‹ Les ruines de Pompéi (volume 2)Chapitre 25 sur 36 · PORTIQUE - POECILE · texte numérisé non relu

PORTIQUE - POECILE

A côté des chambres voûtées dont nous venons de parler, se trouve un long espace renfermé sur trois faces par un mur; et sur la quatrième, par une suite de piliers faisant face au portique du forum: c’est l’édifice désigné par la lettre I, et généralement connu sous le nom de grenier public. Le voisinage des mesures publiques a pu seul motiver une dénomination aussi invraisemblable. Cette partie du forum n’était pas encore découverte lors de notre séjour à Pompéi, nous ne pouvons donc que nous en rapporter à ce qu’en disent ceux qui en ont parlé.

M. Bonnucci est d’avis que dans cette enceinte on vendait de la toile et du drap; il fonde cette opinion sur le nombre infini de trous pratiqués dans les murs, destinés, selon ce savant, à sus*pendre ces marchandises. Nous avouons que nous préférons de tous points l’idée d’un autre architecte, M. Callet, qui croit voir dans ces ruines, le portique, le pœcile de Pompéi. Les longs murs lisses étaient effectivement propres à recevoir les peintures dont on avait coutume d’orner

(i) Voici ce que disent, sur I invraisemblance de cette alluvion, les auteurs du texte du Musée Borbonico, page 10, 4' livraison :

« La ville fut couverte, par 1 éruption, de cendres volcaniques et de lapilli ou petites pierres ponces. I.à où des cendres se trouvent in- « tactes , elles sont rangées de la manière suivante : la première couche, sur le sol antique, se compose d’un pied environ de cendre très- " noire et line; une deuxième couche de 9 à 10 pouces de lapilli; une troisième couche de 3 à 4 pouces de cendres; une quatrième couche « de 3 à 4 pouces de lapilli; une cinquième couche de 18 pouces à 2 pieds de cendres; une sixième couche de 6 pouces environ de lapilli;

« une septième et dernière couche de 4 à 5 pieds de cendres, et enfin 5 à 6 pieds de terre végétale qui couvre le sol. Le tout forme une « masse de 20 à 22 pieds sans trace de végétation entre l’une et l’autre couche. » De là, on induit que cette masse n’a pu être amenée par des torrents impétueux, mais qu’elle est le résultat de la pluie volcanique qui, dans les irruptions , précède le débordement de la lave. Ces différentes couches sont en partie bouleversées et mélangées là où, après la catastrophe, les malheureux habitants entreprirent eux-mêmes des fouilles.

58 explication des planches.

ces lieux, etPompéi, cette ville si riche, si brillante, ne pouvait certainement pas se passer d’un édifice alors à la mode, et dont presque toutes les villes grecques se glorifiaient.

Pour se préserver des ardeurs du soleil, les anciens avaient l’habitude, comme nous le voyons dans beaucoup de tableaux antiques, de fermer, à une certaine hauteur, l’entre-colonnement de ces portiques par des draperies ou rideaux mobiles. Cet usage a été nouvellement attesté par les fouilles faites à Herculanum, en i8t>8. On y a découvert les anneaux et les tringles en fer attachées aux colonnes, et M. de Jorio, dans son intéressant ouvrage déjà cité, dit avoir distingué, dans un portique d’une maison particulière de Pompéi, les trous carrés ménagés dans les tablettes de marbre d’un mur d’appui, et destinés à recevoir le montant des châssis vitrés qui ont dû fermer les arcades de ce portique.

Nous connaissons aussi l’usage de tendre une espèce de voile dans les portiques du forum où se tenaient les juges, afin de faciliter la propagation de la voix. C’est ainsi que nous voyons encore actuellement en Italie une grande toile tendue au-dessus des prédicateurs qui , pendant le carême, y prêchent en plein air dans la campagne et sur les places publiques.

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