‹ Les ruinesChapitre 46 sur 66 · S- IV · texte numérisé non relu

S- IV

Quatricme syslème. Culte des deux principes , ou dualisme.

« Cependant les prêtres astronomes , dans l'abondance et la paix de leurs temples , firent , de jour en jour, de nouveaux progrès dans les sciences ; et , le système du monde s'ëtant développe graduellement à leurs yeux , ils élevèrent successivement diverses hypothèses de ses ejffets et de ses agens , qui devinrent autant de syslè?nes tliéologiques.

« Et d'abord les navigations des peuples maritimes, et des caravanes des nomades d'Asie et d'Afrique , leur ayant fait connaître la terre depuis les îles Fortunées jusqu'à la Sërique , et depuis la Balti({ue jusqu'aux sources du Nil , la comparaison des phénomènes des diverses zones leur découvrit la rondeur du globe , et fit naître une nouvelle théorie. Ayant remarqué cfiie toutes les opérations de la nature , dans la période annuelle, se résumaient en deux principales, celle de produire et celle de détruire ; que , sur la majeure partie du globe , chacune de ces opérations s'accomplissait également de l'un à l'autre équinoxe ; c'est-à-dire que pendant les six mois d'été' tout se procréait, se multipliait , et que pendant les six mois d'hiver tout languissait , était près-

jSS les rui>es.

que mort, ils supposèrent, dans la Nature, des puissances contraires en un e'tat continuel de lutte et d'effort; et , conside'rant sous ce rapport la sphère céleste , ils divisèrent les tableaux qu'ils en figuraient en deux niniiiés ou hémisphères , tels, que les constellations qui se trouvaient dans le ciel d'été formèrent un empire direct et supérieur ^ et celles qui se trouvaient dans le ciel àlùueriormèrent unenipire antipode et inférieur. Or, de ce que les constellations d'e'te' accompagnaient la saison des jours longs , brillans et chauds , ainsi que des fruits et des moissons, elles furent cense'es des puissances de lumière, àe/écondité , de création, et , par transition du sens physique au moral , des génies , des anges de science , de bienfaisance , de pureté et de vertu : et de ce que les constellations d'hiver se liaient aux longues nuits, aux brumes polaires , elle furent des génies de ténèbres , de destruction , de mort, et , par transition , des anges d'ignorance , de méchanceté , de péché et de vice. Par une telle disposition, le ciel se trouva partage en deux domaines , en deux/irctions: et déjà l'analogie des ide'es humaines ouvrait une vaste carrière aux e'carts de l'imagination ; mais une circonstance particulière détermina, si même elle n'occasionna , la méprise et l'illusion. ( Saurez la planche III. )

« Dans la projection de la sphère ce'leste que traçaient les prêtres astronomes (53) , le zodiaque et les constellations , disposes circulairement , présentaient leurs moitiés en opposition diame-

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