LES HU4.\SS HANTKES
fussent placés sous la roche à demi détachée, pour mellrc le feu à la traînée de poudre.
Mulhar tenait de la main droite une mèche allumée qui fumait lentement et dont l'odeur était déjà parvenue aux narines d*En-dus qui, lui aussi, était un des spectateurs invisibles de ce drame terrible.
— Monsieur de Samazan, s'écria tout à coup David, ne vous tournez pas ainsi, vous allez me perdre et par conséquent vous attirer, moi vaincu, deux ennemis sur les bras.
— Où êtes-vous donc ? demanda Sémillant qui semblait faire des efforts pour retrouver son ami.
— Ici, monsieur, ici.
Et sans hésiter, David rompit avec une très grande rapidité et vint se placer de nouveau à côté de Sémillant.
— Sacrebleu ! murmura c« dernier, mais c'est une sangsue que ce petit. On ne peut pas s'en débarrasser.
— Ah bien ! si ça continue, dit alors Saturnin de sa voix avinée, j'y mettrai le temps à finir cette besogne.
— Tenez, tenez, reprit David, reculons un peu encore, la galerie se rétrécît, et nous ne risquerons pas d'cLre tournés.
Sémillant, à moins de se démasquer tout à fait, ne pouvait pas se refuser h accomplir la petite manœuvre que réclamait de lui son jeune compagnon, et en cédant à sa recommandation, il ne se doutait guère qu'il se mettait à l'abri d'une mort certaine, car il s'éloignait ainsi, de plus en plus, de la roche sous laquelle Saintac et Mulhar voulaient les ensevelir.
Dans cette position, le combat recommença plus acharné.
Cependant Main-Hardye, Budos, Malbessan et Casterac continuaient à faire mille suppositions sur les événements qu'En-dus leur avait annoncés.
Gontran appuyait de temps en temps son oreille sur le sol et disait ce qu'il entendait.
Lorsque Sémillant et David entrèrent dans le champ d'action où allait se développer ce que Saintac espérait bien être un dénouement, Casterac distingua leurs démarches spéciales.
— Cette fois encore, voici quelqu'un.
— Mais c'est wn rendez-vous de conspirateurs, peul-
— C'est bien possible.
— Les nouveaux venus sont encore au nombre de deux.
— Ce sont peut-être les premiers que vous avez entendus, Contran ?
— Oh l que non.
— Et pourquoi ?
— Parce qu'il y a ici une femme ou un enfant, mais je pencherai volontiers pour un enfant.
— Oh I oh I reprit-il, je gagerais qu'un combat vient de s'engager. J'entends des piétinements, des appels ; ils sont au moins quatre ou cinq qui prennent part à la lutte.
— C'est peut-être un duel ?
— En tout cas, ce serait une bien drôle d'Idée de venir {.e battre en duel dans une pareille cave.
• — N'est-ce pas plutôt un guet-apens ? demanda Budos.
— Pour moi, dit Casterac, je pencherais pour cette derrière hypothèse.
— Alors, reprit Main-Hardye, il faut savoir ce qui se passe ià-bas.
— Mais, messieurs, s'écria Cadichonue, n'oubliez pas que le souterrain va sauter et que, pour porter secours, qui sait ? peut-être à des bandits qui se tuent entre eux, vous allez vous exposer à une mort certaine.
— J'ai remarqué, madame, dit Tancrède, que la mort n'atteint, ordinairement, pas ceux qui n'ont pas peur cVeile. On intimide la mort par son courage comme on intimide le*? hommes. Je suis convaincu que nous ne mourrons p:is aujourd'hui. Venez-vous, mes amis ?
— Parbleu | fit Casterac.
— Moi aussi, je dis parbleu I fit Malbessan, mais permettez-moi de vous demander comment vous vous y prendrez, pour nous rendre sur le lieu présumé du guetapens.
— Nous marcherons au bruit.
— Soit, allons, et fasse Dieu que nous ne nous égarions pas encore une fois.
— Est-ce qu'En-dus n'est pas là, en tout cas, fit Casterac.
— Messieurs, je vous accompagne, dit Jean-Marie.
— Oh ! non, fit Tancrède.
— Et pourquoi donc ?