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Plus tard, autorisation générale demandée et obtenue

30. Conversation sur le bill des chemins de fer avec le Lt. Gouverneur qui n’a pas signifié son déplaisir à ce sujet.

Et maintenant le Lt.-Gouverneur accuse ses ministres d’avoir agi sans son autorisation :

Quand au blanc que le lieutenant-gouverneur Jui a adressé de Ia Rivière-Ouelle, le lieutenant-youverneur savail que ce blanc devait servir à mettre les estimés devant la Chambre.

Cet acte était une marque de confiance de sa part, ainsi que le qualifie monsieur le Premier, dans sa lettre du 27; mais cet acte était sonfidentiel.

En 2e qui concerne le bill intitulé : ‘“ Acte concernant le chemin de f-r de Québec Montréal, Ottawa et Uccidenntal,” M. le Piemier ne peut appliquer à cette mesure la PRÉTENDUE AUTORISATION GÉNÉRALE dont il fait mention dans sa lettre; car l’entrevue était à la date du 19 février, et ce bill était devant les Chambres déjà depuis plu-isurs jours, sans que le lieutenant.gouverneur en eût été informé en aucune façon par ses aviseurs (Mémoire du lieut -gouverneur.)

Comment l’'Hon. M. Letellier sAVaIT4L1 que le blanc devait servir aux estimés ? Qui le lui avait dit? Où avait-il pris cela ? Devait-il officiellement le savoir, s’il n’en avait pas été averti officiellement ? Nous avons le droit de dire que l'Hon. M. Letellier de St Just ne savait rien officiellement de ce dont il s'agissait. Et, qu’on le remarque, il ne s’agit ici que de choses officielles.

Voilà donc une première fausseté, inexcusable dans la bouche d’un représentant de la couronne.

Mais l’Hon. M. Letellier savait : c’est lui qui le dit et nous prenons sa parole. Seulement, il savai! comme tout homme dans la province de Québec : par la voie de la presse et la runeur publique ; car il était à la Rivière-Ouelle depuis dix jours. Des lors, il devait savoir tout simplement à la façon du public. Or, le public savait, lui, que le gouvernement voulait annoncer immédiatement sa politique financière sur les chemins de fer. Cela avait été publié dans tous les journaux. La Minerve, par exemple, avait annoncé ce qut suit:

Quesec, 23 Février,

Les difficultés qui avaient amené de grands emharras à propos du tracé de Terrebonne ont été heureusement réglées. Le gouvernement va immédialement soumettre des résolutions déclarant que le chemin du Noril viendra directement de Terrebonne à Montréal, avec jonction dans les limites de la ville. Ledépôt va être fixé au coin du chemin Papineau et de la rue Ste. Catherine et les ateliers seront dans les limites de lu ville.

Cette information a fait le tour de la presse. D'autres journaux avaient annoncé à l'avance la nature rigide de ces résolutions.

Si l’'Hon. M. Letellier savait de quoi il s'agissait, il était obligé de bien savoir ; l'ex-gouvernement ne peul-êtr: responsable de ses distractions, de ses absences d’esprit:, de ses

‘fausses impressions ou de sa négligence à s'informer. L'Hon, M. DeBoucherville avait clairement formulé sa demande, Il voulait “ autorisation concernant finances.” Autre chose est finances, autre chose est estimés. Le terme finances couvre toutes questions d'argent, recettes et dépenses ; le terme estimés ne couvre que les dépenses. Si l’Hon. M. Letellier ne connait pas ou n'a pas remarqué la différence entre les deux termes, C'est sa faute, à lui tout seul. Si nous demandions à un financier son chèque en blanc pour faire des affaires, nous ‘pourrions remplir le blanc pour n'importe quel montant et n'importe quel affaire. Si nous le demandions pour un genre d’affaires defini, te] que lpour payer certaines dettes établies, nous ne serions pas justifiable de payer autre chose avec le chèque. Or, l'Hon. M. DeBoucherville a demandé clairement ‘une autorisatipn générale plusieurs jours après que le public eut été mis en possession de l'information que le gouvernement introduisait une mesure sur les chemins de fer entrainant des dispositions financières.

Et quelle affaire pressante amenait le Lt.-Gouverneur à la Rivière Ou:lle, pendant cette importante époque de l’année ? Nous vous le donnons en cent. Il s’en allait à la pêche, ni ‘plus ni moins qu'un bon bourgeois dont la journée est faite et qui n’a d'obligations à personne. La Puissance lui donne $10,006, c’est-à-dire 830 par jour, dimanches compris, plus le logement chauffé et éclairé pour qu’il remplisse le rôle de Lt.-Gouverneur. Le moins que le pays puisse exiger de lui, c'es: qu'il reste à son poste. Quand on ne peut servir deux maîtres à la fois, le plaisir et le devoir, on choisit l’un ou Jautre, mais on le dit.

Si le Lt..-Gouverneur a voulu s’am'ser, qu’il ne punisse pas maintenant les autres &e ce qu'il n’a pas fait son devoir. Qu'il ne donne pas surtout l'odieux spectacle d’un homme haut

lacé qui renie plus que sa parole : sa signature. L'honneur de l'autorité la plus fière, la plus droite, la plus rigide, c'est- -à-direde la royauté britannique, aura été terni par un notaire audacieux, et grâce à la confusion d'idées sur le juste et injuste, le notaire échappera aux cachots et l’innocente province de Quebec paiera d’un profond bouleversement politique cette royale partie de plaisir.

Mais voyons jusqu'où descend la petitesse d’un homme enclin à descendre.

Je ne signalérai, Milord, qu'an seul fait pour prouver celte inexactiæude et cette inconvenance. Les honorables messieurs DeBoucherviile

et Angers, dans leurs explications aux chambres, insistent beaucoup sur le télégramme que M. DeBouch:rville m'a envoyé à la Rivière- Ouelle pour me demander la permission d'introduire des résolutions concernant les finances, et sur le blanc-seing que je lui ai transmis en réponse.

Mais eux-mêmes ont fait rempiir le blanc-seing par mon secrétaire particulier, de manière à donner au télégramme le sens que ie lui avais ettribué, savoir, d’une demande de la permission d’introduire ,es subsides. Voici la copie du message fait avec ce blanc-seing,

‘ M. le trésorier Church yrrésente un message de Son Excellence le Lieut, Gouverneur, lequel est comme suit:

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