‹ Les rues et les cris de Paris au XIIIe siecleChapitre 4 sur 121 · Voy. plus bas le Dit du Lendit rimé · texte numérisé non relu

Voy. plus bas le Dit du Lendit rimé

2. Voy. l'abbé Lebeuf, Histoire du diocèse de Paris, t. III, p. 246 et suiv.

més. Les baladins, les ménétriers, les mimes, les bouffons, les jongleurs, rassemblaient autour d'eux, du matin au soir, une multitude de curieux de tout âge et de tout rang. L'Université se transportait chaque année en grande pompe à la foire du Lendit pour y acheter sa provision de parchemin, et il était interdit d'en vendre avant que le recteur eût arrêté son choix. Les écoliers, formés en cavalcades tumultueuses, se rassemblaient sur la place Sainte-Geneviève, et traversaient Paris deux à deux, au bruit des fifres et des trompettes.

La corporation des bouchers, alors trèsnombreuse et très-puissante, n'était pas représentée aux Champeaux, De temps immémorial, les bouchers formaient une communauté et même une classe distincte dans la bourgeoisie. Leurs étaux, qu'ils se transmettaient de mâle en mâle, restaient installés dans des endroits désignés par le prévôt. Ce fut d'abord au Parvis Notre-Dame, près de l'église Saint- Pierre-aux-Bœufs. Un second établissement, dit Boucherie de la Porte de Paris ou Grande Boucherie, fut ensuite créé vis-à-vis duGrand- Châtelet [place du Châtelet actuelle), et donna son nom au quartier Saint-Jacques-la-Boucherie$ elle renfermait vingt-cinq étaux en

1182, quand Philippe-Auguste permit l'érection des boucheries du Temple. En retour, le roi accorda aux bouchers de la Porte de Paris l'autorisation de vendre du poisson. C'est de cette époque que date l'origine de la plupart des petites rues qui avoisinaient le Grand- Châtelet, et dont les noms rappelèrent longtemps le commerce de la viande et du poisson. Citons entre autres les rues de la Tuerie, de la Triperie, du Pied-de-Bœuf, de la Vieilleplace-aux-Veaux, Saint-Jacqucs-de-la-Boucherie, la cour aux bœufs-, puis les rues Pierre-à-poisson, des Trois-Poissons, de la Petite-Poissonnerie , de la Vieillc-Harangerie, etc.

A la fin du siècle, en 1274, Gérard Moret, abbé de Saint-Germain-des-Prés, ouvrit une nouvelle boucherie de seize étaux qui s'étendit des deux côtés de « la ruë par où l'on va de l'église Saint-Germain à la porte de Paris i, près des Frères-Mineurs2. » Cette voie prit alors le nom de rue de la Boucherie ou rue des

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