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connaissance et à la confiance publiqnes.
Avant d'être soninis î\ cette épreuve , cet ouvrage avait obtenu dans le monde savant un succès si rapide et si général , qu'il était parvenu jusqu'en Russie. L'impératrice qui rcgnait alors sur cet empire (c'était en 1 787) envoya à l'auteur une médaille qu'il reçut avec respect , comme une marque d'estime pour ses taleus , et avec reconnaissance , comme un témoignage d'approbation donné à ses principes. Mais lorsque l'impératrice -.c déclara l'ennemie de la France, M. de Volney renvoya cet honorable présent, en disant : « Si je l'obtins de son estime, je le lui rends pour la conserver, v
Cette révolution de 1789, qui venait d'attirer sur la France les menaces de Catherine, avait appelé M. de Volney sur la scène politique.
Député à l'assemblée des États-Généraux , ies premières paroles qu'il y prononça furent pour la publicité des délibérations.
Il provoqua l'organisation des gardes nationales et celle des communes et des départemens.
A l'époque où l'on s'occupait de la vente des biens du domaine (en 1790), il publia un petit écrit où il pose ces principes : « La puissance d'un État est en raison de sa population ; la population est en raison de l'abondance ; l'abondance est en raison de l'activité de la culture , et celle-ci en raison de l'intérêt personnel et direct , c'est-à-dire de l'esprit de propriété. D'où il suit que plus le cultivateur se rapproche de l'état passif de mercenaire, moins il a d'industrie et d'activité ; au contraire , plus il est près de la condition de propriétaire libre et plénier, plus il développe ses forces et les produits de sa terre, et la richesse générale de l'État. »
L'auteur arrive à cette conséquence, qu'un État est d'autant plus puissant qu'il compte un plus grand nombre de propriétaires, c'est-à-dire une plus grande division des propriétés.
Conduit en Corse par cet esprit d'observation qui n'appartient qu'aux hommes dont les lumières sont étendues et variées , il aperçutdu premier coup d'œil tout ce qu'on pou-
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vait faire pour perfectionner l'agriculture clans ce pays; mais il savait que chez les peuples dominés par d'anciennes habitudes, il n'y a d'autre démonstration, d'autre moyen de persuader que l'exemple. Il achète un domaine considérable , et se livre à des expériences sur toutes les cultures qu'il croit pouvoir naturaliser dans ce climat : la canne à sucre, le coton, l'indigo, le café, attestent bientôt le succès de ses efforts. Ces succès attirent sur lui l'attention du Gouvernement; il est nommé directeur de l'agriculture et du commerce dans cette île, où, faute de lumières, toutes les méthodes nouvelles sont si difficiles à introduire.
Il n'est guère possible d'apprécier le bien qu'on devait attendre de cette paisible magistrature ; mais on sait que ce n'étaient ni les lumières, ni le zèle, ni le courage de la persévérance , qui pouvaient manquer à celui qui en était revêtu : à cet égard il avait fait ses preuves. Ce fut pour céder à un sentiment non moins respectable qu'il interrompit lui-même le cours de ses travaux. Lorsque ses concitoyens du bailliage d'Anijers l'enront
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nommé leur députt: à l'Assemblée constituante, il donna sa démission de l'emploi qu'il tenait du Gouvernement, professant cette maxime, qu'on ne peut être mandataire de la nation , et dépendant par un salaire de ceux qui l'administrent.
Par respect pour l'indépendance de ses fonctions législatives, il avait renoncé à la place qu'il exerçait en Corse avant son élection; mais il n'avait pas renoncé à faire du bien à ce pays. Ce noble sentiment l'y ramena après la session de l'Assemblée constituante. Appelé dans cette île par des habitans qui y exerçaient une grande influence et qui invoquaient le secours de ses lumières , il y passa une partie des années 1792 et 1793.
A son retour il publia un écrit intitulé : Précis de l'état actuel de la Corse. Ce fut un acte de courage ; car il ne s'agissait pas d'un tableau physique , mais d'exposer l'état politique d'une population que plusieurs partis divisaient et où fermentaient des haines invétérées. M. de Volney révéla les abus sans ménagement, soUicita l'intérêt de la France en faveur des Corses sans les flatter, dé-
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nonça sans crainte leurs torts et leurs vices: aussi le philosophe obtint-il le prix qu'il devait attendre de sa sincérité, il fut accusé par les Corses d'être hérétique.
Pour prouver qu'il n'était point digne de cette quaUfication , il publia , peu de temps après, un petit ouvrage intitulé La Loi naturelle, ou Principes physiques de la Morale.
Une inculpation bien autrement dangereuse ne tarda pas à l'atteindre, et celle-ci, il faut en convenir, était méritée. Ce philosophe , ce digne citoyen , qui , dans la première de nos assemblées nationales, avait secondé de ses vœux et de ses talens l'établissement d'un ordre de choses qu'il croyait favorable au bonheur de sa patrie, fut accusé de ne pas aimer sincèrement la liberté pour laquelle il avait coiYibattu ; c'est-à-dire de désapprouver la licence.
Un emprisonnement de dix mois , qui ne finit qu'après le 9 thermidor, était une nouvelle épreuve réservée à son courage.
L'époque où il recouvra sa liberté fut celle où l'horreur qu'avait inspirée de coupables excès ramena les esprits vers ces no-
blés pensées qui heureusement sont un des premiers besoins des hommes civilisés. Ils demandèrent aux lettres des consolations après tant de crimes et de malheurs, et l'on s'occupa d'organiser l'instruction publique.
Il importait d'abord de s'assurer des connaissances de ceux à qui on devait confier l'enseignement ; mais les systèmes pouvaient être divers; il fallait établir les meilleures méthodes et l'unité des doctrines. Il ne suffisait pas d'examiner les maîtres, il fallait les former, en créer de nouveaux; et, dans cette vue, on institua, en 1794? une école où la célébrité des professeurs promettait do nouvelles lumières aux hommes les plus instruits. Ce n'était point , comme on l'a dit , commencer l'édifice par le faîte, c'était créer des architectes, pour diriger tous les arts employés à la construction de l'édifice.
Plus cette mission était difficile, plus le choix des professeurs était important; mais la France, qu'on accusait alors d'être plongée dans la barbarie , comptait des esprits supérieurs , déjà en possession de l'estime de l'Europe; et l'on peut dire, grâces à leur»