‹ Les ruines de Palmyre, autrement dite Tedmor au désertChapitre 6 sur 38 · L, ÉTAT ANCIEN · texte numérisé non relu

L, ÉTAT ANCIEN

pas des mesures désespérées pour la changer. Les Palmyréniens taillèrent en pièces la garnison romaine. Aurélien apprenant cette nouvelle comme il s'en retournait à Rome, revint promptement sur ses pas, prit et détruisit la ville, et fit main-basse sur prescpie tous les habitants ^ sans exception ni d'âge ni de sexe.

C'est l'empereur lui-même qui nous apprend les particularités de cette cruauté, dans la lettre qu'il écrivit à Bassus (i), pour lui ordonner de faire réparer le temple du soleil, qui avait été beaucoup endommagé par les soldats. Il appropria à cet usage trois cents livres pesant d'or, qu'on trouva dans les coffres deZénobie, avec dix-huit cents livres pesant d'argent , des effets du Zénobie peuple, outre les joyaux de la couronne. aiRome,a Ce qu'on rapporte de plus croyable du reste de la ou die passa v*e je zénobie , c'est cru'Aurélién la mena à Rome,

le reste 1 '

de sa vie.

(i) Vopiscus nous a aussi conservé cette lettre. « Aurelianus « Augustus Ceionio Basso. Non oportet ulterius progredi militum « gladios, jam satis Palmyrenorum ca?sum atque occisum est. Mulie- « ribus non pepereimus, infantes occidimus, senes jugulavimus , « rusticos intercmimus, cui terras, cui urbem deinceps relinquemus? « Parcenduni est iis qui remanserunt. Credimus enim paucos tam « multorum suppliciis esse correctos. Templum sane solis , quod « apud Palmyram aquilifer legionis tertia? cura vexilliferis et draco- « nario cornicibus atque liticinibus diripuerunt, ad eam formant « volo, quœ fuit, rcddi. Habes trecentas auri libras Zenobiae capsulis: « habes argcr.ti mille octingenta pondo de Palmyrenorum bonis : « habes gemmas regias. Ex bis omnibus fac cohonestari templum : « mihi et diis immortalibus gratissimum feceris. Ego ad seuatum « scribam , petens ut mittat poutificem, qui dedicet templum.»

DE PÀLMYRE. 4^

qu'elle y orna son triomphe magnifique, et que cet empereur lui assigna quelques terres à Conche, près du chemin qui va de Rome à Tivoli (i), où l'on montre aujourd'hui aux voyageurs quelques ruines qu'on croit être celles de la maison de campagne de cette reine. On dit qu'elle s'y remaria , et qu'elle eut des enfants.

Sans doute que Palmyre, après avoir perdu sa liberté, eut toujours depuis un gouverneur romain. Il y a apparence que Bassus, à qui Aurélien écrivit la lettre dont nous avons parlé, fut le premier; et l'on trouve Hiérocles remplissant ce poste pour la cinquième fois , sous le titre du président (Prœses) de la province, quand Dioclétien fit bâtir clans cette ville. C'est ce que nous Dioctétien

1 fait bâtir a

apprend l'unique inscription latine que nous avons Palmyre. trouvée à Palmyre. Nous y renvoyons le lecteur (2).

Les restes magnifiques des édifices que Dioclétien fit élever à Rome, à Spalatro, et à Palmyre, prouvent que l'architecture florissait encore sous le règne de cet empereur, contre l'opinion du chevalier Temple (3), qui dit que le pont que Trajan fit faire sur le Danube semble avoir été le dernier essor de l'ancienne architecture.

La première légion illyrienne fut en quartier à Palmyre vers l'an 400 de Jésus - Christ (4) ; mais il

(1) L'ancienne Tibur.

(2) Voyez l'inscription XXVII.

(3) Essay on antient and modem learning.

(4) Notitia imp.

|<> LKTAT ancien

paraît incertain que cette ville ait continué sans interruption d'avoir une garnison romaine ; car Procope justinien la marque que Justinien fit réparer Palmyre , qui avait

fait réparer. , , i i < 1 i

ete presque abandonnée pendant quelque temps , et qu'il fournit d'eau la ville pour l'usage de la garnison qu'il y laissa (i). Il y a lieu de croire que ces réparations-là se firent moins pour orner la ville que pour la fortifier. Cet auteur semble être peu instruit de l'histoire ancienne de cette ville , quand il avance qu elle fut bâtie dans cette situation, pour arrêter les incursions que les Sarrasins faisaient sur les territoires romains. On n'apprend plus rien de Palmyre dans l'histoire romaine.

Les révolutions civiles de ce pays font voir que le christianisme n'a pu y être établi guère de temps; de sorte quil n'est pas surprenant que l'histoire ecclésiastique ne fournisse rien qui vaille la peine d'être rapporté.

on ne sait j[ n'est guère possible de savoir ce qui est arrivé à

guère ce qui O I 1

est arrivé à Palmyre depuis Mahomet. Il paraît par les changedepuis ments faits au temple du soleil qu'elle a servi de place forte : ces changements, de même que le château qui est sur la montagne, ne sauraient avoir plus de cinq . . ou six cents ans d'ancienneté.

Benjamin, , ,

juif espagnol, Benjamin, natif de Tui, en Espagne, juif ignorant

n y lait en et superstitieux , qui passa par Palmyre dans le dou-

(1) Procop. Cacs. de ocdificiis Justin, lib. i, cap. n.

zième siècle, dit qu'il y avait alors dans cette ville deux mille personnes de sa religion.

Des auteurs arabes qui parlent de Palmyre, Abulféda, ^J^ssiTii prince de Hamah, ville qui n'en est pas fort éloignée, vi™uen et qui écrivait vers l'an i3^i , semble être l'unique qui mérite d'être cité. Il fait mention très-succinctement de sa situation, de son terroir, de ses palmiers et de ses figuiers , des colonnes anciennes et en assez grand nombre qu'on y voyait, de son mur et de son château. Il est vraisemblable qu'il ignorait et le nom grec et l'histoire de cette ville: il ne l'appelle que Tedmor.

D'un autre côté, quelques-uns de ceux qui ont le E,'eestPeu

' 1 ± 1 connue des

mieux écrit de la géographie ancienne, et qui savaient géographes, en gros l'histoire de Palmyre, paraissent en avoir entièrement ignoré les ruines. Castaldus , Ortélius , et d'autres ne prennent pas cette ville pour le Tedmor d Abulféda, mais ils lui donnent d autres noms modernes.

Enfin on connaissait si peu ces ruines avant la fin du dernier siècle, que si on en eût employé les matériaux à fortifier la place, ce qui aurait pu naturellement arriver en conséquence d'une guerre entre la Turquie et la Perse, on saurait aujourdhui à peine que Palmyre a existé : exemple frappant du sort précaire où sont sujets les plus grands monuments de l'industrie et de la puissance humaine.

Mais environ ce temps-là des commerçants anglais Desnée°-.

1 o n cianls anglais

qui étaient à Alep eurent la curiosité d'aller voir ces vont voir ces

1 ruines

ruines : comme ils tombèrent dans les mains des Arabes 0,1 l6?8-

4° l'état ancien

qui les volèrent, ils furent obligés de s'en retourner sans satisfaire leur curiosité; mais treize ans après ils firent une seconde tentative, et ils restèrent quatre et «11691. jours à Palmyre.

On a publié dans les Transactions pbilosopliiques la relation qu'ils en ont faite , et qui est la seule que j'aie jamais vue de ce lieu. Elle est écrite avec tant de candeur , et d'égard à la vérité, qu'elle mérite bien qu'on ait de l'indulgence pour quelques petites erreurs qui ne procèdent que de ce qu'ils ont été obligés de la faire à la bâte, et qu'ils ne se connaissaient pas beau- Notre voyage C0Up à l'architecture ni à la sculpture. Il faut espérer

aumemeen- 1 II

droiten i75i. Ju moins que le surcroît de notre témoignage servira à les disculper de ce qu'on leur a imputé injustement, imputation d'autant plus dangereuse qu'elle a été accréditée par des gens de lettres et de sens, à qui il a paru plus aisé de douter de la vérité de leur relation, que de rendre compte de telles ruines dans un endroit si extraordinaire (i).

Si le voyage que nous fîmes à Palmyre dans l'année 1751 a produit quelque chose qui satisfasse davantage les curieux, c'est que nous lavons entrepris avec des avantages que les premiers n'avaient pas; mais quel que soit le mérite auquel nous puissions prétendre d'avoir fait une recherebe plus exacte des ruines de

(1) « Nunc rudera supersunt , magna; olim urbis indicia , ut « referunt ii quorum tamen nolim fidem prœstare. » Père Hardouin , Plin. lib. 5, Hist. Nat.

DE PALMYKE. /j<)

celte ville, c'est entièrement aux facteurs anglais, résidant à Alep, que la découverte en est due.

Sur leur relation le docteur Halley fit une histoire succincte de l'état ancien de Palmyre , et quelques remarques ingénieuses sur les inscriptions qui s'y trouvent. Ab. Seller a fait une autre histoire de Palmyre avec un commentaire sur les inscriptions. La première m'a semblé trop concise, et l'autre trop diffuse (outre qu'elle est peu correcte) pour répondre au but de ces recherches , quoiqu'elles n'aient pas laissé de m ètre utiles toutes deux.

Il paraît par cette petite ébauche de l'histoire de Palmyre, que tout ce que nous avons pu apprendre des auteurs, au sujet des édifices de cette ville, c'est qu'ils ont été réparés par Adrien, par Aurélien, et par Justinien, l'inscription latine ajoute, par Dioctétien. Passons à-présent à ce qui doit faire l'objet de la seconde partie de ces recherches.

Nos gravures mettront chacun en état de juger jus- Sur le goût qu'à quel point le goût et la manière de l'architecture chitecmre. peuvent faire connaître le siècle qui l'a produite; et en formant ce jugement, le lecteur fera l'usage qu'il lui plaira des observations suivantes, où l'on n'a point tenu d'ordre particulier.

Nous avons cru pouvoir aisément distinguer à Pal- Ruines à Pat-

i t o 'or • i myre plus

myre les ruines de deux périodes fort différents de anciennes que l'antiquité : le dépérissement des plus anciennes , qui nous avons sont des décombres tout purs, et qu'il n'est pas possible de mesurer, nous ont paru être 1 ouvrage graduel du

mesurées.

5o l'état ancien

temps; mais il nous a semblé que les ruines moins anciennes portaient des marques de violence, identité de II y a une plus grande identité dans l'architecture

1 architecture. » ± o

de Palmyre que nous n'en avons remarqué à Rome, à Athènes, et dans les autres grandes villes, où les ruines montrent évidemment différents âges , autant par la diversité de leur manière que par leurs différents degrés de dépérissement. C'est à leur simplieité et à leur utilité qu'on reconnaît à Rome les édifices qui ont été faits durant la république , au lieu que ceux qui ont été élevés sous les empereurs sont remarquables par les ornements. Il n'est pas moins aisé de distinguer à Athènes l'ancien ordre dorique simple et uni du licencieux corinthien d'un siècle postérieur ; mais à Palmyre on ne saurait tracer un progrès aussi visible de l'art et des manières de l'architecture ; et les édifices qui sont le plus en ruines semblent devoir leur dépérissement plutôt à des matériaux moins bons, ou à une violence accidentelle qu'à une plus grande antiquité. 11 est vrai que les monuments funèbres , qui sont hors de la ville, ont en dehors un air de simplicité bien différent du goût général de tous les autres édifices ; ce qui , joint à leur forme singulière (i), nous fit croire d'abord que c'étaient des ouvrages du pays, antérieurs à

(i) Quand je dis singulière , j'entends par rapport aux anciens édifices de la Grèce et de l'Italie; car la figure de ces monuments ne paraîtrait pas singulière dans les pays où les cloches ont rendu les clochers communs: ils leur ressemblent tout-à-fait.

DE PALMYRE. 5l

Fïntroduction des arts grecs; mais ils ont en dedans les mêmes ornements que les autres édifices.

Il est remarquable qu'à l'exception de quatre demi- Presque tout

1 1 i i «i i de l'ordre

colonnes ioniques, dans le temple du soleil, et deux corinthien, dans un des mausolées, tout le reste est de l'ordre corinthien, superbement orné de beautés frappantes; mais qui ne sont pas sans défauts visibles.

Dans la diversité des ruines que nous avons vues en parcourant l Orient, nous n'avons pu nous empêcher de remarquer que chacun des trois ordres grecs a eu son période à la mode. Les plus anciens édifices ont été doriques; à cet ordre a succédé l'ionique (i), qui semble avoir été l'ordre favori , non - seulement en

(i) Il est étranger à notre sujet d'examiner lequel de ces ordres fait le plus bel effet; mais de peur qu'on ne soit trop porté en faveur de l'ionique, à cause de la préférence qu'il a eue dans un siècle où l'architecture florissait le plus, et chez une nation dont les productions ont été si long-temps la règle du bon goût, qu'elles ont en quelque sorte acquis le droit d'influer sur le jugement qu'on peut porter en cette matière, on peut observer d'abord qu'il n'y a point de doute que les Ioniens n'eussent de la partialité pour l'ordre qu'ils prétendaient avoir l'honneur d'avoir inventé; et, en second lieu, qu'ils auraient préféré le dorique en plusieurs occasions, si leur ordre propre n'eût été plus aisé à exécuter, et si l'architecte ne s'en fût pas mieux accommodé pour donner carrière davantage à son imagination , que du dorique, où elle est retenue par une attention continuelle à la distribution convenable des métopes et des triglyphes. Hermogènes avait dessein de faire dorique le fameux temple de Bacchus à Téos; mais, pour cette dernière raison, il changea son plan, et le fit ionique, quoiqu'il eût déjà préparé ses matériaux. Fitruv.

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Ionie, mais par toute l' Asie-mineure, le pays de la bonne architecture dans le temps de la plus grande perfection de cet art. Ensuite le corinthien est venu en vogue, et la plupart des édifices de cet ordre qu'il y a en Grèce

Le dernier ,, ,. v t r i i • it»

ordre grec en semblent postérieurs a 1 établissement des Romains dans ce pays-là. Après cela a paru le composé accompagné de toutes ses bizarreries, et alors on sacrifia entièrement les proportions à la parure et à la multiplicité mal entendue des ornements.

La sculpture Une autre observation que nous avons faite dans

est arrivée . ni > , . . -i

plutôt à la ce voyage, et qui semble netre pas ici un nors-d œuvre,

c'est que dans le progrès de l'architecture et de la sculp-

perfection que l'archi-

Isfauss^piu" tnre vers la perfection , la sculpture y est arrivée

tôtdechue. plutôt, et en est aussi plutôt déchue.

Preuves de On en voit la preuve dans l'ancien dorique d'Athènes.

Les métopes des temples de Thésée et de Minerve , dont l'un fut bâti après la bataille de Marathon et l'autre du temps de Périclès, font voir la plus grande perfection qu'ait jamais acquise la sculpture , quoique l'architecture de ces temples en soit très-éloignée, et même qu'en plusieurs endroits elle soit contraire aux règles de Vitruve, qui parait avoir fondé ses principes sur les ouvrages d'un siècle postérieur.

Que l'architecture a duré plus long - temps que la sculpture , c'est ce dont nous avons vu beaucoup d'exemples dans l'Asie-mineure ; mais nous n'en avons trouvé nulle part des preuves plus évidentes qu'à Palmyre.

Cette observation sur le sort différent de ces deux

arts, que j'ai tâché d'appuyer de faits, a paru un peu extraordinaire à quelques personnes qui regardent avec raison l'architecture comme l'enfant de la nécessité , comme l'effet des premiers besoins des hommes, qu'ils ont été obligés d'inventer, et dont ils ont fait leurs occupations, long-temps avant d'imaginer la sculpture, qui n'est que l'effet du loisir et du luxe. Comment donc se peut-il faire que l'architecture ait été devancée par un art qu'on n'a imaginé que bien du temps après? Peut-être est-ce la démonstration oculaire que j'ai eue du fait, qui me porte à penser trop favorablement de la raison que je vas en rendre.

Le sculpteur ayant pour objet, par exemj)le, une figure humaine, a dans ses premières et ses plus grossières ébauches l'avantage de trouver un modèle dans la nature ; car c'est dans l'imitation parfaite de la nature que consiste la perfection de son art; mais pour l'architecte , il fout que son imagination travaille à chercher des proportions qui ne tombent pas absolument de la même manière sous les sens, quoique, quand elles sont une fois établies, elles se conservent et se copient plus aisément. Il me semble que la première partie de cette réflexion fait voir pourquoi, en considérant ces arts depuis leur enfance jusqu'à leur état de perfection, les progrès de la sculpture sont plus rapides; et que l'autre partie rend raison pourquoi, quand le bon goût décline, l'architecture ne doit pas s'en ressentir si promptement.

Si l'on me permet de faire fond sur ces observations ,

Raison de cela.

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en les appliquant aux édifices de Palmyre, je serais porté à en fixer la date après l'âge le plus heureux des beaux-arts. Mais les inscriptions nous en apprendront davantage à ce sujet.

Desinscrip- On voit par la date de ces inscriptions (où l'on remarque 1ère de Séleucus, avec les noms macédoniens des mois) quil n'y en a point de plus ancienne que la naissance de Jésus-Christ, et qu'il ne s'en trouve aucune si tard que la destruction de la ville par Aurélien, à l'exception d une inscription latine qui fait mention de Dioclétien. Elles sont toutes en mauvais caractères; il y en a quelques-unes de sépulcrales , mais la plupart sont honoraires : dans les inscriptions les plus anciennes tous les noms sont palmyréniens ; celles qui le sont moins ont des prénoms romains nies mar- Deux des mausolées, qui sont encore presque en-

quent le siècle 1 f- *■

de deux tiers, préservent sur leur façade des inscriptions trèslisibles, dont l'une nous informe que Jamblichus, fds de Mocimus, fit bâtir ce monument pour servir de sépulture à lui et à sa famille l'an 3 1 4 (qui répond à la troisième année de Jésus-Christ), et l'autre qu'Elabélus Manaius le fit bâtir fan 4!4 (la IQ3e année de J.-C). par ce moyen Les ornements de ces deux mausolées sont beau-

on peut de- ni* * î î i 1

viner le siècle coup dans le même gout; mais le dernier est le plus des autres. ^ ^ et avec pius je soîn. Quoi qu'il en soit,

ils sont tous deux tellement dans le goût et la manière des autres édifices publics en général, qu'on peut bien supposer que ce ne sont pas des ouvrages de siècles fort différents.

Quant aux inscriptions honoraires, elles sont presque toutes sur les colonnes du grand portique. On verra qu'il y avait les statues des personnes qui y sont nommées, et que les différentes dates marquent le temps auquel elles reçurent cet honneur. Tout ce qu'on en peut conclure par rapport aux édifices , c'est que le portique est plus ancien que la plus ancienne de ces dates.

Nous espérions trouver des inscriptions qui nous apprissent quelque chose d'important d'une ville dont l'histoire a si peu parlé ; mais nous en avons cherché en vain. Nous n'avons pas mieux réussi dans la recherche exacte que nous avons eu soin de faire à ce sujet des médailles, des camaïeux et des pierres gravées : nous n'avons pu trouver que de petites médailles romaines de cuivre du Bas-Empire , outre quelques camaïeux et quelques gravures qui ne valent pas la peine qu'on en prenne connaissance.

Nous ne nous sommes pas fort étonnés de ne trouver dans aucune inscription le nom de Zénobie, son régne ayant été si court, et ayant été employé presque tout entier dans une guerre dont la fin malheureuse n'a pas permis qu'on la félicitât ni qu'on la flattât. Ce que remarque le docteur Halley n'est pas non plus improbable , qu'il se pourrait fort bien que les Romains , si irrités contre elle, eussent détruit ou effacé tout ce qui faisait honneur à cette reine.

Il me semble qu'on peut conclure après tout qu'on a dû connaître les sources abondantes et continuelles

Il n'y est pas fait mention de Zénobie.

Conclusion.

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de Palmyre, tout aussitôt qu'on a eu trouvé le passage du désert et qu'on l'a pratiqué; et que, dès le temps auquel le commerce a commencé à attirer l'attention, on a dû faire grand cas de la situation d'une telle ville, qui était nécessaire pour entretenir la communication entre FEuphrate et la Méditerranée, Palmyre n'étant qu'à environ vingt lieues de cette rivière, et à environ cinquante de Tyr et de Sidon sur la côte. Comme ce désert se trouve dans le voisinage des premières so- Pahmre ciétés civiles dont nous savons quelque chose, il n'y a

habitée de ' T- J

bonne heure , pGint de doute que cela ne soit arrivé de bonne heure :

et pourquoi. 1 1

les écrits de Moïse attestent positivement quil y a eu une communication très-ancienne entre Padan-Aran , qui a été ensuite la Mésopotamie , et la terre de Canaan.

Si l'on allègue que ce n'était pas au travers du désert qu'on entretenait cette communication -là , mais qu on prenait un chemin plus long en passant par le pays habité, comme l'on fait généralement aujourd'hui, et que les patriarches, quand ils voyageaient dans ces pays, tenaient à-peu-près la même route que les caravanes ont coutume de tenir à - présent pour leur sûreté depuis Damas, par Hamah, Alep, Bir, etc., on peut répondre, suivant une réflexion qui se présenta à mon esprit, quand je me trouvai sur cette route en allant en Mésopotamie (aujourd'hui Diarbec), dans le premier voyage que je fis en Orient dans l'année 174^, que les prompts voyages de Laban et de Jacob, de Haran à la montagne de Galaad, n'ont pu se faire par

un au Ire chemin qu'à travers le désert, et qu'il n'est pas possible de rendre autrement raison du peu de temps qu'ils y mirent. Comme l'objet du voyage de Laban semblait exiger de lui des efforts de diligence extraordinaires , il y aurait de la témérité à prétendre décider du chemin qu'il a pu faire en sept jours (i); mais on peut calculer assez exactement le temps que Jacob. mit à ce voyage, et il n'a pas pu arriver à la montagne de Galaad, même en traversant le désert, en moins de dix jours, comme il a fallu qu'il tint la route des caravanes que les habitants d'aujourd'hui ont coutume de tenir; car il voyageait avec le même embarras de famille, de troupeaux, en un mot de tout ce qu'il possédait , menant ses femmes et ses enfants sur des chameaux (2), comme font à -présent les Arabes, qui conservent dans leurs mœurs et dans leurs coutumes une ressemblance surprenante à celles des patriarches, et beaucoup plus grande quon ne la remarque nulle part entre le même peuple ancien et moderne. Ledésertn". Ce raisonnement suppose que le pays n'a point SïnSer

(1) Gènes, chap. xxxi, v. 22 et 23. Et au troisième jour on rapporta à Laban que Jacob s'en était fui. Alors il prit ses frères avec soi, et le poursuivit le chemin de sept journées, et l'atteignit en la montagne de Galaad.

(2) Gènes, chap. xxxi, v. 17 et 18. Ainsi Jacob se leva, et mit ses enfants et ses femmes sur des chameaux, et mena devant soi tout

son bétail , et tout ce qu'il possédait et avait acquis en Paddan-

Aram , etc.

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