CHAPITRE III
Cloître de Villers.
SOMMAIRE. 1. Aspect poétique du cloître de Villers 2. Généralités : Importance caractéristique du cloître dans un monastère, sa disposition primitive, sa forme en Occident et ses raisons d'être 3. Cloitre roman de Villers : Aspect qu'il présentait au Xll'' siècle, seule fenêtre qui nous en soit parvenue intacte, et curieuse histoire de sa découverte, remarques sur la construction de ce cloître. Cloitre en style ogival: Généralités, origines de celui de Villers, ce qu'il en reste, sa description et sa grande valeur archéologique. 5. Cloître moderne de Villers (Renaissance) : ses origines, ce qu'il en subsiste encore, forme et dimensions du cloître actuel, largeur inégale des travées de galerie à galerie. 6. Préau du cloître : Dimensions actuelles et nombre des travées s'ouvrant de chaque galerie, dimensions primitives, cour des convers disparue à l'Ouest. 7. Lavabos : Usage, description, situation primitive, déplacement, petits lavabos du cloître de la collation et leur usage spécial. S. Silence du cloître : Sa rigueur chez les Cisterciens, peines encourues par les transgresseurs, le colloquii locus. 9. Autres cuiiosités archéologiques du cloitre : a) Belle fenêtre circulaire du tombeau du bienheureux Qobert d'Aspremont; b) dalles tumulaires; c) portes romano-ogivales (porte trilobée) donnant accès dans l'église; d) crypte mortuaire.
i. Aspect poétique du cloître de Villers. — Vu du
seuil méridional de l'église, le cloître de Villers se présente sous un aspect véritablement impressionnant et des plus poétiques. La nature, contrariée dans son œuvre durant les quelques années de grand déblaiement, a repris peu à peu son empire sur cette partie essentielle des ruines et semble avoir hâte de compenser les pertes qu'on lui a fait subir, de se soulager de la contrainte dans laquelle on l'a tenue alors, par un redoublement de vigueur, ainsi que le témoignent ces splendides frondaisons, ces hautes herbes folâtres, s'y épanouissant de nouveau de toutes parts, même aux pans de murailles d'où on pouvait les croire bannies pour toujours.
Quel magnifique décors que toute cette vigoureuse et pittoresque végétation, encadrant ces tristes et grandioses débris d'un autre âge, d'une façon si pleine de poésie, de sauvage beauté, comme seule Dame Nature sait le faire !
Encore quelques années et cette maîtresse artiste, cette fée
CLOITRE DE VILLERS
enchanteresse, nous aura refait de toutes pièces, le vieux cloître, si poétique d'antan, moins toutefois son amoncellement énorme de décombres qui en interdisait presque l'accès.
Mais sans nous attarder davantage à ces beautés naturelles, jetons un rapide coup d'œil sur l'ensemble des ruines gigantesques qui nous entourent de toutes parts.
Ce qui attire d'abord les regards et exerce même une véritable fascination sur le visiteur, c'est la galerie ogivale du xive siècle, étalant en face de l'église ses vieilles arcades affreusement mutilées,
FI0..9. — :LE CLOITRE, VU DE L'ÉGLISE ABBATIALE, D'APRÈS UNE ANCIENNE ÉTUDE.
formant, [quand Jméme, l'écrin archéologique de Villers et sur laquelle nous reviendrons. Par dessus, s'élève crânement, le vieux pignon septentrional du réfectoire, percé de jolies ouvertures romano-ogivales, dont la galerie nous cache les plus intéressantes } ainsi que nous pourrons le constater plus tard, en visitant l'intérieur. A droite se montrent les vestiges de la cuisine et de son immense cheminée, puis du côté occidental, un amas énorme de constructions croulantes, percées de petites fenêtres romanes (quelques-unes sont restaurées) et couronnées ça et là d'arbustes, juchés triomphalement, sur ce qui fut d'abord au xme siècle, le bâtiment des frères convers et plus tard les celliers du monastère.
Enfin à notre gauche, en face de la porte sud-est de l'église, s ouvre la galerie orientale, malheureusement « modernisée » dans les derniers siècles, et qui est aujourd'hui complètement veuve de ses voûtes, dont il ne reste guère qu'une arcade ogivale, échappée par le plus grand des hazards, à un regrettable vandalisme, et qui nous aide à nous former une idée de la forme primitive de cette galerie, représentée aujourd'hui par deux murailles informes. Celles-ci s'élèvent à une hauteur de plusieurs étages et sont percées de fenêtres modernes, qui s'ouvraient sur les dortoirs des moines, surmontant les sacristies, la petite bibliothèque, le chapitre, etc., dont nous apercevons les portes à notre gauche. Leur aspect est des plus désolant Aussi l'œil s'en détourne assez vite et se reporte instinctivement vers le préau, veuf de son lavabo traditionnel, (dont on aperçoit encore cependant les vestiges) et qui est pittoresquement contourné par les soubassements verdoyants des galeries occidentales et septentrionales, disparues sans retour.
Maintenant que nous avons introduit le visiteur au centre des ruines, il est temps de commencer notre étude sérieuse du cloître.
Quant à ceux de nos jeunes compagnons que la perspective de cette étude effrayerait (et ils sont légions de nos jours), nous les inviterons à aller batifoler et flâner à leur guise où bon leur semblera (ici on n'a que l'embarras du choix), leur donnant cependant rendez-vous à la porte de l'église abbatiale pour la visite, plus attrayante, du moins pour eux, des diverses dépendances, par laquelle nous comptons terminer notre excursion au sein de ces ruines incomparables.
2. Généralités. — Le cloître est la partie du monastère qui imprime à celui-ci son véritable caractère, lequel, malheureusement, fait défaut à la plupart de nos maisons religieuses contemporaines. C'est donc par lui, semble-t-il, qu'il convient de commencer la description d'une abbaye digne de ce nom. D'ailleurs, il est évident qu'après l'église, le cloître en est l'endroit le plus important, celui dans lequel les moines passaient presque tout le temps qu'ils ne consacraient pas à la prière en commun et aux travaux. Il leur servait de promenoir et de lieu de méditation. De plus, il donnait accès à tous les bâtiments réguliers Enfin,
FIQ. 10. — CLOITRE. LA PORTE OGIVALE DE L'ANGLE NORD-EST, DITE « DES MOINES »,
ABBAYE DE V1LLERS.
c'est dans le cloître de Villers que se trouve l'admirable galerie ogivale du xive siècle, déjà mentionnée plus haut.
Le cloître des monastères en Orient est l'enceinte qui enveloppe Varea ou surface libre dont l'église est environnée de toutes parts, comme le temenos enveloppait le temple païen. Cette disposition doit être primitive, parce que dans les laures ou premiers villages de religieux, les cellules se groupèrent autour d'une place au centre de laquelle s'élevait le catholicon. Plus tard, on comprit la nécessité de faire communiquer ensemble toutes ces demeures religieuses par des galeries couvertes (couvent de Sainte Laure au mont Athos).
En Occident, un autre principe a guidé dans le plan donné au cloître des maisons religieuses. La longue basilique latine était trop vaste pour être entièrement enveloppée dans un préau ; et d'autre part, nos mœurs, contraires en ce point à celles de l'Orient, admettant les femmes dans les églises monastiques aux heures des cérémonies, il fallait une combinaison qui, tout en leur interdisant l'entrée du cloître, leur laissât libre l'accès du temple. C'est pourquoi, chez nous, le cloître religieux fut placé auprès de l'église (et non autour) au centre des lieux réguliers. Souvent il y eut plusieurs cloîtres, ordinairement deux, comme on le verra plus avant, le grand et le petit cloître.
Les cloîtres étaient généralement carrés (rarement circulaires) ou de forme rectangulaire et peu allongée afin de s'harmoniser avec celle des bâtiments réguliers leur servant de cadre.
Quatre galeries disposées systématiquement autour du préau reliaient entre elles, et avec l'une des faces latérales de l'église, toutes les constructions placées autour du cloître. Elles servaient, comme on l'a dit plus haut, de promenoirs couverts aux religieux; les besoins du service en réglaient les, proportions; leur plan, ordinairement régulier, était limité vers le préau ou cour centrale par les nombreux piliers, les colonnes et les contreforts qui formaient les façades intérieures du cloître.
C'était sous les galeries que s'ouvraient les portes diverses communiquant d'ordinaire : au nord, avec la nef méridionale de l'église, à l'orient, avec le chapitre, le parloir des moines et les escaliers conduisant au dortoir, à Vouest, avec les celliers ou magasins de provision de comestibles, au midi, avec le chauffoir,
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le réfectoire, la cuisine et autres dépendances des lieux réguliers.
Lorsque le cloître était situé au nord de l'église, comme, par exemple, à l'abbaye d'Aulne, ce qui était moins commun qu'au midi et même tout à fait exceptionnel chez les Cisterciens, le réfectoire, qu'on plaçait toujours du côté opposé au temple, pour éviter le bruit et l'odeur, se trouvait alors au nord du préau ; les autres dispositions ne recevaient pas de mutations" relatives.
3. Cloître roman de Villers. — « Les Cisterciens, dit M. le chanoine Reusens {Éléments d'archéologie chrétienne, t. II, page 484), auquel nous ferons plus d'un emprunt, fidèles aux principes sévères qui dominent toute leur architecture au xne et au xme siècle, construisirent dans les commencements des cloîtres d'une grande simplicité.
« Les plus anciens, qui datent de la fin de la période romane, sont presque tous voûtés et fermés du côté du préau par une suite de gros piliers carrés entre lesquels se trouve une claire-voie en plein cintre, basse, trapue et présentant l'aspect, moins d'un portique, que d'une série de baies pratiquées dans un mur épais.
« Comme primitivement à l'abbaye de Villers, dont il ne reste plus guère du cloître roman que la belle fenêtre s'ouvrant sur le chapitre (0, ces baies sont subdivisées en deux ou trois ouvertures
(1) Voici de quelle façon un peu humoristique, notre honorable collègue, M. Emile Lefèvre, dans une de ses lettres, nous raconte la découverte de cette charmante perle archéologique : « Je me rappelle que j'étais en train de démolir les premières pierres de la croisée de la salle capitulaire, avec M. Fraikin, l'habile sculpteur, qui m'aidait à dissimuler ces pierres, lorsque Licot arriva : Jamais, je n'ai osé entreprendre ça (fit-il, en regardant si personne ne nous entendait). Que va dire le père Dumont?... — Dumont veillait sur les ruines; mais empêchez donc deux enthousiastes de faire ce qu'ils désirent, surtout quand déjà les détails espérés se montrent!... C'était au printemps; la végétation eut vite fait de recouvrir le tas de décombres sur lequel nous jetâmes de la terre végétale. » Ces détails nous donnent une bien faible idée de la diplomatie que MM. Licot et Lefèvre ont dû déployer et des vicisitudes par lesquelles ils ont dû passer, pour parvenir, malgré tant d'obstacles suscités par des propriétaires incompréhensibles, à nous doter plus de dix années avant les fouilles officielles, de ces descriptions, plans et dessins des ruines de Villers, dont l'exactitude est aujourd'hui confirmée, presque de point en point, grâce aux déblaiements gigantesques entrepris par le Gouvernement en 1904. Aussi les noms de ces deux modestes savants sont-ils inséparablement liés à l'histoire de ces ruines célèbres.
(- UJ
es —
CLOITRE DE VILLERS
en plein-cintre et séparées par de gracieuses colonnettes. Dans les abbayes clunisiennes, où l'on était loin de professer la même rigueur dans la décoration architecturale, les baies des cloîtres étaient plus larges et l'ornementation, tant picturale que sculpturale, des plus luxueuses. »
D'après la chronique du monastère, le cloître roman de Villers fut commencé vers 1197, par l'abbé Charles de Seyne, en même temps que l'aile orientale, renfermant à l'étage le dortoir des prêtres et au rez-de-chaussée : la sacristie, la petite bibliothèque, la salle capitulaire, le parloir et la salle des moines. (Voir le Plan détaillé ci-inclus.) Plus tard, quand à ces services, s'ajoutèrent le chauffoir, le réfectoire et la cuisine, la galerie destinée à desservir ces salles vint rejoindre celle qui existait déjà. Un mur tut élevé au nord, sans attendre la construction de l'église, et un autre à l'ouest, contre lequel s'appuya une dernière galerie (fig en A sur notre plan), vint séparer le préau du cloître de la petite cour des Convers et par suite du domus conversoram, conformément à la règle, et tel que cela existe sur les plans déjà cités de Clairvaux et de Cîteaux.
Les galeries du nord, du sud et de l'ouest, contrairement à celle de l'est, ne furent pas d'abord voûtées, mais recouvertes d'une simple charpente appuyée sur des corbeaux qui existent encore dans le mur du bas côté sud de l'église, aussi bien que dans celui de la cuisine.
4. Cloître en style ogival. — Pendant la période ogivale, les cloîtres ont généralement des voûtes d'arête à nervures et communiquent avec le préau au moyen de grandes arcades ogivales ajourées et séparées les unes des autres par des contreforts. Dans ces arcades on plaça, aux xme, XIVe et XVe siècles, des claires-voies en pierres semblables aux meneaux qu'on voit dans les fenêtres contemporaines. Parfois ces claires-voies ne recevaient pas de vitres; le plus souvent néanmoins, principalement dans le nord et l'ouest de l'Europe, on remplissait leur tympan de vitraux blancs ou peints, afin de mettre à l'abri des intempéries de l'air les personnes qui se promenaient dans les galeries du cloître.
Les cloîtres du XVe siècle ne diffèrent ordinairement de ceux du xnie et du xive siècle que par la décoration des contreforts, les dessins formés par les meneaux, le système de construction des
voûtes et les détails de l'architecture. Les clefs de voûtes, par exemple, sont parfois, comme dans les églises et les autres monuments de la même époque, ornées d'écussons armoriés et de pendentifs, et les piliers portent en saillie des culs-de-lampe sculptés destinés à recevoir des statues couronnées de dais et de pinacles. Les déblaiements récents des ruines du cloître de Villers ont fait découvrir des magnifiques clefs de voûtes et autres ornements de cette période.
Dès le xi-ve siècle quelquefois et assez souvent au XVe, on remplaça dans les cloîtres, les arcades ogivales en forme de fenêtre, par des claires-voies continues, remplies de meneaux, dont les tracés ressemblent à ceux des arcades décoratives que l'on voit, sous les appuis des fenêtres basses, dans les églises de la dernière partie de la période ogivale, comme par exemple, dans celle de Saint-Martin, à Ypres.
Du XIVe siècle au XVIe, les galeries primitives du cloître de Villers furent démolies et reconstruites en style ogival rayonnant ou secondaire le plus pur et le plus gracieux. Cette reconstruction fut entreprise dès le XIVe siècle par l'abbé Robert de Broquery, pour ce qui concerne la galerie du sud, comprenant neuf arcades dont trois (celles en face du réfectoire) étaient libres et les autres garnies de meneaux enlevés à une époque inconnue. (Fig. ît.) Les arcs doubleaux des arcades posent sur des consoles ornées de bas-reliefs, représentant diverses espèces d'animaux.
Les piliers en ont été modifiés extérieurement, quand dans la première moitié du xvne siècle, sous l'abbé Van der Heyden, on surmonta cette galerie d'une bibliothèque.
« On ne peut qu'admirer, dit M. Lefèvre, la taille de ces « pierres formant un ouvrage remarquablement beau.
« La pénétration savante des nervures qui viennent se fondre « sur lés piliers, la beauté des sculptures, la noblesse de l'en- « semble, tout cela fait de cette galerie mutilée un spécimen sans « rival en Belgique. »
De cette galerie si remarquable, il ne subsiste plus que cinq travées voûtées, lesquelles ne devront elles-mêmes leur conservation future qu'à la restauration intelligente dont elles viennent d'être l'objet de la part du gouvernement, au moment où elles menaçaient de disparaître à leur tour, par suite de l'incurie inconcevable des propriétaires des ruines.
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La galerie de l'ouest (pour la construction de laquelle on dut couper les contreforts et boucher les jours des celliers), semblable à celle du midi quant à l'architecture, n'a pas été exécutée en matériaux aussi soignés; les nervures des voûtes en pierre blanche, d'une taille facile et l'emploi de la brique,font supposer à MM. Licot
FIG. 12.6— ARCADE DE LA GALERIE ORIENTALE, ANTÉRIEURE A SA RECONSTRUCTION AU XVIo SIÈCLE.
et Lefèvre qu'elle date du xve siècle, ainsi que les deux premières travées du nord.
5. Cloître en style moderne. — Les autres travées de la galerie septentrionale furent reconstruites au xvie siècle, en style moderne, par l'abbé Henrion, puis revoùtées au xvme siècle, de
même que celle de l'est, dont on coupa alors les contreforts. On les surmonta de deux étages, renfermant les cellules des moines, lesquelles avaient remplacé le dortoir commun primitif.
A l'époque dite de la « Renaissance » (c'est-à-dire à partir du xvie siècle) la plupart des cloîtres d'occident furent bâtis ou reconstruits d'après les données du style classique; quelquefois ils ne faisaient qu'imiter les portiques romains. C'est dans ce style que fut édifiée au commencement du XVIIe siècle la nouvelle abbaye cistercienne des Dunes à Bruges, encore parfaitement intacte aujourd'hui et servant de grand séminaire épiscopal. Les abbés de Yillers des xvne et xvme siècles, cédant au fatal et aveugle engouement de leur temps pour cette architecture, qualifiée si improprement du nom de « Renaissance », continuèrent l'œuvre regrettable inaugurée par Henrion et n'eurent plus de repos qu'ils ne fussent parvenus à détruire ou du moins à masquer, sous de lourds plâtras, les gracieuses constructions ogivales, tant du cloître que de tout le monastère. Ce qui reste de la galerie orientale (fig. 12) nous en fournit un déplorable spécimen.
Nous aurons occasion en décrivant l'église de revenir sur ce vandalisme spécial dont le visiteur des ruines de Villers et d'Aulne constate partout l'action destructive.
6. Préau du cloître. — Le préau du cloître de Villers mesure actuellement 40 mètres de long sur 3o mètres de large. Le côté sud comprend neuf travées, celui du nord huit, mais plus grandes, et ceux de l'est et de l'ouest chacun sept travées plus petites que les précédentes.
Le préau primitif, ou du commencement du xme siècle, présentait, de même que le cloître, la forme d'un carré de 3o mètres de côté et par suite ne dépassait pas à l'ouest la vaste cheminée de la cuisine. Il comprenait donc de ce côté deux travées de moins qu'aujourd'hui et s'y trouvait limité par une galerie (représentée en A' sur notre Plan-Guide) dont les fondations ont été retrouvées par M. Licot.
Cette galerie disparue, semble-t-il, peu après le xive siècle (lors de la diminution du nombre des frères convers), comme le fait supposer l'examen des vestiges de celle qui l'a remplacée, s'adossait à l'ouest à un mur assez élevé, partant du côté oriental de la porte sud-ouest de l'église et aboutissant au côté occidental de la porte de la cuisine.
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Entre ce mur et le bâtiment renfermant les celliers (plan Q) et autrefois les logements des convers, se trouvait une cour d'environ 40 mètres de long sur 10 mètres de large, servant de même qu'à Cîteaux et à Clairvaux,de lieu de passage aux convers et aux hôtes, se dirigeant vers la porte sud-ouest (plan/) de l'église abbatiale. A cette époque, ainsi qu'on le verra plus loin, le quartier de l'abbé et des hôtes était en effet à proximité de cette cour et le corridor d'entrée (plan P) n'était lui-même que le prolongement de celui qui coupait en deux l'ancien quartier abbatial, comme on le voit sur une gravure antérieure à la reconstruction de l'abbaye publiée par Sanderus dans sa Chorographia sacra Brabantiœ, en 1659 t1).
7. Lavabos. — Presque tous les cloîtres élevés pendant le moyen-âge possédaient un lavabo ou lavoir.
Les religieux, en revenant des travaux des champs, s'y lavaient les mains avant de se mettre à table ou bien de se rendre à l'office. Ce lavabo se composait d'une grande vasque, ordinairement circulaire, et était alimenté parles eaux d'un puits ou mieux d'une fontaine, dans les lieux où, comme à Villers, les accidents du terrain offraient cette dernière ressource. Il occupait dans le principe le centre du préau (il en est ainsi à l'abbaye moderne de Maredsous).
Plus tard on le rapprocha de la galerie voisine du réfectoire, ainsi qu'on le constate aisément sur le plan de l'abbaye de Clairvaux au xne siècle. Villers bâtie presque servilement sur le modèle de sa mère de France, la copia même dans ce détail. C'est du moins ce qu'il résulte des déblaiements effectués en ces derniers temps, lesquels ont mis au jour en face de l'entrée du réfectoire les fondements du petit édifice polygonal qui recouvrait ce lavabo (voir plan en b). Parfois on l'établissait dans un des angles de la galerie. On en creusait aussi dans les pierres servant d'appuis aux larges ouvertures donnant sur le préau, comme permettent de le constater les petits lavabos mis récemment à
( 1 ) Par une singulière méprise, cette gravure a été publiée en i65g au rebours de son orientation, ce qui nous a obligé d'en donner un second dessin plus correct (voir notre planche hors texte, donnant les deux dessins en regard).
découvert dans la 2e et la 5e travée de la galerie septentrionale (i) du cloître de Villers (voir plan a et a').
11 semble avéré que ces derniers servaient aux deux moines hebdomadaires chargés du mandatum ou lavement des pieds du samedi (H. Nimal. L'Eglise de Villers, p. 3o). Leur diamètre et leur profondeur ne dépassent guère d'ailleurs un demi mètre. Quoi qu'il en soit, il paraît qu'au xvme siècle, si on en juge d'après notre gravure de i 750, le grand lavabo de Villers avait repris sa place traditionnelle au centre du préau
8. "Silence du cloître. — Le silence le plus absolu a toujours
été de rigueur dans l'intérieur des cloîtres, surtout à l'abbaye de Villers, renommée encore au xvme pour sa grande régularité. Il fut même un temps où cet état de choses s'étendait à tout le monastère.
Au milieu du jour on y trouvait le silence que l'on ne rencontre ailleurs que durant la nuit. Ce silence n'était interrompu que par le choc des instruments de travail ou par le chant des louanges de Dieu. Le violateur de la loi du silence chez les Cisterciens, devait pour chaque infraction, commise volontairement, être condamné au pain et à l'eau pendant un jour. En cas de
(1) En 1749 cette galerie septentrionale s'appelait « Cloître de la collation », si on en juge par cette note concise de Dom Guyton : « Beaux cloîtres vitrés. Deux pierres rondes creuses au cloître de la collation. » (Schuermans. L'Abbaye de Villers en 174Q. p. i5). Ici le mot « collation » doit s'entendre de la lecture spirituelle (ou nourriture de l'âme), précédant complles.
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nécessité, la règle ne permettait à un moine de parler à un autre à voix basse, que dans l'embrasure d'une fenêtre oujdans un petit parloir ad hoc, appelé pour cette raison colloquii locus, dont nous reparlerons plus loin, à propos de celui de Villers. Cette observa-
FIG. 14. — ; FENÊTRE CIRCULAIRE DU TOMBEAU DU BIENHEUREUX GOBERT AVANT SA RESTAURATION.
tion du silence le plus rigoureux dans l'intérieur du cloître, existe encore aujourd'hui dans la plupart des monastères cisterciens, bénédictins, etc.
9. Autres curiosités archéologiques du cloître. — a) Avant de quitter le cloître proprement dit, pour pénétrer dans 1 église abbatiale, jetons un coup d'œil sur ce qu'il offre d'intéressant de ce côté.
A l'angle formé par la galerie orientale et par celle de l'église ou du nord (plan C), nous remarquons tout d'abord à portée de la main, une belle fenêtre circulaire à sept rosaces richement découpées (fig. i3 et 14), si heureusement restaurée par les soins de M. l'architecte Licot. En avant et en marbre blanc, se trouvait le magnifique tombeau du bienheureux Gobert d'Aspremont, d'abord riche et brave chevalier lorrain, ensuite croisé en Terre Sainte et, enfin, pauvre moine à l'abbaye de Villers, mort en odeur de sainteté le 20 août 1263. Ce tombeau, devant lequel les moines ne passaient jamais sans incliner la tête, consistait en un monument orné de treize niches, dont les deux extrêmes étaient fort simples; les autres étaient décorées de clochetons et de pinacles à crochets Le bienheureux Gobert était représenté couché et revêtu du costume de moine cistercien.
b) Dalles tumulaires. — Ici nous laissons la parole à M. de Prelle de la Nieppe, dont la compétence en la matière n'est contestée par personne :
« Les travaux de déblaiement et de réfection des ruines de l'abbaye de Villers, ordonnés par le Gouvernement et commencés, le ier octobre 1893, sous la direction de M. l'architecte Licot, ont mis au jour diverses dalles tumulaires dont il nous a paru intéressant de perpétuer le souvenir.
« Les abbés et les moines de Villers n'étaient pas seuls inhumés dans leur abbaye; les protecteurs de ce célèbre monastère tenaient à honneur de reposer dans ses murs.
« La chronique rapporte, que les ducs de Brabant, Henri II et Jean III. ont été inhumés à l'abbaye de Villers, à laquelle ils avaient voué un culte pieux.
« On trouve dans l'ouvrage du baron Le Roy, le Grand Théâtre sacré du duché de Brabant, tome I, seconde partie, page 14, et dans celui de Butkens, tome I, page 443, deux gravures qui peuvent donner une idée de la richesse artistique de ces mausolées
« Parmi les dalles tumulaires les mieux conservées et les plus intéressantes, nous citerons en première ligne celle de Walter de Houtain. (Fig. 1 1.)
« L'effigie de Walter de Houtain est placée sous un dais ogival, le tout finement gravé au trait. Si les motifs architectoniques de la tombe révèlent, par l'élégance et la profusion de leurs
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lignes, un art déjà avancé, le costume du chevalier nous reporte aux premiers siècles de l'existence de l'abbaye, c'est-à-dire au xme ou au commencement du xive siècle.
« L'inscription, gravée sur les arcs de l'ogive, n'est pas datée :
Rte jacet domîn' OXalter fîlîu' dm' {Halteri de Routaîn & domine Berte de Linge orate p(ro eo).
« Les lettres o et r de orate sont conjuguées.
« La fin de l'inscription a été en partie enlevée par une cassure transversale de la tombe.
« Comme on le voit les mots domine et Berte, qui appartiennent à l'ancienne orthographe latine, sont mis pour dominai et Bertœ. Ce détail philologique n'a qu'une importance relative; néanmoins il convient de le signaler. Il n'est qu'une probabilité dans notre thèse, à savoir que nous nous trouvons en présence d'une tombe remontant au plus tard au commencement du xive siècle.
« C'est généralement dans le costume de l'époque où ils vivaient que les chevaliers étaient représentés sur leurs tombeaux S'il en était autrement pour la pierre tombale qui nous occupe, on ne s'expliquerait pas la fantaisie de son auteur se bornant à donner à l'armure du chevalier un archaïsme que ne comportent pas les autres détails de la tombe. Il n'y a nulle raison pour avoir dérogé cette fois à une règle générale.
« Décrivons successivement le costume du personnage et les détails d'architecture de la dalle tumulaire.
« Walter de Houtain est représenté vêtu du haubert (ou cotte de mailles) au-dessus duquel est la cotte d'armes. Il a la tête couverte du heaume, usité de la fin du xne siècle jusqu'au milieu du xive, sorte de casque cylindrique terminé à sa partie supérieure en cône tronqué ayant comme œillère et nasal une ouverture en croix pentalobée. Vers i3oo, le haume devient tout à fait pointu; nous sommes donc en présence d'un exemple de la transition entre le casque absolument cylindrique et le casque pointu au sommet;
(1) Il est à remarquer que dans les siècles postérieurs on a été moins scrupuleux, et par conséquent moins fidèle, dans la reproduction des personnages en portrait auxquels on attribuait des costumes guerriers, entre autres des cuirasses, qu'ils n'avaient jamais portés.
ceci assignerait comme époque de la mort de Walter de Houtain, une date comprise entre les années 1280 et i3oo. Le casque est surmonté d'un cimier. Le cou du chevalier est protégé par le camail où les points de maille sont figurés. Ce camail d'un tissu qui n'offrait qu'une garantie douteuse, a fait place, dès le commencement du XVe siècle, à une sorte de camail composé de lanières articulées, opposant une plus forte résistance aux coups d'épée.
« Deux traits parallèles partant de l'épaule droite et dissimulés dans la partie inférieure par le bouclier, simulent le baudrier.
« Les bras, les jambes et les pieds sont recouverts de mailles; ces derniers sont chaussés à la poulaine.
« Les éperons sont figurés par des pointes sans molettes. Quoique les éperons à molettes mobiles aient été mis en usage au commencement du xme siècle, nous ne voulons pas placer l'existence de notre personnage avant cette époque, car les deux espèces d'éperons ont été employées concurremment jusqu'à la seconde moitié du xive siècle.
« Un chien est gravé derrière les jambes du chevalier. Celui-ci tient de la main gauche son écu qui a dû recevoir primitivement un complément de dessin héraldique par une incrustation quelconque, qui aujourd'hui a disparu. En effet, la bordure engrêlée et le chef sont plus profondément creusés que tous les autres motifs de la tombe.
« Aux épaules du chevalier qui, de la main droite, tient l'épée ou branc, sont figurées des spallières armoriées comme l'écu. Ces spallières, plus spécialement appelées ailettes, sorte de plaques métalliques pliées et formant un angle au-dessus de l'épaule, étaient destinées à protéger celles-ci contre les coups de taille; on ne les voit représentées que sur des documents des xme et xive siècles; elles n'ont été en usage que de 1280 à i35o.
« De la description du personnage figuré, passons à celle des ornements architectoniques de cette pierre. Ainsi que nous l'avons dit, l'effigie de Walter de Houtain est posée sous un dais ogival trilobé, formé par des arcs de cercle en double trait figurant des biseaux, ayant chacun un redent. L'ogive est garnie de feuilles de chardon très finement travaillées (xive siècle) et est sommée d'une touffe des mêmes feuilles. Les archivoltes de l'ogive retom-
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bent sur des chapiteaux à crochets couronnant des colonnes qui forment les côtés de la dalle. Les fûts des colonnes sont annelés vers le milieu de leur hauteur; ils reposent sur des piédestaux très simples placés sur un seuil figuré par un simple trait. Sur ces colonnettes sont posés, en partie dissimulés par les retombées des arcs de l'ogive, deux pinacles, ornés chacun de deux arcatures trilobées surmontées d'un quadrilobe.
« Nous pensons qu'il y a concordance, au point de vue de l'époque, entre l'architecture de la tombe et l'armure du personnage, et que la présence de celle-ci ne constitue pas par conséquent une réminiscence d'un temps antérieur à celui où aurait vécu Walter de Houtain. Nous pouvons, nous semble-t-il, conclure qu'il ne peut être question que de la fin du XIIIe siècle ou des premières années du xive siècle.
« Si nous nous sommes attaché à décrire minutieusement cette tombe, c'est qu'elle nous a paru devoir intéresser les amateurs d'archéologie, les pierres sépulcrales de cette nature et de cette époque étant fort rares. A l'exception de Jongelinus, dont il sera parlé plus loin, nous en avons vainement cherché la mention dans les auteurs anciens, Gramaye, Sanderus, le baron Le Roy, van Gestel, qui ont consacré dans leurs ouvrages une notice à l'abbaye de Villers.
« Nous formons des vœux pour que cette pierre tumulaire, sur laquelle figure une des rares représentations bien détaillées du costume des chevaliers du xme siècle, soit soustraite avec soin aux causes de destruction, au premier rang desquelles il faut citer l'irrésistible tendance des flâneurs inconscients, très nombreux aux ruines de Villers qui, iconoclastes modernes, détruisent pour le plaisir de détruire. »
Jongelinus (O mentionne l'épitaphedont nous nous occupons : « Prœ Capituli foribus hœ tumulorum inscriptiones : Hic iacet « Dominus Walterus, Jilius Domini Walteri de Houtain et « Dominai Bertai de Linge, matris ejus. »
On voit qu'il y a une variante à la fin de l'inscription et que l'orthographe des mots « domina; » et « Bertœ » n'est pas reproduite fidèlement. Les chroniqueurs de cette époque, ne pouvaient
(1) Jongelinus : Notitia abbatiarum ordinis cistercitnsis, lib. IX, p. 35.
pas entreprendre la tâche de recueillir de visu toutes les inscriptions qu'ils donnent dans leurs chroniques, où ils parlent d'innombrables abbayes cisterciennes. Ils devaient évidemment travailler par correspondance. De là des erreurs comme celle que nous relevons ici.
Le baron Le Roy dans son ouvrage, cité plus haut, donne les anniversaires de Villers :
« // April. anniversarium Odœ de Hait, nxoris Walteri « militis qui nobis contulerunt omnia bona sua. »
« S'agit-il de notre Walter dont le prénom figure seul? Nous croyons que l'on peut répondre affirmativement. Mais rien n'est démontré quant à sa filiation. » (r)
D'autres pierres tumulaires ont également revu le jour, par suite des fouilles faites à l'abbaye de Villers, parmi lesquelles nous mentionnerons seulement une dalle de pierre bleue sculptée en bas relief représentant un prêtre. Sous l'écusson, la devise : quœ sursum sapite.
L'effigie du prêtre est entourée d'un encadrement terminé aux angles par des quadrilobes renfermant les symboles des quatre évangélistes. Sur l'encadrement on lit l'épitaphe suivante :
(au-dessus) Hic jacet venerabilis dns
(à sénestre) d Cornélius Somers silv^e ducensis
sacr,e theol licentiat (au-dessous) hujus cœnobii lector (à dextre) et in Viller-Perwin pastor ubi
ET OBIIT 8a SEPT 1640 ORATE P. EO
c) A proximité de l'emplacement du tombeau du bienheureux Gobert, se trouve la porte romano-ogivale (plan fi) par laquelle les moines pénétraient du cloître dans l'église, pour se rendre aux offices du chœur. (Fig. 10.)
Du style ogival le plus pur, vue du cloître, elle se transforme dans l'intérieur de l'église en ouverture cintrée de la période
(1) L'Êpigraphie à l'abbaye de Villers, par Edgar de Prelle de la Nieppe. (Ann.de la Soc. archiol. de Nivelles, tome V, i8g5 )
CLOITRE DE VILLERS
romane. Les voussures en ogive qui entouraient le tympan cintré reposaient sur de petites colonnettes très jolies dont il ne reste que les bases et les chapitaux.
Si de là nous nous rendons, en longeant l'église, à l'avant dernière travée de la même galerie, nous nous trouvons en face d'une autre porte (plan /), connue, sous le nom de porte trilobée (fig. i5), non moins remarquable, percée, primitivement, pour l'usage spécial des convers et des hôtes de distinction du monastère. Elle est aussi de la période de transition ou romano-ogivale. Les tores concentriques dont se compose l'arc trilobé de son archivolte, s'appuient sur des colonnettes cylindriques, malheureusement très mutilées, avec chapiteaux à crochets. L'église de l'abbaye d'Aulne, dont la construction est presque contemporaine de celle de sa soeur de Villers, du moins quant aux nefs, présente une porte trilobée à peu près identique, donnant accès à la rnème^ partie du cloître.
d) A deux pas à gauche de la porte trilobée et dans la dernière travée occidentale de la galerie susdite, ou plutôt du mur qui sépare le cloître de l 'égl i se . on apcrçoi t (plan d) une ouverture assez basse, conduisant à la crypte mortuaire qui s'étend sousj le bas du temple. Là se trouvaient 64 cases vides formant un double rang superposé, entièrement dépouillées de leur contenu par de sacrilèges et avides spoliateurs, qui en brisèrent tous les cercueils à la Révolution, dans le stupide espoir d'y trouver des trésors imaginaires. Les travaux de déblaiement ont réduit le nombre de ces cases à 32.
L'opinion la plus générale est que cette crypte, qui se trouve en dehors de l'axe de l'église actuelle, a dû faire partie d'un édifice antérieur, probablement de l'oratoire primitif. Nous comptons approfondir ce sujet davantage dans les Fastes de Viîlers, de même que pour ce qui concerne la cave sous le porche où nous nous bornons à présent à jeter un coup d'œil, avant de franchir le seuil de l'église.
(i) Nous croyons toutefois devoir faire remarquer ici, que la construction de cette cave, sur laquelle le porche est érigé et qui fut, sans aucune doute, une dépendance utile, résulte néanmoins d'une nécessité architecturale, celle de descendre la fondation au niveau de la crypte. (E. Coulon, L'Eglise de l'ancienne abbaye de Villers. Bulletin des Commissions royales d'Art et d'Archéologie, t. XVII.)
ÉGLISE ABBATIALE