D. O. M. MARIAE BERNARDO
Quercus amata piis, longasvi temporis arbor,
Paucis edoceo cur mihi tantus honor !
Bernardus quondam dum sacro pneumate doctus,
Cœnobio primum deligit huncce locum, Me baculum manibus sacris hoc monte refixit ;
Coelitus inde datum germen inesse mihi.
Ex ortu tali, quercus veneranda remansi.
Ex quo persistam tempore digna coli.
4. A l'Ermitage. - L'ermitage intra muros est mentionné par Dom Guyton, bibliothécaire de Clairvaux. Après avoir, ainsi qu'on l'a vu plus haut, décrit le chêne de saint Bernard, dont, chose inexplicable, il parle comme existant encore en 1749, tandis que l'histoire rapporte qu'il fut foudroyé en 1697, et qu'on ne le trouve plus dans les gravures de la 2e édition de Sanderus, en 1 726, il ajoute : « Ils font des chapelets du bois de cet arbre. » (Ces chapelets pouvaient être faits des débris du chêne du saint Bernard, conservés religieusement au monastère.) Dom Alexandre, sousproviseur et maître de la basse-cour, m'a fait présent d'un, dont les gros grains sont façonnés en glands. Un frère hermite y travaille. Cet hermite est logé dans le clos de l'abbaye, y est reçu et fait profession en françois, comme un convers; justiciable et juridique des supérieurs. » Ceci s'applique bien au frère Théodore Laurent, comme nous le verrons tout à l'heure. Ce profès. de 1731 a-t-il eu un prédécesseur? Nous l'ignorons. Le fait est que ni la première, ni la seconde édition de Sanderus ne parle ni de l'ermitage intra muros , ni de l'ermitage extra muros.
En quel endroit se trouvait l'ermitage intra muros? Dom Guyton omet de nous le dire. Nous pensons que cet ermitage aurait pu se trouver au pied de la chapelle Saint-Bernard, au Robermont, entre celle-ci et la léproserie.
Me, pietatis amans, igitur venerare. Favebo
Si dicas humili pectore : Quercus, ave ! Pro cultûs merito referam solaminis umbram
Et fluet asgrorum gratus in ossa vigor. Sed, Bernarde, tuas cum sim plantatio dextrae,
Posce tuis famulis, vita salusque fluat. Hic veniam culpas mereantur vota favorem ;
Gaudia summa ferat qui petit hic veniam. Chronicon.
eX qVo VILLarE fVIt VIta Vigor qVe Mlhl (1146). Puis il continue ainsi :
« Au devant de ladite enceinte, est une très belle chapelle, en rotonde avec clocher et cloche : « Bernardo et Illibatas Virgini sacrum, anno millesimo septingen- « tesimo decimo quinto ». La chapelle fort propre; St Bernard en grande figure au milieu sur l'autel, tenant un bâton doré qu'il plante et appuyé en terre. On y célèbre la messe. Il y a quatre grandes fenestres, la porte vitrée à barreaux de bois, fermée à
Clef (SCHUERMANS. Op. Cit., p. I6-I7).
EXPLORATIONS GÉNÉRALES. 151
Quand on monte l'escalier, aujourd'hui déblayé, qui conduit du transept à la chapelle Saint-Bernard, on trouve d'abord, à gauche, un espace assez grand, avec, au fond, deux excavations dans le roc. C'est l'emplacement de la léproserie. On monte quelque peu; on passe une porte récemment mise à jour, portant le millésime 1718.
Au delà de cette porte, à gauche, nouvel emplacement, adossé à la léproserie, mesurant environ 8 mètres de long sur 3 à 4 mètres de large. Au fond de cette place, du côté de la brasserie, on rencontre un sentier ou un ancien corridor qui mène à une construction semi-circulaire, adossée aux flancs de Robermont, dont les formes et les dimensions sont semblables à celles de la chapelle Sainte-Madeleine, qui se trouve du côté opposé, à droite de l'escalier.
Ce quartier pourrait avoir été celui de l'ermite.
Du côté droit de l'escalier central, au-dessus de la chapelle Sainte-Madeleine, se trouvent encore les restes d'un autel avec niche, et, tout proche, des traces d'une maçonnerie mesurant environ 4 mètres de long. La chapelle de l'ermite aurait pu se trouver à l'un ou l'autre de ces endroits, si ce n'était plutôt la chapelle Saint-Bernard elle-même. La chapelle des ermitages était d'ordinaire belle et spacieuse, dans le genre de celle de Saint- Bernard.
Malheureusement, malgré toutes nos recherches, nous en sommes réduit aux conjectures. Dieu sait quelles constructions encore le chemin de fer, qui traverse outrageusement les ruines, a fait disparaître en cet endroit!
Cet ensemble de substructions, au delà de la léproserie parait dater de l'abbé Hache, comme l'indique le millésime de la porte qui y donne accès et la nature même de ces constructions. On ne trouve pas, dans d'autres parties de l'enclos, des traces de chapelle ayant pu être l'oratoire de l'ermite. On voit par le règlement de l'abbé Hache que l'ermitage devait se trouver à proximité du monastère et de l'église, comme l'était l'endroit indiqué ici. Il n'est pas impossible non plus que la léproserie, désaffectée peut-être alors, ait servi de demeure à l'ermite <"
(1) H. Ninal. L'Eglise de Villers. Nouvelle étude, p. 49-30. Le seul ermite de Villers extra-muros connu est le frère Théodore, dont voici l'acte de profession :
FIG. 35. - TRANSEPT NORD AVANT SA RESTAURATION PARTIELLE, VU DE LA CROISÉE,
EXPLORATIONS GÉNÉRALES
Redescendons par l'ancien quartier des pestiférés et l 'ermitage intra-muros dont nous remarquons sans peine les vestiges, ainsi que ceux de la chapelle Ste Magdeleine, qu'on y invoquait pour les enfants couverts d'ulcères. Jetons ensuite un regard sur l'aspect extérieur des nefs et du transept septentrional, tels que nous les avons déjà entrevus du chemin de fer (Fig. 1); puis, rentrons dans l'église par la porte de l'ancien cimetière, donnant accès dans l'intérieur du transept nord (Fig. 35). revoûté partiellement depuis peu, ainsi que deux travées de la grande nef, travaux sur lesquels nous nous réservions d'attirer l'attention du visiteur avant de quitter définitivement cet incomparable monument.