PLANCHE II, III, IV, V
L’édifice dont la planche IIP offre le plan était incontestablement destiné à recevoir une population divisée en fractions égales, puisqu’il est divisé lui-même en cellules semblables; de plus, toutes les issues, qui étaient fermées avec des portes, annoncent que ce lieu n’était pas public ; enfin la ressemblance des distributions avec celles des camps prétoriens dont on a retrouvé les restes à Rome et à la villa Adrienne ne permet pas de douter que l’édifice qui nous occupe ne fût une caserne. On sait que les Romains entretenaient de petites garnisons dans les colonies , pour les maintenir sous leur obéissance ou y faire la police. Quel que fût le petit nombre de soldats qui composaient ces détachements , il était toujours plus que suffisant contre des citoyens désarmés; car les légionaires avaient seuls le droit de porter des armes, comme on le voit par le passage suivant de Pétrone : « Apres avoir ainsi parlé, je ceignis mon épée . ... et je me mis à errer comme un furieux sous les portiques .... Un soldat qui me suivait
(1) Il paraît, d’après deux inscriptions trouvées dans le monument contre lequel cet album se trouve appliqué , que c’était le collège des foulons ou ouvriers en laine. Il est presque probable que ce sont eux qui ont ainsi décoré leur mur extérieur, ou du moins Eumacbia bienfaitrice du collège, dont elle avait restauré à ses frais tous les bâtiments. On ne peut douter que, dans un pays où tout le monde était vêtu d’amples habillements de laine, les ouvriers qui s’occupaient à tisser , à teindre ou à nettoyer ces vêtements , n’exerçassent une profession très-lucrative.
(a) M. Letronne,à qui j’ai communiqué cette inscription, lui a donné place parmi plusieurs autres inscriptions monumentales dans ses Recherches pour servir à l’histoire de V Égypte , pendant la domination des Grecs et des Romains. Comme elle n’est pas correctement écrite dans la gravure que je donne, je crois devoir la répéter ici.