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de tous les peuchans, sur la ruine tle toutes les passions, ne prouve-t-il pas sou origine céleste ? Combien sa morale douce, compatissante, et ses afl'ections toutes spirituelles, n'attestent-elles pas son émanation de la Divinité'? Il est vrai que plusieurs de ses dogmes s'élèvent au-dessus de l'entendepient, et imposent à la raison un respectueux silence; mais par là même sa révélation n'est que mieux constate'e , puisque jamais les hommes n'eussent imaginé de si grands mystères. » Et tenant d'une main la Bible et de l'autre les quatre Evangiles, le docteur commença de raconter que, dans l'origine. Dieu (après avoir passé une éternité sans rien faire ) prit enfin le dessein , sans motif connu , de produire le monde de rien; qu'ayant créé l'univers entier en six jours, il se trouva fatigué le septième; qu'ayant placé un premier couple d'humains dans un lieu de délices, pour les y rendre parfaitement heureux , il leur défendit néanmoins de goûter d'un fruit qu'il leur laissa sous la main; que ces premiers parens ayant cédé à la tentation , toute leur race ( qui n'était pas née) avait été condamnée à porter la peine d'une faute qu'elle n'avait pas commise; qu'après avoir laissé le genre humain se damner pendant quatre ou cinq mille ans , ce Dieu de miséricorde avait ordonné à un fils bien aimé, qu'il avait engendré sans mère , et qui était aussi âgé que lui, d'aller se faire mettre à mort sur terre ; et cela afin de sauver les hommes , dont cependant depuis ce temps-là le très grand noml-re
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continuait de se perdre ; que, pour remédier à ce nouvel inconve'nient , ce Dieu , ne d'une femme restée rierge , après être mort et ressuscité , renaissait encore chaque jour, et, sous la forme d'un peu de levain , se multipliait par milliers à la voix du dernier des hommes. Et de là passant à la doctrine des sacremens, il allait traiter à fond de la puissance de lier et de délier, le moyen de purger tout crime avec de l'eau et <:[uelques paroles ; quand , ayant proféré les mots indulgence , pouvoir du pape, grâce sujjfisante ou efficace . il fut interrompu par mille cris. « C'est un abus horrible , dirent les luthériens, de préiendre, pour de l'argent, remettre les péchés. — C'est une chose contraire au texte de l'Evangile , dirent les calvinistes, de supposer une présence véritable.— Le pape n'a pas le droit de rien décider par lui-même » , dirent les jansénistes : et, trente sectes à la fois s'accusant mutuellement d'hérésie et d'erreur, il ne fut plus possible de s'entendre.
Après quelque temps , le silence s'étant rétabli, les musulmans dirent au législateur : « Lorsque vous avez repoussé notre doctrine, comme proposant des choses incroyables, pourrez-vous admettre celle des chrétiens ? n'est-elle pas encore plus contraire au sens naturel et à la justice? Dieu immatériel , infini , se faire homme ! avoir un fils aussi âgé que lui ! ce dieu-homme devenir du pain que l'on mange et que l'on digère ! avonsnous rien de semblable à cela ? Les chrétiens ontils le droit exclusif d'exiger une f'i avcuslc? et
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leur a«corilfre/"Voiis des privilèges de croyance ;i noire détriment? »
Et tles hommes sauvages s'e'tant avance's :« Quoi! direi.'t-ils , parce qu'un homme et une femme, il y a six mille ans, ont mange une pomme, tout le genre humain se trouve damné; et vous dites Dieu juste ! quel tyran jamais rendit les enfans responsables des fautes de leurs pères? Quel homme peut répondre des actions d'autrui ? N'est-ce pas renverser toute idée de justice et de raison ?
« — Et où sont , dirent d'autres , les témoins , les jireuves de tous ces prétendus faits allégués ? Peut-on les recevoir ainsi sans aucun examen de preuves ? Pour la moindre action en justice il faut deux témoins ; et l'on nous fera croire tout ceci sur des traditions , des ouï-dire ? »
Alors un rabbin prenant la parole : « Quant aux faits, dit-il, nous en sommes garans pour le fond : à l'égard de la forme et de l'emploi que l'on en a fait , le cas est différent , et les chrétiens se condamnent ici par leurs propres argumens ; car ils ne peuvent nier que nous ne soyons la source originaire dont ils dérivent , le tronc primitif sur lequel ils se sont entés ; et de là un raisonnement péremptoire : ou notre loi est de Dieu , et alors la leur est une hérésie , puisqu'elle en diflère ; ou notre loi n'est pas de Dieu , et la leur tombe en même temps.
« — Il f^iut distinguer , répondit le chrétien : votre loi est de Dieu , comme figurée et prépa-