X. Sacristie
Y. Petite bibliothèque.
Z. Salle surmontée du dortoir.
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Fig. 4. - PLAN DE L'ABBAYE DE CLAIRVAUX AU XIK SIÈCLE.
dès le xne siècle, comme on peut s'en assurer en consultant la reproduction de l'estampe dont avons parlé ci-dessus. (Fig. 3.) On y voit le côté occidental affecté aux convers, à l'abbé -et aux hôtes (ceux-ci occupant l'angle sud-ouest). Quant aux différences de détail, nous nous réservons de signaler ailleurs celles qui méritent qu'on s'y arrête.
Chez les Cisterciens, surtout ceux de la filiation de Clairvaux, la disposition des diverses parties des lieux réguliers est déterminée par la règle, laquelle, si on en juge par les ruines de Villers, était appliquée très rigoureusement au xme siècle.
Pour s'en convaincre, il suffit de comparer notre plan du monastère brabançon à celui de l'abbaye de Clairvaux, dont Villers était la 46e fille d'après Janausheck (Originam cisterciense). Ce plan, reproduit par Violet-le-Duc dans son Dictionnaire d'architecture, semble en effet, avoir été servilement copié par les architectes de Villers, du moins en ce qui concerne la disposition des lieux réguliers. (Fig. 4.)
Chose remarquable, on retrouve cette tendance à imiter la disposition générale de Cîteaux, même dans les abbayes bâties au xvne siècle et dans le style dit de Renaissance! Ainsi l'abbaye cistercienne des Dunes, située primitivement près de Furnes, détruite de fond en comble, par les Gueux, en 1 577, et reconstruite à Bruges, un demi-siècle plus tard, reproduit exactement les principales dispositions de Cîteaux, Clairvaux et Maredsous, sauf pour ce qui concerne l'église, bâtie trente ans après le monastère proprement dit. Au lieu de la placer le long du flanc septentrional du cloître, on l'a élevée sur le côté de la seconde cour d'entrée formant le prolongement du précédent, afin que le portail fût à •front de rue, pour la commodité des fidèles brugeois, disposés à la fréquenter. De même qu'à Cîteaux, l'ancien chapitre s'avance en saillie vers l'est, et le grand réfectoire, encore orné des portraits de tous les abbés des Dunes, en fait autant vers le sud. L'angle sud-ouest était, comme à Cîteaux et à Maredsous, réservé à l'abbé et aux hôtes.
Les ruines de l'abbaye d'Aulne sont un peu plus difficiles que celles de Villers à analyser, tant à cause du grand nombre de parties disparues, que des différences notables, présentées par ce qui reste, avec les dispositions des abbayes dont on vient de parler. Essayons cependant.
Pour qui connaît les origines d'Aulne laquelle, comme on le sait, était aussi une abbaye cistercienne, les dissemblances qu'on y constate ne peuvent être que l'œuvre des Bénédictins, ses premiers fondateurs, chez lesquels on ne remarque pas autant d'uniformité dans la façon de grouper les bâtiments, sans même excepter ceux dits réguliers.
PRÉLIMINAIRES
On peut s'en assurer en comparant le fameux plan de l'abbaye de Saint-Gali, datant du ixe siècle (c'est-à-dire du temps du monastère bénédictin d'Aulne), et dont M. Albert Lenoir. dans son Architecture monastique, a donné un magnifique fac-similé, avec les plans des abbayes du Mont-Cassin et de Fontenelle à la môme époque, plans habilement et patiemment reconstitués, d'après d'anciennes chroniques du temps, par M Julien Schlosser, et publiés récemment dans un ouvrage peu répandu, ayant pour titre : Die Abendlandische Klostcranlage des frùheren mittelalters (la disposition des monastères en Occident dans la première partie du moyen-âge). Ainsi, par exemple, tandis que sur le plan de l'abbaye du Mont-Cassin, tête de l'ordre bénédictin, l'église occupe le côté nord du cloître, comme dans presque tous les monastères cisterciens, sur celui de Fontenelle elle se trouve du côté opposé.
Or, il en est de môme à l'abbaye d'Aulne, où l'église abbatiale (0 s'étend le long du côté méridional du cloître. On constate des variantes non moins grandes dans les abbayes bénédictines des derniers siècles.
Les autres bâtiments réguliers d'Aulne se distribuaient ainsi : à l'est, partant, du transept nord et supportant le dortoir des moines : les sacristies, le chapitre et la salle des moines, dite Vécole; au nord, le grand réfectoire (surmonté de l'extrémité nord du dortoir), servant de prolongement à l'aile orientale ci-dessus et formant une saillie de vingt mètres à l'extérieur, Je vestibule, les cuisines et enfin le réfectoire du colloque (surmontés de la bibliothèque), longeant la galerie du cloître et entièrement disparus aujourd'hui; à l'ouest, devait se trouver primitivement le logement des convers, démoli plus tard, pour faciliter l'agrandissement du cloître.
Outre les bâtiments claustraux proprements dits, et de même que les grands monastères de Cîteaux, Clairvaux, Villers, etc., l'abbaye d'Aulne paraît avoir eu son petit cloître, dont il ne reste plus malheureusement que les bâtiments septentrionaux, comprenant le réfectoire, dit du Gras, et le quartier des anciens. Ce petit cloître était fermé à l'orient par l'infirmerie (se prolongeant
(i) Consulter pour l'intelligence de ce qui suit notre Plan-Guide des Ruines d'Aulne, en vente chez nos éditeurs à Gand et à Namur.
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