‹ Les ruinesChapitre 41 sur 66 · CHAPITRE X\1I · texte numérisé non relu

CHAPITRE X\1I

ofllciers; et cl)a([ue individu eut des noms, des fonctions , des attributs tires de ses rapports et de ses influences, enfin même un sexe tire' du genre de son appellation (42).

« Et comme Tëtat social avait introduit des usages et des pratiques composées , le culte , marchant de front , en prit de semblables : les cérémonies , d'abord simples et privées , devinrent publiques et solennelles ; les ofl'randes furent plus riches et plus nombreuses, les rites plus me'thodiques : on établit des lieux d'assemble'e , et l'on eut des chapelles , des temples ; on institua des ofliciers pour administrer, et l'on eut des pontifes , des prêtres; on convint de formules, d'époques, et la religion devint im acte civil , un lien politi([ue. Mais , dans ce développement , elle n'alte'ra point ses premiers principes ; et l'ide'e de Dieu fut toujours l'ide'e à'élres physiques agissant en bien ou en Jïial, c'est-à-dire imprimant des sensations de peine ou de plaisir; le dogme fut la connaissance de leuj's lois ou manières d'agir ; la vertu et le péché , l'observation ou l'infraction de ces lois ; et la morale , dans sa simplicité' native , fut ime^/7/f£<7ife judicieuse de tout ceqnicontjibueà la conservation de l'existence , au bien-être de soc et de ses semblables (43).

« Si l'on nous demande à quelle époque naquit ce système, nous répondrons, sur l'autorité des monumens de l'astronomie elle-même, que ses princix'es paraissent remonter avec certitude audelà de quinze mille ans (44; ', et si l'on demande à

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quel peuple il doit être attribué, nous répondronque ces mêmes monumeris , appuyés de tradition'* unanimes , l'attribuent aux premières peuplades de l'Egvpte; et lorsque le raisonnement trouve réunies dans cette contrée toutes les circonstances physiques qui ont pu le susciter ; lorsqu'il y rencontre à la fois une zone du ciel voisine du tropique, également purgée des pluies de l'équateur et des brumes du nord ; lorsqu'il y trouve le point central de la sphère antique, un climat salubre , un fleure immense et cependant docile ; une terre fertile sans art , sans fatigue , inondée sans exhalaisons morbifîques , placée entre deux mers qui touchent aux contrées les plus riches, il conçoit que l'habitant du Nil , agincole par la nature de son sol , géomètre par le besoin annuel de mesurer ses possessions , commerçant par la facilité de ses communications , astronome enfin par l'état de son ciel sans cesse ouvert à l'observation , dut le premier passer de la condition sauvage à Vélai social, et par conséquent arriver aux connaissances physiques et morales qui sont propres à l'homme civilisé.

« Ce fut donc sur les bords supérieurs du Nil , et chez un peuple de race noire , que s'organisa le système compliqué du ciille des astres, considérés dans leurs rapports avec les productions de la terre et les travaux de l'agriculture j et ce premier culte , caractérisé par leur adoration sous \euY> formes ou leurs attributs naturels^ fut une inarche simple de l'e^piit humain j mais bientôt

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la imilti|iln:ile iks objets, tle kiiis rajijiorls , de kiiis actions réciproques, ayant complique les idées et les signes qui les représentaient , il survint une confusion aussi bizarre clans que pernicieuse dans ses effets.

sa cause

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