‹ Les ruines de Pompéi (volume 2)Chapitre 4 sur 36 · T1II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

T1II INTRODUCTION

toire de l’antiquité. Pour arriver à ce résultat, il a iallu nécessairement grouper ensemble les monuments d’un même genre, afin de réunir toutes les recherches, de faire ressortir tous les faits qui leur étaient relatifs. C’est ainsi que dans le premier volume on a obtenu quelques notions de plus sur les cérémonies funèbres ; sur la fixation bien précieuse et bien irrécusable du pied romain, qui peut servir de base à la connaissance de toutes les mesures linéaires et agraires des anciens; des renseignements curieux sur la construction des voies antiques , et enfin des éclaircissements très-positifs sur le système de fortifications des Romains de cette époque, qui peuvent servir de commentaire àVitruve, à Yégècé, et à toutes les descriptions de sièges dont les historiens abondent. Le second volume , où sont rassemblées toutes les habitations de Pompéi, a offert un résultat d’un intérêt plus vif encore , puisqu’il a définitivement résolu une question dont tous les antiquaires n’avaient pu dissiper l’obscurité : en montrant ainsi sur une ligne progressive tous les édifices privés de Pompéi, et même quelques uns qui lui sont étrangers, en leur rattachant des recherches considérables et faites de bonne foi, je suis parvenu à offrir l’explication et l’exemple des habitations des Romains , pour toutes les classes de la société, et j'ai eu le plaisir de voir les antiquaires de tous les pays accueillir ce travail comme on reçoit la révélation d’un fait désormais incontestable (i).

Je suivrai donc, pour le troisième volume, la même marche que pour les autres. Il renferme, comme je l’ai dit plus haut, les Monuments de Pompéi, que l’on pourrait appeler municipaux, parce qu’ils se rattachaient à l’exercice des droits politiques; le forum, la basilique, les curies, les portiques, servaient aux assemblées des magistrats et du peuple , pour lesquels on les avait créés.

Ces monuments furent élevés par les magistrats locaux, par les corporations de la ville , ou par la munificence de quelques particuliers , comme l’indiquent les inscriptions qui les accompagnent souvent.

Lorsque la commune en faisait les frais, c’étaient les décurions, les édiles ou les duumvirs spéciaux (2) qui dirigeaient la surveillance des travaux exécutés par des adjudicataires. Les adjudications devaient être précédées d’une annonce publique (3). Pour avoir une idée de cette espèce d’affiches, on peut voir les inscriptions de l’Album au commencement de ce volume. Lorsque la nature des travaux était bien connue du public et le jour de l’adjudication fixé, alors les magistrats, assemblés dans le forum ou dans un édifice capable de recevoir la foule des enchérisseurs et des curieux, faisaient commencer la criée. Ceux

(1) Un fragment d’enduit, qui avait jusqu’alors échappé à l’attention des antiquaires , a fourni dans cette seconde partie un monument très-curieux pour la paléographie; ce sont plusieurs exemples de l’écriture cursive des anciens antérieurement à l’ère chrétienne. Voyez tome II , page i .

(2) Il y en avait de municipaux pour la police de la ville ; d’autres pour les jeux, pour la justice, etc.; chacun d’eux avait la surveillance des monuments dépendant des attributions qui leur étaient confiées.

(3) Cicer., in Verrem, act. II, lib. I, 54.

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