La porte Saint-Gci main
2. Le couvent des Cordeliers, situé en face de l'Ecole de médecine actuelle. — Les lettres patentes que nous venons de citer sont reproduites dans Félibien, Histoire de Paris, pièces justificatives, t. III, p. 488.
Boucheries, qu'elle a conservé jusqu'en 1846, époque où elle fut réunie à la rue de l'Ecolede-Médecine , dont elle était la continuation.
Les bouchers se fournissaient à deux marchés, exclusivement consacrés à la vente des bestiaux sur pied ; ils achetaient les bœufs et les cochons aux Champeaux, et les moutons dans un pré situé au delà du Louvre, sur le bord de la Seine.
Rigord, médecin de Philippe- Auguste et historien de son règne, nous apprend qu'en 1 185 ce prince s'étant mis un jour à la fenêtre de son palais 1 (le palais de Justice actuel), au moment où passaient des chariots, fut suffoqué par l'odeur qui s'exhalait de la boue dans laquelle les roues enfonçaient. Il convoqua \ aussitôt le prévôt et les bourgeois, et leur ordonna de faire paver avec de durs carreaux
i. L'origine du palais de la Cité est très-obscure. Les premiers rois mérovingiens y habitaient lors de leurs courts séjours à Paris. Agrandi par les maires du palais sous les rois fainéants, il fut ensuite fortifié par Eudes. Hugues Capet, après son avènement à la couronne, abandonna le palais des Thermes et se fixa dans celui de la Cité. Robert le fit reconstruire en partie. Tous ses successeurs, jusqu'à Charles V, l'habitèrent, et presque tous y moururent. C'est vers 1370 que Charles V le quitta pour aller s'installer au Louvre.
de pierre toutes les rues de la ville *. Voici en quels termes cet événement est raconté par les Chroniques de Saint-Denis, qui ne font ici que traduire presque littéralement la chronique de Rigord : « Apres ce que li Rois fut retornez à Paris, il sejorna ne sai quanz jors. Une heure aloit par son palais pensant à ses besoignes, corne cil qui moult estoit curieus de son roiame maintenir et amender. Il s'apuia à une des fenestres de la sale, à laquelle il s'apuioit aucunes foiz pour Saine regarder et pour avoir récréation de l'air. Si avint en ce point que charetes que on charioit parmi les rues, esmurent et toouillierent si la boue et
ï. Factum est autem post aliquot dies, quod Philippus Rex semper Augustus Parisius aliquantulum moram faciens, dum sollicitus pro negotiis regni agendis in aulam regiam deambularet, venions ad palatii fenestras, unde Jluvium Sequanœ pro recreatione animi quandoque inspicere consueverat, rhedœ equis trahcntibus per civitatem transcuntes, fœtores intolerabiles lutum revolvendo procreavcrunt. Qiiod Rex in aida deambulans ferre non sustinens, arduum opusj sed valde necessariumf excogitavit, quod omnes prœdecessores sui ex nimia gravitatè et operis zmpensa aggredi non prœsumpserant. Convocatis autem burgensibus cum prœposito ipsius civitatis, regia auctoritate prœcepit quod omnes vici et via? totius civitatis Parisii duris et fortibus iapidibus sternerentur. Rigord, Vita Philippi Augusti, dans le Recueil des Historiens des Gaules, t. XVII, p. 16.
l'ordure dont ele estoient plaines, que une puors en issi si granz que à peines la peust nus soufrir; si monta jusques à la fenestre où li Rois seait. Quant il senti cele puor si corrompue, il s'entorna de cele fenestre en grant abomination de cuer : pour cele raison conçut-il en son corage à faire une grant ovre et somptueuse, mais moult nécessaire, tele que tuit si devancier n'osèrent ainques enprendre ne comencier pour les granz couz que à cele ovre aferoient. Lors fist mander le presvost et les borjois de Paris, et leur commanda que toutes les rues et les voies de la cité fussent pavées bien et soinieusement de grez gros et fort1. »
C'était, bien entendu, aux frais de la ville que devait se faire cette dépense. Corrozet se trompe donc quand il parle de « certains deniers que le roy feit délivrer 2. » Mézeray, plus exact en ce point, nous dit que les bourgeois s'empressèrent d'obéir aux ordres de Philippe-Auguste, et il ajoute naïvement : a Ils l'eussent fait avec bien plus de joye, si ce n'eust pas esté à leurs dépens 3. » On prétend