville et des portes à ces murs, mais tout Paris était encore dans la Cité; les gens aventureux de ce temps-là, les Christophe Colomb du Pont-au-Change, s'avançaient bien jusqu'au pied de l'Hôtel-de-Ville, voire même jusqu'à la rue des Lombards, mais c'était tout. Au-delà, c'étaient d'immenses terrains vagues, de grands clos ensemencés, où l'herbecroissait plus vite que le bon grain : c'était la campagne, c'étaient les champs, la plaine Saint-Denis dans un mur d'enceinte.
Cependant on apercevait par fois, en cherchant bien, quelques taudis de mauvaise apparence, perdus dans ce désert fangeux, maisons lugubres, d'allures suspectes et de rencontre périlleuses, coiffées de chaumes ébouriffés, toujours guettant par leurs sinistres lucarnes, et devant lesquelles le bourgeois attardé n'eut passé qu'en tremblant. Puis çà et là jetés comme des germes civilisateurs, comme des colonies naissantes, on voyait de loin à loin s'élever le clocher d'une chapelle, les tours d'une abbaye, véritable forteresse monastique, où le froc cachait la cuirasse, où la croix n'était que la poignée de l'épée. Tel était, en 1158, le couvent des religieux de Saint-Magloire, situé à égale distance de la chapelle Saint- Agnès, qui fut depuis Saint-Eustache, et du grand chantier du Temple, sur remplacement duquel on a construit l'hôtel Sou bise. Qui eut dit que ces trois jalons féodaux jetés dans le xii* siècle sur l'extrême limite du vieux Paris serviraient, en quelque sorte, de points de rappel aux géomètres de notre temps pour tracer la rue la plus bourgeoise, la moins dévote et aussi la moins guerrière du Paris modeme.
Quand bien même la rue Rambuteau n'aurait pas d'autre illustration que celle-là, ce lui serait assez d'appartenir par son commencement, par son milieu et par sa fin, à trois des plus curieux monuments historiques du moyen-âge ; car, ainsi placée, elle peut résumer à elle seule l'histoire politique et religieuse de Paris du xn* au xviu* siècle.
N'est-ce pas à l'angle de la rue du Chaume et de la rue de Paradis, derrière ces murs où sont enfermés aujourd'hui les Archives du royaume, que se trouvait situé en 1182 le grand chantier des Templiers, vaste dépendance de cette congrégation militaire et religieuse, à laquelle un roi légua son royaume. Dans cette enceinte, qui communiquait avec le Temple, les chevaliers de la Croix-Rouge avaient fait construire les boucheries de leurs couvent.
Deux siècles plus tard, les Templiers étaient dispersés tta^uis longtemps; Tordre, dépouillé et banni, errait à l'étranger ~.a*vYtfé', voulant témoigner sa reconnaissance au connétable Olivier de Clisson, qui avait intercédé auprès du roi Charles VI pour les Parisiens révoltés, lui donna le grand chantier du Temple, qui porta depuis le nom d'hôtel de la Miséricorde, en commémoration de la clémence d'Olivier de Clisson.
5R!i HUE IIAMBUTËAU.
Le vieux capitaine affectionnait cette résidence, qui le rapprochait du rui sou maître; Clisson passait de longues heures à l'hôtel Saint-Paul. Un jour il y resta plus longtemps que de coutume, le roi était ce jour là dans un accès de celte noire misanthropie qui devait plus tant se changer en démence. Le connétable, accompagné d'une suite peu nombreuse, s'en revenait dans la nuit, nuit mémorable du 13 juin 1591, lorsqu'il Tut assailli, au coin de la rue Culturc-Sainte-Catherine, par une trou | m» d'hommes armés. Pierre de Craon, seigneur de Sablé , chambellan et favori du duc d'Orléans, frère du roi, était à leur tête. Surpris à l' improviste, le connétable, percé de plusieurs coups, fut laissé pour mort sur la place, il en revint pourtant. Seize ans après, le duc d'Orléans, à l'instigation duquel avait été commis ce guet-à-pens, fut moins heureux, il fut tué dans la rue Barbette, par des assassins aux gages du duc de Bourgogne, Jean-sans-Peur, dans la nuit du 22 novembre 1407. Son corps, provisoirement transporté à l'église des Blancs-Manteaux, dut passer devant l'hôtel de la Miséricorde, sorte d'expiation que la Providence lui réservait peut-être, lugubre rapprochement que le hasard opéra seul, car le vieux connétable était mort le 25 avril de la même année, quelques mois auparavant, dans ses terres de Bretagne, mort dans sou lit, dans son honneur et dans sa fidélité, âgé de 75 ans.
Comme on le voit, il y a du fer dans le blason de la rue Bainbuteau; patience, il y a de l'or aussi.
Savez- vous quel est cet homme de haute taille, à la jaquette de velours violet, fourré de martre, monté sur un cheval caparaçonné d'or et de soie, qui va faire son entrée triomphale dans la ville de Bonen, la ville conquise, ayant à ses côtés les deux plus grands capitaines du temps» le comte Dunois et le seigneur de la Varennes. Cet homme, l'égal des princes, l'ami du roi, plus que son ami, l'ami de la France, l'ennemi des Anglais; cet homme, général de la mer, qui touchait d'une main au sultan des infidèles, et de l'autre au pape, c'est le tils d'un obscur marchand de la cité de Bourges, que son génie éleva au premières dignités de l'État; c'est Jacques Cœur.
L'or du marchand fut plus puissant que le fer des vaillants capitaines, et sans le secours du petit roi de Bourges, comme on l'appelait, peut-être que Charles VU n'eut jamais reconquis son royaume. Aussi, tant qu'il eut besoin de ses services, le roi se montra-t-il reconnaissant; il le nomma son argentier. Il venait le visiter souvent dans sa maison; là. assis sur des fauteuils à franges, mi-partie d'or et de soie, le prince el le sujet travaillaient ensemble à huis-clos, ou devisaient privement de choses plaisantes. Là aussi se glissait parfois en secret, le visage couvert d'un loup de velours, encapuchonnée dans sa mante, la belle Agnès Sorel, In geule damoiselle. lorsqu'elle voulait cacher à son royal amant
Il LE II A MB DTE AU. 387
quelque <Ii ; |mmisc exagérée, quelque folle accfiiisition d'étoffe et de joyaux.
De tout temps, la finance a eu le gracieux privilège de ces visites confidentielles et intéressées, la rue Hambuteau s'en souvient. Mais ce sont surtout les talonniéres ferrées des grands seigneurs, qui usaient le pave de l'argentier du roi. Dieu sait combien de haut-de-chausses, de chaperons de velours et de harnais de batailles, sont sortis de l'épargne de Jacques Cœur.
« La noblesse est emprunteuse, e'est là son moindre défaut. » Elle lui devait des sommes immenses, aussi, pour s'acquitter envers lui, C.hahannes, Dammartin, la Trimouilleet quelques autres, firent-ils saisir ses biens en son absence. On excita la colère et la jalousie du roi contre cet homme qui, la veille encore, venait de terminer, à force d'or et d'habileté, l'importante négociation de Turin.
Fort de son innocence, Jacques Cceur voulut se justifier; on le saisit, et il fut enfermé sous bonne garde dans le couvent des Cordelicrs de Heancaire; on fit mine d'instruire son procès, mais la sentence était pro-
7)88 HUE IIAMBUTEAl'.
uoiicee d'avance : la confiscation, la prison et le bannissement, voilà re «lue Charles VU gardait à celui qui, bien mieux que la, Pucclle, l'avait fait sacrer roi à Hcims.
Itéhahilitéc par Louis XI, la mémoire de Jacques Ca»ur est venue jusqu'à nous pure de toute souillure, M. de Rambutcau a voulu s'associer à ce grand acte de réhabilitation, et là où fut autrefois la maison de Jacques Cœur, on peut voir entre la rue Saint- A voie et la rue Saint- Martin, sur la façade de lune des plus élégantes maisons de la rue nouvelle, le buste d'un homme qui fut à la fois un grand financier, un habile diplomate et, chose trop souvent incompatible, un très-honnête homme. Cette simple devise, gravée sur la pierre au-dessous de son effigie, en dit plus (pie tous nos éloges :