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CHAPITRE XXII. l

maladies, manier des serpens, il les crut eu communication avec les puissances célestes ; et , pour obtenir les biens ou repousser les maux t|u'il en attendait, il les prit poiu- ses médiateurs et ses interprètes ; et il s'e'tablit , au sein des Ktats, des corporations sacrilèges d'hommes hypocrites et trompeurs , qui attirèrent à eux tous les pouvoirs ; et les prêtres , à la fois astronomes , théologues, physiciens , médecins , magiciens , interprètes des dieux , oracles des peuples , rii^aux des rois ou leurs complices , établirent , sous le nom de religion , un empire de mystère et un monopole d'instruction , qui ont perdu jusqu'à ce jour les nations.... »

A ces mots , les prêtres de tous les groupes interrompirent l'orateur, et, jetant de grands cris, ils l'accusèrent d'impie'te' , d'irréligion , de blasphème , et voulurent l'empêcher de continuer ; mais le le'gislateur ayant observé que ce n'était qu'une exposition de faits historiques ; que si ces faits étaient faux ou controuvés , il serait aisé de les démentir ; que jusque-là l'énoncé de toute opinion était libre , sans quoi il était impossible de découvrir la vérité, l'orateur reprit :

« Or, de toutes ces causes , et de l'association continuelle d'idées disparates , résultèrent une foule de désordres dans la théologie , dans la morale , dans les traditions ; ef , d'abord parce que les animaiLX figurèrent les astres , il arriva que l('s qualités des brutes , leurs penchans , leurs sympathies, leurs aversions passèrent aux dietw.

LES nLl>ES.

ot furent supposes être leurs actions : ainsi , le (lieu Ickneiimon fit la guerre au dieu Crocodile ; le dieu Loup voulut manger le dieu MoiUon ; le dieu Ibis dévora le dieu Serpent ; et la divinité tievint un élre bizajTC , capricieux , féroce , dont l'idée dérégla le jugement de l'homme, et corrompit sa morale avec la raison.

« Et parce que , dans l'esprit de leur culte , chaque famille, chaque nation avait pris pour patron spécial un astre , une constellation , les affections et les antipathies de Y animal-symbole passèrent à ses sectateurs ; et les partisans du dieu Chien furent ennemis de ceux du dieu Loup , les adorateurs du dieu Bœuf eurent en horreur ceux c[ui le mangeaient, et la religion devint un mobile de haines et de combats , une cause insensée <le délire et de superstition (02).

u D'autre part, les noms des astres- animaux ayant , par cette même raison de patronage , été imposés à des peuples , à des pays , à des montagnes , à des fleuves, ces objets furent pris pour des dieux ; et il en résulta un mélange d'êtres géographiques, historiques et mythologiques, qui confondit toutes les traditions.

« Enfin par l'analogie des actions qu'on leur supposa , les dieux-astres ayant été pris pour des hommes , pour des héros , pour des îvis , les rois et les héros prirent à leur tour les actions des dieux pour modèles , et devinrent , par imitation , guerriers, conquérant, sanguinaires, orgueilleux, lubriques, paresseux; et la religion consacra les

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rrimes des despotes , et perverlit les principes des goiivernemens.

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