‹ Les ruines de l'Abbaye de VillersChapitre 23 sur 45 · Infirmerie et Pharmacie du XVIIIe siècle. — A · texte numérisé non relu

Infirmerie et Pharmacie du XVIIIe siècle. — A

présent, que nous avons passé rapidement en revue les diverses parties primitives existantes de l'ancien logement des convers, il nous reste à consacrer encore quelques lignes au souvenir de l'étage aujourd'hui disparu.

Construit en style roman très simple et percé de petites

(i) Le religieux préposé à la garde des provisions portait le nom de cellerier, cellarius, changé plus tard par quelques ordres religieux en celui de procureur, procurator. Cet office passait pour un des plus importants dans les abbayes d'autrefois.

Au xme siècle, le cellerier était, d'une manière générale, sous l'autorité de l'abbé, chargé de l'administration financière de l'abbaye, dont le sous-prieur avait de son côté, en second ordre, la direction spirituelle. C'était le cellerier qui commandait les repas et veillait à ce qu'ils fussent servis à temps. C'était lui qui salait les mets et faisait les parts de chaque religieux, dans les écuelles destinées à cet usage. Il recevait les comptes des convers placés à la tète des exploitations agricoles, des usines et des divers corps d'ouvriers de l'abbaye ; il en avait l'inspection.

L'auteur du Grand Exorde de l'ordre de Cîteaux nous représente un cellerier de Clairvaux, parcourant les fermes de l'abbaye pour remplir les obligations de sa charge.

Dans les grandes abbayes comme Villers, ces fonctions étaient trop importantes pour être remplies par un seul homme, et il y avait un sous-cellier. (Voir Fastes de l'Abbaye d'Aulne, pp,2i3-220.)

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fenêtres cintrées, en nombre double de celles du rez-de-chaussée, à en juger du moins par la vue qu'en a donnée Sanderus, il servit d'abord de dortoir aux centaines de frères convers de l'abbaye durant le XIIIe siècle. Plus tard il fut converti apparemment en un vaste grenier, au moins au dessus des celliers.

Enfin, au commencement du siècle passé, reconstruit presqu'entièrement et sur des proportions encore plus considérables, surtout en longueur (laquelle fut augmentée, ainsi que nous l'avons dit, d'au moins deux travées), cet étage devint dès lors l'infirmerie du monastère, laquelle s'étendait ainsi sur une longueur d'environ quatre-vingts mètres (plan N, O, P, Q) du porche de l'église abbatiale jusqu'au portique (plan Z), sous lequel passe le chemin vicinal de Genappe à Gembloux et dont l'étage composait la nouvelle « pharmacie ».

Un jardin de plantes médicinales lui était contigu au midi. Un escalier, dont il ne subsiste plus que la tourelle, conduisait à la chapelle de l'infirmerie, située entre celle-ci et la pharmacie. C'est dans cette chapelle que les corps des religieux défunts reposaient durant 48 heures.

Auparavant l'infirmerie se trouvait à l'orient du petit cloître ou cour des novices (plan 5). Elle y avait été bâtie au xive siècle par Robert de Blocquery.

3. Ancien palais abbatial. — Débouchons des celliers dans la cour du travail par la porte P. Le quartier de l'abbé et des hôtes, au monastère de Villers, était situé tout d'abord à l'ouest du logement des convers, c'est-à-dire, exactement comme à l'abbaye de Cîteaux au XIIe siècle. Les substruetions, mises à découvert depuis peu, ne laissent aucun doute à ce sujet. D'autre part, la vue de l'abbaye, publiée par Sanderus au milieu du XVIIe siècle, nous montre un véritable palais d'une cinquantaine de mètres de longueur, se déployant dans la grande cour d'entrée, parallèlement au logement des convers, à une distance de quinze à vingt mètres de celui-ci, auquel il est relié par un passage couvert, allant de la porte régulière (plan P) à l'entrée du palais.

Sur la gravure, cette entrée, de construction plus moderne que le reste, s'avance très fortement en saillie et est surmontée à hauteur du toit, d'un fronton renaissance d'une belle apparence.

La porte d'honneur est flanquée d'une douzaine d'arcades à

plein cintre, six de chaque côté, formant deux galeries extérieures adossées au bâtiment principal. Celui-ci est percé à l'étage de fenêtres rectangulaires à meneaux en pierre, paraissant remonter au xve siècle, tandis que les pignons à redans de l'édifice nous reportent à la période espagnole (xvie siècle)

Si maintenant nous comparons les constructions que nous venons d'esquisser à grands traits avec les substructions s'étalant devant nos yeux, nous retrouvons aisément les vestiges du passage couvert, dont il a été question plus haut, et qui n'était en quelque sorte, que la continuation de la galerie méridionale du cloître jusqu'à la porte d'honneur, mais avec une largeur un peu moindre.

Quant aux quatre ou cinq petites places s'ouvrant au nord sur le corridor susdit, et dont les fondations s'étalent à notre droite dès que nous franchissons le seuil de la porte régulière, comme nous n'en apercevons pas de traces sur la gravure de Sanderus, nous devons en conclure qu'elles avaient dû disparaître, peut-être même depuis longtemps, pour permettre sans doute d'agrandir le petit jardin abbatial, confiné entre l'ancien logement des convers et le palais.

Dans la plus grande de ces salles formant un carré de neuf mètres de côté, on a découvert les restes d'un pavement très curieux composé de petits feuillets de schiste, disposés en losanges C1).

Ce fait, à lui seul, témoigne évidemment de l'ancienneté de cette pièce et de ses voisines. Ne permet-il pas de supposer que l'on se trouve en face du premier salon de réception bâti par l'abbé Charles de Seyne?. ..

Arrivé au bout du corridor, près de l'emplacement présumé de la porte d'honneur primitive, nous trouvons à notre gauche les vestiges d'une salle de dix mètres de large sur une longueur de plus de vingt mètres dans la direction du sud, et dont les fondations massives mesurent de un mètre à un mètre et demi. Ne sommesnous pas ici en présence de la moitié méridionale du palais abbatial dont Sanderus nous a conservé le dessin?...

(i) Ce petit pavement présente la forme d'un rectangle d'environ deux mètres de long sur plus d'un mètre de large. On l'a recouvert d'une légère couche de terre en vue de sa préservation On sait, en effet, que le schiste s'effrite à l'air libre.

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