‹ Les ruines d'AniChapitre 20 sur 32 · XII. CLOCHER DE L’MCIEME ÉGLISE DE SOURB-GRIGOR · texte numérisé non relu

XII. CLOCHER DE L’MCIEME ÉGLISE DE SOURB-GRIGOR

Le clocher de l’ancienne église, au S. de celle-ci, est en pierres de taille, le côté S. posé immédiatement sur un rocher; aujourd’hui il est en grande partie effondré. La muraille N., qui touche au c/ocâer10), est parfaitement saine d’un bout à l’autre, jusqu’aux deux piliers mitoyens latéraux, ainsi que les deux arcades du N., reposant sur les chapiteaux des piliers, et les plafonds. Mais de l’intervalle entre les piliers, que n’aurait pas ménagé la main impitoyable de la destruction, en établissant une séparation en pierres se prolongeant de l’E. à l’O. , on a fait une chambre pourra conservation des effets du couvent. Par-là, ainsi qu’on l’a dit, les deux voûtes latérales, partant du mur du N. et posant sur les chapiteaux des piliers, sont assolidées ainsi que le plafond en pierres de taille. 85

1) Chahkh. p. 268; S. p. 216. B.

2) Chahkh. et S. ibid. B.

3) Ch. S. Sourb-Grigoris. B.

4) omis chez Ch. et S. B.

6) Ch. S. «Le P. supérieur.» B.

6) Ch. Nchikin . . . .Nvart; S. Nchik. B.

7) Chahkh. ibid., S. 217. B.

8) S. aj. et de tous les saints ....(lacune); Ch. aj. encore amen! B.

9) l’Inscription a été gravée par l’ordre du supérieur Pétros. B.

10) Il faut lire, je crois, à l'église. B.

M. B ROSS K T

Ces deux piliers, qui ne sont pas moindres que ceux du nouveau clocher, sont des monolithes ronds, ayant des chapiteaux carrés et anguleux, mais les bases sont rondes, comme les colonnes mêmes.

Deux autres piliers monolithes, avec leurs chapiteaux carrés, sont tombés et gisent dans la masse des pierres du clocher, dont les unes sont endommagées, les autres saines encore.

Mais ici et peut-être dans d’autres couvents, restaurés par les modernes, on a tiré parti des pierres des saints lieux; car les débris de la sainte maison, les croix de pierre, les tombes à inscriptions de l’ancien cimetière, dont nous avons parlé en son lieu, les

86 restes des souvenirs du VIe s. et autres, ont été mis en oeuvre dans la construction des chambres de l’ignorant vartabied Grigor Jamcotchian, bâties aux frais de la communauté.

C’est une grande perte pour notre nation et un sujet de reproche pour l’avenir, que les saints édifices de nos aïeux aient été délaissés, et ce qui est pire, les inscriptions commémoratives des grandes actions de notre peuple, qui, si elles existaient encore, pourraient certainement répandre la lumière sur les points obscurs de nos antiquités, sur la construction des saints temples, sur les événements de l’histoire nationale.

Peut-être le bienheureux vieillard Grigor a-t-il aussi relevé ce clocher de ses ruines séculaires, pour prix de l’éducation reçue ici, comme on l’a dit plus haut.

87 A l’O. et tout auprès des demi-restes du clocher, jusqu’à l’extrémité du roc, on a établi des chambres pour les besoins de la communauté, du côté du S., au milieu du porche, et l’on y a englobé la face occidentale de l’église et du clocher. Par suite, comme on l’a dit, a été fermée la porte occidentale du temple, au moyen des assises du nouveau mur, et par ce travail inintelligent, l’édifice est devenu inutile.

L’ancienne muraille ou forteresse, mentionnée dans l’inscription de Zakaré, est tombée, dit-on, ayant été démolie lors de l’invasion de Kialb-Ali, khan persan, que nous avons racontée; il n’en reste qu’une partie, au NE., sur laquelle les artisans, de la communauté d’Alexandrapol, ont construit de nos jours leurs murailles en pierre cimentée, en laissant subsister les portes de l’E. et du N.; car l’enceinte n’est pas complète, et n’embrasse que

88 ces deux côtés; dans les deux autres directions il y a des vallées, dont ou parlera plus bas.

On a retrouvé seulement dans les ruines de la muraille, dispersées çà et là, dans le porche, une pierre sémicirculaire du tympan de la porte du mur ancien, avec une inscription du temps, tellement dégradée qu’il a été impossible de la lire.

Comme les côtés O. et S. du couvent reposent sur un rocher, confinant à deux vallées, ils sont dépourvus de murs; mais il a été construit des chambres au point de partage de ces vallées, aux frais des mêmes artisans, pour les besoins des pèlerins, qui y affluent toute l’année, de la partie du Chirac soumise aux Russes. Ainsi l’enceinte se trouve continuée jusqu'au

89 N.; à partir de là vient la muraille de nouvelle construction.

Toutes ces bâtisses ont eu lieu en 1830, comme on l’a dit dans le cours du récit; car à cette époque le Chirac s’étant rempli d’émigrés, l’évêque Stéphanos Khajaknian, de Carin,

Les Ruines d’Ani. — Description.

chef spirituel de Cars, emmena la communauté d’Horhomosi-Vank sur les deux rives de l’Akhourian, et la conduisit avec tous ses biens à Harhidj; il nettoya l’église de tous débris, monta un autel à dire la messe, dans la cathédrale de la Mère de Dieu, ainsi qu’un calvaire sculpté, en bois, aux frais d’une dame pieuse, Vardichagh Matakiants, et avec l’aide des émigrés il bâtit à l’intérieur de l’enceinte, du côté du N., près de la grande porte, . deux écuries pour les bêtes, un économat et six cellules en sus des dernières construites.

En 1839 et depuis on a bâti le mur et les chambres de l’O. et du S., dont il a été parlé sous les supérieurs Poghos et Grigor vartabieds, aux frais des artisans de la ville. Grâce aux legs spirituels et aux offrandes des paroissiens fervents, du diocèse de Chirac, les constructions se succèdent, tantôt par suite d’exhortations, tantôt par les dons dûs à la dévotion des seigneurs Aghabek Tigraniants, Ter Hovseph Pétrosian, Sahac Siméonovnian, Ter David Siméonovniants, Harouthioun Harouthiounian, et le médecin Grigor Hacobian, nobles habitants d’Alexandrapol. Animés d’un même esprit de religion et d’amour pour la splendeur de la maison de Dieu et du temple de N.-D., par eux-mêmes et par le concours de personnes pieuses, il pourvoient à ce qui manque aux bâtiments du merveilleux monastère de Harhidj, dans l’espoir de la rétribution que Dieu leur réserve pour récompense.

A ces renseignements si intéressants, on peut ajouter, d’après le P. Chahkhathounof, p. 269, qu’au S. de l’église de Harhidj, il existe des ruines d’un grand édifice à piliers, dont les parties O. et N.» sont encore debout, et qu’il croit avoir été ou la résidence du supérieur, ou une école. A ce propos il dit que les écoles du Chirac, autrefois florissantes, ont produit le vartabied Stéphanos surnommé Krhthénavor1), de qui le catholicos Hovhannès Otzounetsi, du Tachir, avait pris les leçons, et dont l’historien Vardau a écrit l’éloge.

1) Je crains qu’ici la mémoire n’ait fait défaut au savant P. Chahkhathounof; car le vartabied portant le surnom de Khrthénavor, et qui vivait au VIIe s., s’appelait de son nom Théodoros et non Stéphaunos; v. Quadro délia st. lett. di Arm. p. 38,42; Bullet. de l’Acad. Imp. des Sc. t. II, p. 61. B.

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